Comme l’université, Liens Socio s’arrête…

Cher-e-s abonné-e-s de la lettre mensuelle de Liens Socio,
Comme l’université, Liens Socio s’arrête…

Depuis 7 ans, Liens Socio est à votre service, en diffusant à l’ensemble de la communauté des sciences sociales l’information sur les manifestations scientifiques, les appels à contributions, les publications, et en proposant un répertoire de ressources électroniques utiles pour les enseignants, les chercheurs, les étudiants, les élèves et tous les citoyen-ne-s que les sciences sociales intéressent.

Le 2 février, la plupart des établissements d’enseignement supérieur et de recherche français ont entamé une grève illimitée, qui poursuit et élargit de ce fait un mouvement entamé depuis plusieurs mois pour refuser la politique actuelle d’affaiblissement structurel de l’enseignement et de la recherche, et exiger en particulier le retrait du projet de décret sur le statut des enseignants-chercheurs et du projet de réforme des concours de recrutement des enseignants du premier et du second degré.

Après une semaine de réflexion, et quoi que nous coûte cette démarche inédite, il nous a semblé que Liens Socio ne pouvait se tenir à l’écart de ce mouvement. C’est la raison pour laquelle, pour la première fois, vous ne recevez pas l’habituelle lettre mensuelle : Liens Socio marque ainsi sa solidarité avec la lutte des enseignants-chercheurs, en suspendant la publication et la diffusion de sa lettre mensuelle, ainsi que la validation et la mise en ligne des annonces concernant les manifestations scientifiques (colloques, rencontres, journées d’études).

Nous sommes pleinement conscients de la gêne occasionnée pour toutes celles et tous ceux qui nous ont confié et continuent de nous confier la valorisation de leur travail.

Mais – et c’est fondamental – toutes et tous doivent être conscients aussi que Liens Socio ne manquerait pas d’être mécaniquement une des premières victimes des réformes en cours, et en particulier de la réforme du statut des enseignants-chercheurs : Liens Socio est réalisé actuellement de façon entièrement et strictement bénévole par ses rédacteurs et ses contributeurs. Cela n’a, en soi, rien de choquant, si l’on considère, comme le stipule d’ailleurs le statut des enseignants-chercheurs, que cette activité s’inscrit pleinement dans les missions des enseignants-chercheurs, puisqu’ils ont « également pour mission (…) la valorisation » des résultats de la recherche. Mais quand le projet en vient à définir le service des enseignants-chercheurs, il le partage également entre enseignement et recherche. Point. Oubliées, non comptées, les heures consacrées à ces activités de valorisation, les innombrables heures consacrées, depuis 7 ans, à fabriquer Liens Socio, à valider et publier les nouvelles, à répondre aux nombreux courriers, à solliciter les auteurs, à envoyer les ouvrages, à publier les comptes-rendus.

Oubliées, non comptées, et fatalement, non évaluées… La conséquence est immédiate : nous est signifié ainsi que le temps et les compétences investies dans Liens Socio ne font pas partie intégrante de notre métier. Dès lors, au moment de fixer le volume de nos charges d’enseignement, il ne sera pas tenu compte dans l’évaluation de notre activité par nos établissements, du temps passé à « faire » Liens Socio. Si comme on peut le craindre, il en résultait une augmentation de nos charges d’enseignement, Liens Socio disparaîtra…

Il est grandement temps de prendre conscience des dégâts importants que peuvent faire, qu’ont déjà commencé de faire, les réformes de l’enseignement et de la recherche envisagée ou déjà mise en œuvre par le gouvernement actuel. Nous n’avons jamais demandé de rétribution pour notre engagement dans Liens Socio, ni de contrepartie, mais nous n’avions jamais pensé courir un jour le risque d’être punis pour cela.

Nous sommes réellement embarassés à l’idée d’interrompre pour la première fois, même très temporairement, la mission de « service public » que nous nous étions assignée depuis plus de 7 ans, mais Liens Socio s’arrête aujourd’hui pour ne pas disparaître demain.

Nous espérons qu’aucun-e d’entre vous n’aura le sentiment que nous trahissons ainsi la confiance que vous nous avez toujours témoignée. Et pour ne pas cesser de remplir notre mission, nous vous invitons à continuer de nous communiquer vos annonces, vos publications, vos contributions. Nous continuerons ainsi à diffuser dans les jours à venir et tant que durera le mouvement, celles qui permettent d’alimenter les réflexions sur l’avenir des sciences sociales dans le contexte actuel, celles qui peuvent contribuer à comprendre le sens des réformes en cours et leurs enjeux, celles qui peuvent aider à les combattre efficacement.

Dans cette perspective, en complément de ces annonces que nous continuerons de diffuser dans Liens Socio, nous vous invitons aussi à explorer AGORA, le site que nous venons de créer pour favoriser la diffusion la plus large possible de tout ce qui peut être utile à la compréhension des transformations en cours dans l’enseignement et la recherche en général, et dans les sciences sociales en particulier. Pour patienter, en attendant le retour de Liens Socio à un régime normal, aidez-nous à faire d’AGORA un espace de débats et de démocratie pour les sciences sociales !

C’est ici…

http://agora.hypotheses.org

Plus que jamais, bonne lecture !

Igor Martinache & Pierre Mercklé

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Actu Reims (5 février)

Université de Reims-champagne-Ardenne (URCA)

UFR LSH

  • Allemand : 2/3 ou 3/4 de grévistes ; rétention des notes
  • Anglais : 60% ; le département a voté la rétention des notes
  • Géographie : le dpt a voté rétention notes ; grève peu suivie
  • Histoire : le dept a voté la rétention des notes ; 2/3 grévistes (04/01/09)
  • Langues romanes : 80% de grévistes. pas de rétention.
  • Lettres Classiques : quasi 100% de grévistes
  • Lettres Modernes : 75% de grévistes ; jurys pas réunis
  • Musicologie : 100% des titulaires grévistes, pas de remontées des notes, pas de jurys tenus.
  • Philosophie : au moins 50% grévistes; notes rendues, les jurys seront retardés.
  • Psycho : sur 19 EC, 3 ATER et 2 moniteurs : 3 non grévistes, 1 solidaire non gréviste, 7 grévistes ponctuels, 3 grévistes : 50% ; les jurys vont se tenir mais ne remonteront ps les notes
  • masters : toutes les notes n’ont pas été rendues, le jury a été réuni mais n’a pu se prononcer que sur GMI. Pressions sur ceux qui n’ont pas rendu leurs notes.
  • UFR Eco-gestion : pas bcp de cours : 40 à à 50%

Les étudiants ont voté une grève de soutien depuis mardi dernier.

Je n’ai pas les chiffres pour sciences, mais c’est très suivi aussi.

Le Président de l’URCA et ses VP ont fait savoir hier qu’ils ne soutenaient pas les positions exprimées par leurs électeurs, réunis en AG et aussi massivement en grève.

La presse régionale suit le mouvement (dont une pleine page dans L’Union).

Actu Nantes (département histoire de l’art) 5 février

UNIVERSITE DE NANTES
DEPARTEMENT HISTOIRE DE L’ART ET ARCHEOLOGIE
DECISION DU JEUDI 5 FEVRIER 2009
Les enseignants-chercheurs réunis ce jour en assemblée plénière ont décidé de poursuivre le mouvement national des universitaires et continuent à demander le retrait des projets de réforme du statut des enseignants-chercheurs et de la masterisation des Métiers de l’enseignement du second degré.
Par ailleurs, ils dénoncent toujours les conditions de travail déplorables de ce département (manque de moyens, de personnel, de locaux et de salles de cours).
– la grève administrative totale et illimitée est reconduite à l’unanimité
– tous les enseignements de Licence en Histoire de l’Art et Archéologie sont suspendus et ce jusqu’au MERCREDI 11 FEVRIER  à 17h.
La suite à donner au mouvement sera annoncée jeudi 12 en fin de matinée, après tenue d’une réunion du département d’Histoire de l’Art et Archéologie.
Les étudiants sont cordialement invités à venir nombreux à une réunion d’information le MARDI 10 FEVRIER à 11h – Amphi D (bât. Tertre)
Les étudiants qui souhaitent s’associer à une réflexion  sur les actions à mener  sont invités à nous rejoindre le lundi  9 février 11h en salle 306

Les enseignants-chercheurs du département

Motion Toulouse 1 (5 février)

Motion adoptée par l’Assemblée Générale tenue le 5 février 2009 à l’Université Toulouse 1 Sciences Sociales à l’initiative d’enseignants-chercheurs mobilisés.
Membres présents : 252 (Enseignants-chercheurs, Biatoss, Étudiants, Doctorants)
Préambule : L’assemblée générale de l’Université Toulouse 1 Sciences sociales condamne la mise en place d’une politique d’affaiblissement structurel de l’enseignement et de la recherche, la précarisation des personnels de toutes catégories notamment au travers de l’individualisation des carrières et de la mise en place du nouveau contrat doctoral et des suppressions d’emplois.
Elle dénonce les réformes actuelles qui assimilent l’Université à une entreprise et qui font du savoir une marchandise.
Adopté à la majorité des membres présents ; Contre : 1. Abstention : 6.
Elle exige :
– le retrait du projet de décret sur les enseignants-chercheurs et la restauration des cadres nationaux des statuts.
Adopté à la majorité. Contre : 0. Abstention : 6. Ne prennent pas part au vote : 8
– le rétablissement des postes supprimés qui concernent l’ensemble des personnels dans les universités, les grands organismes de recherche et l’arrêt du démantèlement des organismes de recherche.
Adopté à la majorité. Contre : 0. Abstention : 0. Ne prennent pas part au vote : 4
– un plan pluriannuel de création de postes statutaires d’enseignants-chercheurs et de personnels Biatoss.
Adopté à la majorité. Contre : 0. Abstention : 3. Ne prennent pas part au vote : 3
– Le retrait du contrat doctoral.
Adopté à la majorité. Contre : 0. Abstention : 10. Ne prennent pas part au vote : 23.
– une revalorisation nationale des rémunérations des Biatoss des différentes catégories – qui toutes concourent au bon fonctionnement de l’université – sous la forme d’une hausse du point d’indice et non par le truchement de primes aux mérite, ainsi qu’une augmentation du taux de promotion.
Adopté à la majorité. Contre : 0. Abstention : 3. Ne prennent pas part au vote : 2.
– Le retrait de la réforme de la formation des enseignants des premier et second degrés
Adopté à la majorité. Contre : 0. Abstention : 7. Ne prennent pas part au vote : 2.

– La résorption de la précarité chez les enseignants, les chercheurs, les personnels administratifs et les étudiants, par la titularisation des personnels contractuels.

Adopté à la majorité. Contre : 0. Abstention : 2. Ne prennent pas part au vote : 3.
– Le retrait de la loi LRU.
Adopté à la majorité. Contre : 1. Abstention : 13. Ne prennent pas part au vote : 3.

Elle appelle à une journée de manifestation le 5 février et à la grève des personnels toutes catégories confondues le mardi 10 février.
Adopté à la majorité. Contre : 1. Abstention : 4. Ne prennent pas part au vote : 9.

Elle rejoint la coordination nationale des Universités.
Adopté à la majorité. Contre : 1. Abstention : 1. Ne prennent pas part au vote : 3.

Elle mandate 5 représentants à la Coordination nationale :
–         trois représentants enseignants-chercheurs
–         un représentant Biatoss
–         un représentant étudiant
Ils seront désignés de façon provisoire jusqu’à la prochaine AG.

Sauvons l’université répond à Nicolas Sarkozy

Liens et informations dans l’article très complet de Sylvestre Huet sur Libération.

Tout savoir sur la réforme du recrutement des profs

Une vidéo mise en ligne par Sauvons l’université

Journée de manifestation réussie (Libération)

« Les enseignants-chercheurs ont réussi leur journée.
Ils étaient plusieurs milliers à descendre dans la rue jeudi, rejoints par de nombreux étudiants. Du coup, la ministre tente de calmer le jeu, en réunissant la communauté universitaire mercredi 11 février. Le point sur la mobilisation. »
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