Frais d’inscription : communiqué du MESR

Communiqué sur les frais d’inscription du MESR :

Le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche a fixé aujourd’hui par arrêté les droits d’inscription pour la rentrée universitaire 2009/2010.

Les droits d’inscription s’établiront comme suit, de manière différenciée :

  • pour près de 780 000 étudiants en licence, ils passeront de 169 à 171 €uros (soit + 2 euros par an ou +1,2%).
  • pour près de 439 000 étudiants en master, ils passeront de 226 à 231 €uros (soit +5  euros par an ou + 2,2%).
  • pour près de 70 000 étudiants en doctorat, ils passeront de 342 à 350 €uros (soit +8 euros par an ou + 2,2%).

L’augmentation moyenne pondérée des droits d’inscription est de 1,55%. C’est la plus faible hausse jamais effectuée. Elle tient compte de la situation économique.

La ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche a, par ailleurs, donné instruction aux Recteurs Chanceliers des universités de veiller scrupuleusement au respect de la législation en matière de fixation des droits d’inscription par les universités.

En outre, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche a rappelé aux universités qu’elles pouvaient proposer aux étudiants un paiement fractionné (en trois versements) de ces droits d’inscription ainsi que la cotisation à la sécurité sociale. A la rentrée 2010, il sera obligatoire de proposer ce choix aux étudiants.

Nantes : passage programmé aux compétences élargies.

(message de l’intersyndicale de l’université)

“Cher-e-s collègues,

Après présentation au CEVU et au CS, le Président de l’université a inscrit à l’ordre du jour du comité technique paritaire du 1er juillet et du conseil d’administration du 7 juillet le passage de l’université aux “compétences élargies”, comme prévu par la loi LRU. Cette décision, après une année riche en contestation des réformes imposées aux universités par le ministère, permettrait la mise en place contestée de la modulation des obligations de service, la création de dispositifs d’intéressement, ainsi que la
possibilité de recruter en CDD ou CDI des agents contractuels, y compris pour des fonctions d’enseignement et de recherche.

L’affectation par le ministère d’une dotation globale incluant fonctionnement, investissement et masse salariale avec possibilité de transfert entre ces masses, pourrait modifier en profondeur la gestion des “ressources humaines”, voire autoriser
l’externalisation de certaines fonctions.

Le transfert aux établissements de la gestion des personnels jusqu’alors fonctionnaires d’état, pourrait aussi induire des modifications importantes concernant leurs droits sociaux (chèques vacances, restauration…).

Si ces questions vous concernent, n’hésitez pas à solliciter vos élus dans les conseils.

Pour l’intersyndicale des personnels de l’université
CFDT, CGT, FO, FSU, UNSA”

COMMUNIQUÉ du Mouvement des enseignants en résistance pédagogique

COMMUNIQUÉ
du Mouvement des enseignants en résistance pédagogique
Alain Refalo convoqué en conseil de discipline le jeudi 9 juillet
Un huissier de justice a apporté ce matin à l’école Jules Ferry de Colomiers une lettre recommandée de l’Inspection Académique de la Haute-Garonne signifiant à Alain Refalo, initiateur du mouvement de résistance pédagogique chez les enseignants du primaire, une convocation devant la commission administrative paritaire siégeant en formation disciplinaire, le jeudi 9 juillet à 15h.
Les faits reprochés sont les suivants :
- Refus d’obéissance
- Manquement au devoir de réserve
- Incitation à la désobéissance collective
- Attaque publique contre un fonctionnaire de l’Education Nationale
Alors qu’il a effectué l’intégralité de son service devant les élèves, Alain Refalo a déjà été sanctionné cette année de 14 jours de retraits de salaire et d’un refus de promotion au grand choix cette année pour avoir mis en place un atelier théâtre sur le temps de l’aide personnalisée avec l’accord des parents d’élèves.
Le mouvement des enseignants en résistance pédagogique s’insurge contre cet acharnement démesuré qui vise à briser un enseignant qui n’a fait qu’agir en conscience, en toute transparence et sans faux-fuyants, pour ne pas être complice des réformes destructrices du service public d’éducation. Cette décision est d’autant plus injuste que l’inspecteur d’académie avait affirmé à plusieurs reprises qu’il n’y aurait pas de sanctions disciplinaires à l’encontre d’Alain Refalo.
Nous dénonçons une entreprise politique qui vise à criminaliser la désobéissance pédagogique alors qu’elle est une action collective citoyenne qui appelle un dialogue constructif avec l’administration.
Un comité de soutien, présidé par Patrick Jimena, se réunira vendredi à 18h30 dans les locaux du Centre de ressources sur la non-violence de Midi-Pyrénées à Colomiers. Il préparera les initiatives pour organiser la mobilisation pour soutenir Alain Refalo, dénoncer cette attaque sans précédent contre la liberté d’expression des enseignants et s’opposer à cette décision inacceptable. Une pétition intersyndicale unitaire est en cours de préparation.
contacts :
Patrick Jimena : 06 81 84 39 97
Alain Refalo : 06 61 58 10 55
Blog Résistance pédagogique pour l’avenir de l’école

Lettre des étudiants serbes, adressée au monde

Lettre des étudiants serbes, adressée au monde :

En Serbie, le processus de Bologne a débarqué avec une hausse enorme des frais d’inscriptions d’année en année, un chaos dans le système universitaire et un appauvrissement des cursus.

Pour les 10 ans de la déclaration de Bologne, les étudiants des universités de Belgrade ont organisé un représentation appelée « Quel est le prix du savoir? » dans la plus grande rue piétonne de la ville.

Pendant que nous, étudiants, étions assis dans la rue à travailler, les passants étaient invités à mettre un prix à certains savoirs – quel est le prix du savoir sociologique ? Quel est le prix des compétences d’un joueur de piano? Combien devrais couter le savoir de cet homme avec le t-shirt vert? Et celui de cette fille avec des sandales?

Pour nous, le prix du savoir à évoluer d’année en année, augmentant encore et encore, alors que le savoir transmis, lui, restait le même.

Les gens écrivaient sur des bouts de papiers un code barre des prix, et le donnait aux étudiants. La plupart des gens, de fait, considéraient que le savoir devait être gratuit. Certains, contrairement aux autorités administratives de nos universités, trouvaient qu’il n’était pas de leur ressors de répondre à la question, et ils s’en allaient donc après une discussion sur l’irresponsabilité du gouvernement, le nombre d’étudiant entrant sur le marché du travail, ou la gratuité de l’enseignement, etc … D’autre enfin exprimaient le point de vue qui est celui que la valeur du savoir ne peut être exprimé en argent comptant, alors ils écrivaient sous le code barre « priceless » (« sans prix »).

Si le savoir est effectivement « priceless », qu’est-ce qui est alors acheté par le « marché de la connaissance » européen de bologne? Ce qui est acheter n’est pas du savoir. Le savoir ne peut pas être donner, il peut être appris. Ce à quoi nous sommes vendus, ce que nos parents paient par les taxes, et ensuite à travers les frais d’inscriptions, c’est le processus d’ajustement de l’éducation aux règles du marché, qui induit l’appauvrissement des cursus, la disparition des savoirs n’induisant pas de profit. Si ce processus n’est pas arrêter : l’éducation ne sera bientôt plus qu’un espace commercial pour l’achat de diplomes.

Photos sur le web : http://www.studentizastudente.net/index.php?option=com_morfeoshow&task=view&gallery=10&Itemid=24

Répression administrative scandaleuse à Strasbourg !

Témoignage.
“J’ai envoyé un mel sur la liste il y a quelques semaines faisant état des pressions dans mon service suite à ma participation active dans les mobilisations et grèves de février à avril. J’ai été informé hier de ma mutation forcée au sein de l’Université, avec perte de toute autorité hiérachique, et perte indemnitaire. La mutation sera arrêtée le 1er juillet prochain (dans 8 jours !!!)
Je me permets de faire ci-dessous un petit résumé des semaines passées après la fin de la grève.

Donc faits et dates
Début Mai, mon Directeur me demande de prendre contact avec le Secrétaire Général pour changer de poste. Selon lui le SG lui aurait demandé de faire un papier contre moi. Le Directeur me dit refuser de faire un tel papier. Mais il faut que je coopère pour partir, sinon on me forcera à partir. Le Directeur me dit encore qu’il faut que je sois placé dans un poste plus cadré hiérarchiquement et plus technique.
Deux jours plus tard, le Directeur revient à la charge, et me demande si j’ai contacté le SG. Je lui réponds que je ne le ferai pas. Il me prend à partie devant tout le service.
La semaine suivante, il reviens vers moi, me dit que nous sommes partis sur de mauvaises bases, en fait on a découvert mes grandes compétences, il faut que je vois la DRH qui aurait des poste à me proposer, postes à la hauteur de mes fortes compétences.
La DRH me donne RV pour le 19 mai. Je vais à ce RV accompagné par 2 syndicalistes.
Il m’est proposé 2 postes : un comme adjoint en lycée, 1 comme adjoint en service central. Je refuse ces postes. Il m’est alors reproché mon attitude professionnelle. Il y aurait des plaintes de personnels contre moi.
Durant 1 mois les pressions s’accentuent dans mon service : rétention d’information, collaborateurs qui ont reçu ordre de ne me plus donner copie de leur travail, de ne plus m’informer. Des réunions se font avec le Directeur sans moi. Je ne vois plus du tout le Directeur. Mes derniers dossiers me sont retirés.
J’envoie un mel au SG en lui décrivant les pressions internes à mon service. Il me fait une réponse sèche, se sent visé par mes accusations de harcèlement, me dit de faire attention aux termes que j’emploie. Je lui réponds qu’il n’est pas visé, mais que je l’informe de la situation dans ma composante.
Je suis convoqué le 23 juin chez le SG.
Il m’est signifié une nouvelle affectation non négociable, en service central. Je serai sous l’autorité d’un chef de Département. Mes nouvelles fonctions ne seront assorties d’aucun pouvoir hiérarchique.
Il m’est dit que cette affectation n’est pas une sanction, elle serait motivée par l’absence de connivence entre mon Directeur et moi.
Je demande à garder le bénéfice de mon indemnité NBI. Le SG s’engage à me laisser l’indemnité jusqu’au mois de décembre prochain. Il me dit que je devrai déjà être content d’avoir touché cette indemnité durant 1 an.
Il finit l’entretien en me disant “alors on est bien d’accord”
Je lui répond qu’il ne s’agit pas d’accord, puisqu’il s’agit d’un ordre, mais que je prend acte de sa décision
Il me répond que c’est mon interprétation
Fin entretien
La mutation sera arrêtée et actée au 1er juillet prochain (j’ai envoyé cette nuit un message au SG pour demander de repousser cette date au 1er septembre, pour pouvoir me retourner, il m’a été répondu par la négative, la mutation sera arrêtée au 1er juillet, même si pour raisons congés et rangement de mon bureau actuel, ma prise d’acte effective ne se ferait qu’au 1er septembre)

David Romieux”.

Nota-Bene : des démarches syndicales sont en cours. Chacun est invité à apporter publiquement son soutien à David Rommieux et à donner une très large rediffusion à ce message. Une pétition sera lancée prochainement. Nous vous en tiendrons informés.

Nous avons plié mais nous sommes toujours debout !

Message du porte parole de mobilisation06

“L’année universitaire se termine. Une année exceptionnelle marquée  par le plus long mouvement que l’Université française ait connu.
“Un mouvement débuté juste après le Jour de l’An, qui se poursuit jusqu’aux vacances d’hiver, persévère jusqu’à Pâques, traverse avec légèreté trois « ponts » successifs, Ascension, 8 Mai, Pentecôte. “.
“Une demi-année ! Qui l’aurait imaginé ? Alors qu’en 1968 le mouvement n’avait duré que cinq semaines) [cette durée] est en soi une victoire, cette durée inédite donne la mesure de notre engagement et de notre persévérance. Les pressions, les chantages, la désinformation, les articles assassins, sans compter les gesticulations des bouffonnes associations de parents d’étudiants (sic), n’y ont rien fait. Nous n’avons pas cédé, ils ne nous ont pas réduits. “[1]

Par soucis de responsabilité vis à vis de nos étudiants nous avons fait en sorte qu’ils puissent  terminer l’année dans les moins mauvaises conditions. Ce ne sont pas les injonctions et menaces de Pécresse et Darcos qui y sont pour quelque chose.
Madame et Monsieur   les Ministres, “vous avez eu raison deparier sur notre bonne nature : nous ne sacrifierons pas sur l’autel de vos vanités, l’avenir de nos étudiants. Vous avez l’impression d’avoir gagné, pour quelques semaines, face au monde du savoir, face à l’innovation, face au dynamisme, face aux plus grands noms des sciences et des sciences humaines françaises qui, chaque jour, portent par leur travail, malgré vous, notre pays au rang des premières puissances culturelles et intellectuelles de la planète ­ face à tous ceux, prix Nobel compris, dont vous n’avez pas su entendre les appels raisonnables et argumentés. En vous appuyant sur des médias aux ordres, sur des mensonges éhontés, des chiffres ouvertement truqués, des intimidations policières et des lieux communs populistes, vous pouvez donner l’impression d’avoir gagné, pour un temps, mais pour un temps seulement, contre l’Université de la République.” [2]

Nous avons pliés mais nous sommes toujours debout.

Dans ce nouveau contexte, il importe d’analyser sans complaisance les résultats de cette lutte, les forces et les faiblesses du mouvement.
Chacun appréciera ces résultats  au vu des textes des décrets déjà parus et de ceux qui ne manqueront pas d’être promulgués pendant l’été. Au vu aussi de la poursuite de l’action d’affaiblissement des organismes de recherche publics au premier rang desquels le CNRS [3].
Des analyses plus globales sur la politique menée dans l’enseignement supérieur et la recherche publique ne peuvent être conduites en les isolant des politiques vis à vis des autres secteurs publics (éducation, santé, justice, action sociale… ) et doivent englober le niveau européen dans son contexte mondial.

Pendant l’été, le  site mobilisation06 va évoluer pour mieux prendre en compte ces exigences.
Il sera régulièrement tenu à jour.
Les rubriques “A la une” et “Dernières informations” de la page d’accueil vous apporteront des infos sur l’évolution de la situation.
La “Revue de presse” sera maintenue.
Nous nous proposons également de rassembler les contributions, tribunes libres, communiqués,  publiés par ailleurs pour nourrir cette cette nécessaire réflexion.
Nous projetons de restructurer les rubriques “Analyses” afin d’offrir une vision plus synthétique.
Toute suggestion de votre part  pour améliorer le site et mieux répondre à vos besoins est bienvenue.

Enfin nous faisons appel à vous pour contribuer à cet effort de synthèse et de réflexion en nous soumettant vos propres textes qui pourraient être incorporés au site dans la rubrique “Tribunes libres”.[4]

Bonne vacances prochaines.
Le porte parole de mobilisation06 // http://mobilisation06.fr/

Le savoir n’est pas une marchandise.
L’Université n’est pas une entreprise.

[1] D. Guedj. Université : le gouvernement n’a pas reculé d’un décret.  Rue89 (http://www.rue89.com), joint en fichier attaché.
[2] Extrait de la Lettre ouverte de 130 enseignants chercheurs de l’Université Paris-Ouest Nanterre à Valérie Pécresse et Xavier Darcos du 12 juin 2009. A lire sur le site mobilisation06 page Analyses / Tribunes libres.
[3] Sur ce point voir notamment la Tribune de Henri Audier sur le site mobilisation06 page Analyses / Tribunes libres également jointe en fichier attaché.
[4] Les textes peuvent nous être envoyés en fichier Word ou pdf . Nous nous réservons le droit d’accepter ou de refuser une contribution.

L’« autonomie » selon le Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Un exemple édifiant. Communiqué de SLU (24 juin 2009)

A lire sur le site de SLU : http://www.sauvonsluniversite.com/spip.php?article2777

Une décision unilatérale du Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche vient d’être rendue publique : elle ôte à l’Université Paris 8 une de ses composantes, l’Institut Français d’Urbanisme (IFU), pour la rattacher à l’Université de Paris-Est/Marne-la-Vallée.

Résumons les faits : l’Institut Français d’Urbanisme est une composante de l’Université Paris 8 depuis sa fondation en 1969. A l’époque, il n’était pas situé très loin du site principal de l’Université Paris 8 qui se trouvait dans le bois de Vincennes. Entre 1980, date du déménagement forcé de l’Université à Saint-Denis et 2005 l’IFU a continué sans problème majeur – ni scientifique, ni financier, ni logistique – à se développer comme une des composantes de l’Université Paris 8, largement autonome dans ses choix puisque relevant de l’article 33 sur les Instituts. Un des fondateurs de l’IFU, Pierre Merlin, a même été élu à la Présidence de l’Université Paris 8 à la fin des années 1970. Depuis 2005, un débat a été ouvert : une partie de l’IFU demandant un rattachement de cette composante à une université plus proche, territorialement parlant, à savoir l’Université de Paris Est-Marne-la Vallée. A plusieurs reprises, les instances élues de Paris 8, après en avoir débattu, ont affirmé leur désaccord avec cette proposition. Passant outre cette position très claire de l’université, la direction de l’IFU s’est adressée directement au Ministère de tutelle en lui demandant d’intervenir. Ce dernier, sans même débattre de la chose, a décidé de trancher en donnant tort aux instances élues et légitimes de l’Université Paris 8.

S’il peut donc certes être fait état, pour justifier semblable décision, de considérations logistiques, d’aspirations individuelles ou de synergies scientifiques qui ne sont pas absurdes, il n’en reste pas moins que la chose demeure confondante dès lors que l’on se penche sur les faits et sur la méthode adoptée. A condition toutefois de considérer qu’une université n’est pas un simple agrégat des intérêts d’individus ou de groupes circonscrits.

Passons sur le fait que la décision intervient à la sortie d’un mouvement dans lequel l’université pénalisée par cette décision ministérielle – Paris 8 – a été l’un des établissements les plus mobilisés. Passons aussi sur le fait qu’on ne puisse dire que la direction de l’université qui « bénéficie » de cette décision ait brillé par son opposition à la politique gouvernementale. Passons enfin sur le fait que la décision datée théoriquement du 26 mai dernier a été communiquée au seul recteur de l’Académie de Créteil et qu’elle n’a été transmise que le 16 juin à l’Université Paris 8. Ce n’est pas là ce qui compte le plus en effet.

Ce qui importe c’est la méthode suivie et la façon dont la chose est mise en œuvre par notre Ministère de tutelle. En premier lieu, la décision est prise sans que les instances régulièrement élues de l’Université Paris 8 aient été consultées – ni le Président, ni les conseils centraux. En second lieu, la décision est prise sans que le Ministère ait sollicité le moindre avis du CNESER. Enfin, elle fait fi des règles élémentaires d’attribution des moyens aux établissements publics, ce qui est un cas unique pour la transformation du périmètre d’un établissement d’enseignement supérieur. L’autoritarisme et l’arbitraire dominent donc dans l’ensemble de ce processus. Au moment même où est en train de se conclure le « dialogue stratégique » lié au futur plan quadriennal de l’Université Paris 8, cette forme de dépeçage a lieu au mépris de la position officielle affichée maintes fois par les conseils centraux unanimes de cette université, comme si c’était bien là une communauté universitaire tout entière qu’il s’agissait de « punir ».

Le gouvernement, pensant avoir « gagné » contre les universitaires qui ont lutté plus de quatre mois contre sa politique, considère sans doute qu’il peut désormais se permettre n’importe quoi. Il agit d’ailleurs avec une précipitation étonnante. L’injonction est claire et ne souffre pas la moindre discussion : tout doit être réglé (transfert des biens et des personnels, nouvelle intégration) d’ici le mois de septembre 2009. Et, cela va sans dire, aucune mesure de compensation, tant pour les locaux que pour les postes perdus, n’a été envisagée !

Depuis la mi-mai se sont accumulées les interventions rectorales et les pressions ministérielles pour contraindre universitaires et présidents rétifs à l’application de la loi LRU ou de ses décrets d’application à rentrer dans le rang. On tient là une parfaite illustration de la conception de l’autonomie universitaire qui prévaut en haut lieu.

L’« autonomie » octroyée a donc pour limite permanente la volonté politique du gouvernement. Un avertissement est-il ainsi lancé par ce dernier à toute institution qui serait tentée de lui être par trop hostile ? En tout cas, quoi qu’il en soit, la voie est ouverte à une sorte de foire aux Instituts qui pourraient bien voir d’autres composantes d’université demander au nom d’arguments théoriquement audibles un changement de rattachement – dont on peut imaginer qu’il fera l’objet d’âpres négociations et de contreparties. Bref, voilà une nouvelle pierre posée pour l’édification de la concurrence de tous contre tous chère à ceux qui nous gouvernent. Voilà aussi un encouragement à la destruction programmée de ce qui peut rester de solidarités internes et de vision collective au sein des universités.

Bienvenue dans un monde meilleur !

Consultation Paris 11 : les réformes ne passent pas !

Ci-dessous, le communiqué de presse annonçant les résultats de la consultation réalisée à Orsay sur les réformes. 4000 personnes ont été sondées, 43% ont répondu.

Après Paris 13 – Villetaneuse, les personnels de l’assemblée générale de l’université de l’Université Paris Sud 11 (réunies au sein du collectif « Orsay en Lutte »), ont voulu répondre aux affirmations gouvernementales qui prétendent que le mouvement dans l’enseignement supérieur et la recherche qui dure depuis début 2009 n’est le fait que de minorités. Une consultation des personnels permanents (chercheur(se)s, enseignant(e)s-chercheur(se)s, personnels techniques et administratifs ITA/BIATOSS) et précaires (doctorant(e)s, post-docs, stagiaires, CDD) de l’UFR des Sciences et de l’UFR STAPS de l’Université Paris Sud 11 sur les réformes en cours a été organisée par le collectif du 19 mai au 05 juin.

Pendant deux semaines, près de 4000 personnes ont été consultées (1196 chercheurs et enseignants chercheurs sur les 2500 que comptent l’UFR, 664 personnels administratifs et techniques, et près de la moitié des doctorants présents sur le campus). Sur ces 4000 personnes, 43% ont voté et répondu à tout ou partie d’un questionnaire portant sur l’ensemble des réformes touchant actuellement l’enseignement supérieur et la recherche. Cette participation élevée pour un vote non officiel a donc une valeur incontestable (le taux de participation à l’élection du conseil d’administration de l’université de mai 2008 était de 39%).

Les résultats sont nets. Les personnels rejettent massivement les réformes engagées par le gouvernement (82% des votants, plus de 94% des exprimés) et demandent la mise en place de réformes alternatives pour l’enseignement supérieur et la recherche (74% des votants, plus de 89% des exprimés). Pour eux, le gouvernement n’a pas pris en compte les revendications exprimées par l’ensemble des personnels depuis trois mois (84% des votants, plus de 93% des exprimés) et ils soutiennent majoritairement les personnels mobilisés pour s’opposer aux réformes imposées par le gouvernement (82% des votants, plus de 96% des exprimés). Plus spécifiquement, ils rejettent la réforme de la formation des enseignants (63% des votants, plus 91% des exprimés), le nouveau décret du statut des enseignants chercheurs (65% des votants, près de 97% des exprimés), le pilotage de la politique de la recherche via l’ANR (62% des votants) et la restructuration des organismes de recherche comme le CNRS, l’INRA, … en agences de moyens (68%des votants, près de 97% des exprimés), la LRU sous sa forme actuelle (61% des votants, 92% des exprimés) et le décret relatif aux équivalences entre diplômes universitaires et diplômes délivrés par le Saint Siège (60% des votants, 89% des exprimés). Une exception, comme à Villetaneuse : le contrat doctoral, qui ne rassemble pas les opinions, une part importante des votants n’étant pas informée ou s’abstenant.

Ces résultats confirment ceux obtenus à Villetaneuse : les personnels de l’enseignement supérieur et de la recherche rejettent massivement les réformes engagées par Valérie Pécresse et Xavier Darcos. Le Collectif Orsay en Lutte appelle d’autres universités à procéder à des consultations similaires. La présidence de l’université ainsi que le ministère doivent entendre la voix des personnels, car l’université, c’est nous.

Le collectif « Orsay en Lutte », le 17 juin 2009.

Le collectif « Orsay en Lutte » est né en octobre 2007 de l’opposition à la loi LRU. Au plus fort du mouvement de lutte contre les réformes en cours dans l’enseignement supérieur et la recherche, il a rassemblé de façon hebdomadaire des centaines de personnes (personnels et étudiants ) en assemblées générales à la faculté d’Orsay.

www.orsayenlutte.info

16 000 postes supprimés en 2010 : des postes de stagiaires selon Darcos

Education: 16.000 postes supprimés en 2010, des postes de stagiaires selon Darcos

[ 23/06/09  - 23H01 - AFP  ]
© AFP/Archives – Franck Fife

Le ministre sortant de l’Education, Xavier Darcos, a annoncé à La Tribune à paraître mercredi que le budget 2010 prévoira 16.000 suppressions de postes dans l’Education, la quasi-totalité étant les postes de stagiaires supprimés par la réforme de la formation des enseignants.
“J’ai proposé de ne pas renouveler 16.000 emplois en 2010, conformément à la règle de non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite”, a déclaré M. Darcos.
“Il s’agit de 600 postes d’agents administratifs et de 14.000 postes d’enseignants stagiaires affectés en Institut universitaire de formation des maîtres (IUFM) ou équivalent pour l’enseignement privé (à hauteur de 1.400)”, a-t-il ajouté.
Au total, 34.000 postes de fonctionnaires seront supprimés dans le budget 2010, avait déjà annoncé auparavant le ministre du Budget Eric Woerth.
La réforme de la formation des professeurs des écoles, collèges et lycées prévoit que les futurs enseignants seront recrutés au niveau “master 2″ (bac +5) et que la formation incombe aux universités, et non plus aux IUFM. Du coup, pour la première année d’application de la réforme, à la rentrée 2010, les étudiants qui auront réussi le concours d’enseignants ne seront plus affectés en IUFM, mais directement en classe, ce qui permettra d’économiser à cette rentrée-là les 15.400 postes de fonctionnaires stagiaires cités.
M. Darcos a été nommé mardi soir ministre du Travail et est remplacé à l’Education nationale par Luc Chatel.
Les lettres plafond fixant les crédits et les effectifs dont disposeront les ministères doivent être dévoilées mercredi aux parlementaires, selon le ministère de l’Education.
Dans La Tribune, M. Darcos a ajouté que “le nombre de postes mis au concours en 2010 sera au moins égal à celui de la session 2009, dans le premier degré comme dans le second degré”.
Au ministère de l’Education, on fait remarquer que, hormis les suppressions de postes de fonctionnaires stagiaires qui sont la conséquence directe et déjà connue de la réforme de la formation des enseignants, il n’est pas prévu en 2010 d’autres suppressions de postes de professeurs.
Ces suppressions ont été de 13.500 en 2009 et de 11.200 en 2008.

Tribune sur Rue89 : Le gouvernement n’a pas reculé d’un décret.

tribune Université : le gouvernement n’a pas reculé d’un décret
Par Denis Guedj | Universitaire et écrivain  | 20/06/2009 | 19H00

http://www.rue89.com/2009/06/20/universite-le-gouvernement-na-pas-recule-dun-decret

Historique ! Un mouvement débuté juste après le Jour de l’An, qui se poursuit jusqu’aux vacances d’hiver, persévère jusqu’à Pâques, traverse avec légèreté trois « ponts » successifs, Ascension, 8 Mai, Pentecôte. Qui le mènent, toujours aussi obstiné, jusqu’à l’orée de l’été.
Une demi-année ! Qui l’aurait imaginé ? Alors qu’en 1968 le mouvement n’avait duré que cinq semaines)est en soi une victoire, cette durée inédite donne la mesure de notre engagement et de notre persévérance. Les pressions, les chantages, la désinformation, les articles assassins, sans compter les gesticulations des bouffonnes associations de parents d’étudiants (sic), n’y ont rien fait. Nous n’avons pas cédé, ils ne nous ont pas réduits.
Mais ils n’ont pas reculé d’un décret. C’est cela qu’il nous faut gérer. La plus grande richesse d’un mouvement réside dans les individus qui le composent. Nous ne disposons ni d’argent, ni d’armes, ni des lieux de pouvoir, ni des lieux d’information, nous sommes notre seule force.
Nous avons pour nous notre intelligence, notre créativité, notre imagination, notre obstination, notre refus intransigeant de nous soumettre à des coups de force contre la pensée. Cette richesse, il nous faut la protéger en veillant à ce que les combats que nous menons ne nous affaiblissent pas, mais au contraire nous renforcent humainement, philosophiquement et politiquement.
Hormis les « revendications » (préférons le terme « exigences »), qui s’adressent à l’adversaire, une lutte a principalement pour objet de nous donner toutes les raisons de poursuivre le combat entamé et de ne pas laisser se rompre les solidarités et les amitiés tissées pendant et par le conflit.

Décider nous-mêmes de l’issue du conflit
Voilà pourquoi il est décisif que nous décidions nous-mêmes ce qui est pour nous victoire ou défaite. C’est-à-dire que nous décidions de « ce qui compte » POUR NOUS. Ce que je dis n’est en rien un renfermement sur nous, mais une affirmation que nous sommes la source des luttes que nous menons. Le maintien des décrets ne signe en rien une défaite du mouvement, ceux qui espéraient que la reprise des cours et des examens mettrait fin aux mouvements, n’ont vraiment rien compris.

Grève, blocage, examens, rétention des notes, refus de participations aux jurys étaient des figures circonstanciées de notre lutte. Nous ne sommes pas fétichistes. Dès janvier, nous savions que le gouvernement ne reviendrait pas sur ses décrets et que ce qu’il désirait avant tout était de nous infliger une défaite radicale pour mater enfin ce monde universitaire et de la recherche non
pas rebelle, oh non ! mais rétif.
Il s’agissait d’un règlement de comptes avec un milieu social porteur de valeurs qui le dépassent. En agissant avec une telle haine, il perdait toute légitimité. Ce gouvernement n’est plus pour nous un interlocuteur valable. Ainsi, libérés d’avoir à attendre et à analyser ces gesticulations, nous avons pu mener nos luttes avec nos propres logiques, sereins, inventifs, finalement apaisés.

La force de ce mouvement :
* Le nombre et la diversité des acteurs. Pour la première fois et de façon durable, toutes les composantes de l’université, et des labos, enseignants chercheurs, administratifs, étudiants, se sont unis et ont mené ensemble une lutte non corporatiste. Et, remarquable, la présence importante de retraités, qui, grâce à « l’ouverture » du mouvement, ont pu se l’approprier et trouver leur présence légitime dans ces combats. Ils étaient là, non par solidarité, mais en acteurs.
* La dimension géographique. Le mouvement a innervé le territoire entier.
Pas une ville qui ne soit « touchée ». Pas un établissement universitaire, pas un labo qui ne se soit investi dans la lutte. Que d’enseignants, de chercheurs, d’étudiants, d’administratifs qui ont vécu là pour la première fois l’expérience grisante du combat
social.

* L’auto organisation du mouvement. À aucun moment, nous nous sommes laissés déposséder de l’initiative et des décisions à prendre. AG fréquentes, comité de grève, comité de mobilisation, élection des délégués aux différentes coordinations. Aucun regroupement n’a chapeauté le mouvement, aucun syndicat n’a voulu ou pu négocier sans nous et contre nous. Qui peut citer le nom d’un seul leader ? Les médias n’ont pas réussi à « isoler » l’un d’entre nous, pour en faire un leader qui leur aurait permis de placer le Un à la place du Nous. Est-ce une partie de l’explication de la pérennité, de l’obstination, de l’inventivité dont le mouvement a fait montre. Porte-parole qui ne monopolise pas la parole, la Coordination Nationale des Universités renouvelée tous les quinze jours, réunie dans une ville différente qui assure son accueil, a pleinement joué son rôle.
* L’incroyable inventivité des formes de lutte et de résistances Cours hors les murs, ligne de métro transformée en Amphi, la ligne 14 ! Les « Procès » de ministres. La Marche de Tous les Savoirs. La Nuit des Universités à Paris 8, l e vendredi 12 juin. Lancée par l’université de Pau, l’opération Escargot Electronique, partie à l’assaut des boîtes de courriers électroniques officielles, les ensevelit peu à peu sous un raz-de-marée de courriels de protestations. Les innombrables actes de désobéissance, de refus, 3000 instituteurs et directeurs d’écoles entrés en dissidence, les refus administratifs répétés.

Comme elle se l’était promise, la Ronde Infinis des Obstinés a repris ici ou là, intempestive. Sa mobilité focale a fait place à une mobilité géographique. Nous avons gagné une dimension. Nous tournons sur nous-même et dans la ville. Sur le parvis du Panthéon, à la BNF (Bibliothèque nationale de France), aux côtés des bibliothécaires en grève, à Beaubourg pour accueillir les marcheurs obstinés partis de Chartres quatre jours plutôt.

« Darcos, on te voit »
Nous girons rue de Grenelle, où gît le Ministère. « Darcos, on te voit ! » Et dès mardi, durant cinq jours, du 2 au 6 juin, de 12h à minuit devant le Panthéon, pour une ronde « européenne » . Sans oublier la métaronde, la Ronde des Rondes, où par-delà la distance, dans une dizaine de villes, les Rondes ont tourné ensemble.
Que ces rondes ne cachent pas la forêt des actions multiples, singulières qui fleurissent aujourd’hui dans des facs où les cours ont repris et où les examens ont lieu. Qui imagine que l’été nous consumera et que nous ne rependrons pas nos activités pour leur offrir une belle rentrée !
Le gouvernement a quelques soucis à se faire. Nous l’avertissons que cette lutte a produit des dizaines de milliers d’individus durablement engagés dans la résistance, qui ont plus encore qu’avant un compte à régler avec lui et avec la société qu’il veut nous imposer.
Serons-nous capables de poursuivre et d’amplifier notre lutte, de résister à leurs attaques, de ne pas nous défaire ? Seront-nous capables de résister aux sollicitations insidieuses et pleines de bon sens des « réformistes » toujours si réalistes, si pragmatiques, si ouverts, si modernes et qui toujours ont fini par nous faire un enfant dans le dos ?
À travers cette lutte collective, nous avons éprouvé ce que la lutte a de formateur, de mise en pratique de l’amitié entre égaux. Et de plaisirs.

Communiqué des porte-parole de la CNU

Réponse de la Coordination Nationale des Universités aux déclarations de Xavier Darcos à l’AEF le 10 juin

Commentant la décision de la CPU de suspendre sa participation à la Commission Marois-Filâtre, Xavier Darcos minimise, banalise, normalise. Selon lui, ce serait « un petit épisode », dont « il ne faut pas exagérer » la portée ; d’autant que la réforme des concours de recrutement et de la formation des enseignants (dite « mastérisation ») ferait l’objet d’un « consensus ».

X. Darcos a parfaitement raison, mais pas au sens où il l’entend : il y a bel et bien consensus pour ne pas accepter cette réforme. En l’état, elle entraînera une dégradation profonde de la formation disciplinaire et professionnelle des enseignants et, à terme, une remise en cause des concours nationaux ainsi qu’une précarisation des personnels. La Coordination Nationale des Universités, les directeurs des IUFM, les directeurs des Écoles Normales Supérieures, la Coordination Nationales des Formateurs d’Enseignants, la Conférence des directeurs des UFR de sciences, la Conférence des directeurs des UFR de lettres et sciences humaines, la Conférence des Présidents d’Universités, des sociétés savantes, des jurys de CAPES et d’Agrégation ont dit et redit, chacun de leur point de vue, leur opposition circonstanciée aux textes que X. Darcos est en train d’imposer. Et lors du vote au Comité Technique paritaire, aucun représentant des syndicats n’a voté en faveur de ce texte. Certes, comme le dit X. Darcos, certains se sont abstenus, et l’abstention revient à « ne pas voter contre ». Mais « ne pas voter contre » ne signifie pas non plus voter pour, comme les déclarations récentes de la FSU le montrent parfaitement.

Qu’importe. X. Darcos n’est pas à ça près. Ce qu’il appelle « consensus », c’est son refus réitéré depuis huit mois d’entendre les voix de désaccord, malgré leur nombre et leur convergence, malgré leurs compétences et leurs arguments, malgré leur bonne foi.

Le retrait de la CPU de la Commission Marois-Filâtre et les commentaires qu’il inspire à X. Darcos illustrent, une fois de plus, la façon dont ce ministre, à l’image du gouvernement dans son ensemble, mène ses réformes : dans le plus parfait mépris de ses interlocuteurs naturels et institutionnels. Ce que X. Darcos omet de dire, c’est que la suspension de la participation de la CPU à cette Commission a été suivie du retrait de plusieurs autre partenaires universitaires, également parties prenantes des travaux qu’elle avait mis en route.

En même temps qu’il prétendait vouloir dialoguer avec les présidents d’universités, les IUFM et les sociétés savantes à travers la Commission Marois-Filâtre, X. Darcos était déjà en train de la saborder. Que les « interlocuteurs » ainsi moqués decident d’en tirer les conséquences, c’est pour X. Darcos un « petit épisode ».

On ne saurait mieux dire combien il importe peu à X. Darcos d’« avancer » en bonne intelligence avec les professionnels qui, pourtant, seront chargés de mettre en œuvre ses réformes. Dès lors, son souci démagogiquement proclamé des étudiants ne peut convaincre que ceux qui se veulent dupes : en avançant en force, X. Darcos met en péril l’année 2009-2010 bien plus sûrement que s’il avait accepté, comme cela lui a été demandé dès septembre 2008, de prendre le temps d’un véritable dialogue, d’une véritable réflexion constructive avec les acteurs concernés.

C’est tellement évident qu’on ne peut qu’en déduire ceci : X. Darcos est l’exécutant de basses œuvres qui visent sciemment à démanteler le système éducatif français.

Les porte-parole de la Coordination Nationale des Universités, 15 juin 2009

Bilans : appel à contribution SLU

Nous nous proposons d’ouvrir sur le site de Sauvons l’Université! quelques articles de bilan sur les sujets ci-dessous. Nous faisons en effet l’analyse que plusieurs mois de mobilisation, et des mois plus nombreux encore de mise en place à marches forcées de la loi LRU nécessitent d’observer ce qui s’est passé, continue de se passer. Et d’essayer d’en faire la synthèse.

Merci donc à vous de nous envoyer les informations correspondant à chacune d’entre elles, aussi rédigées et précises que possibles. Certaines rubriques prendront plutôt la forme d’une synthèse pour ne pas stigmatiser telle ou telle fac (rubrique “comités de sélection” notamment), d’autres, probablement, la forme d’une liste de faits.
Plus nous auront reçu d’informations, plus ces bilans seront précis et significatifs. Bien entendu, ils ne se substituent pas à ceux que les syndicats peuvent faire de leur côté. Bien entendu aussi, il n’y a pas que les dysfonctionnements qui vaillent la peine d’être mentionnés : ainsi, la question que nous souhaiterions poser concernant les “comités de sélection” est d’abord de savoir s’ils constituent un mieux par rapport aux commissions de spécialistes (question qui inclut le rôle des CA notamment).

1. Bilan des “Comités de sélection”. Trois volets : mise en place, fonctionnement, résultats (rapports avec le CA et le président de l’université). Annliese Nef et Bertrand Guillarme (annliesen@hotmail.com et bertrand.guillarme@orange.fr)

2. Bilan “Retenues sur salaire et mesures de rétorsion pendant / à la fin du mouvement” (incluant les pressions des rectorats) : Yann Philippe (yphilippe15@yahoo.fr)

3. Bilan “Dérives autoritaires” (dérives par rapport au principe d’autonomie notamment) : Jean-Louis Fournel (Jean-Louis.Fournel@ens-lsh.fr

4. Bilan “Méthodes du privé appliquées aux universités” (PPP, gestion de bâtiments, évaluation, etc.) : Hélène Conjeaud (helene.conjeaud@free.fr)

5. Bilan “La loi LRU” (recrutements de CDD, DRH, désUmérisation, PRES, etc.) : Christine Noille-Clauzade (christine.noille-clauzade@wanadoo.fr)

Vous pouvez envoyer ces informations (ou d’autres qui vous paraîtraient importantes bien sûr) aux “responsables” des différentes rubriques et/ou à postmaster@sauvonsluniversite.com

Merci d’avance de vos contributions. Elles seront utiles à tous. Merci aussi de faire suivre ce message à des collègues qui n’auraient pas accès à cette liste mais pourraient contribuer à ces bilans.

Bien cordialement

Laurence Giavarini, pour “Sauvons l’Université!”

Universités en résistance !

resistuniv

Motion AG des enseignants de Nancy 2 du 16 JUIN 2009

Cette motion accompagne la levée de la rétention des notes à Nancy 2 (encore 122 signataires vendredi dernier avec un ultimatum fixé au 15 juin).

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*Non à la destruction programmée de l’Université, *

*Oui à une Université démocratique, laïque, gratuite, ouverte à tous, soucieuse de réduire les inégalités sociales, indépendante des pouvoirs politique et économique*

Réunis en Assemblée générale le 16 juin 2009, les enseignants et enseignants-chercheurs de l’Université Nancy 2 réaffirment une nouvelle fois leur rejet des réformes conduites tambour battant dans l’enseignement supérieur depuis l’adoption de la loi LRU.
Sans concertation véritable avec les instances représentatives, sans considération aucune des innombrables manifestations et expressions collectives du rejet massif des « réformes » en cours, au mépris des principes pourtant affichés de « négociation » et de « participation », usant de manœuvres antidémocratiques pour faire diversion et désinformer le grand public sinon lui faire peur, le gouvernement a montré qu’il entendait bien faire passer en force ses orientations et ses choix libéraux, à la fois sur le statut des enseignants-chercheurs, sur le contrat doctoral unique, sur la mastérisation, sur le financement des universités, sur le démantèlement des organismes de recherche et, en définitive, sur la destruction programmée de l’Université.
Ayant engagé et soutenu de nombreuses actions depuis novembre dernier (non remontée des maquettes de masters, journées de grève, manifestations de rue, conférences en lutte, ronde des obstinés, etc.), en coordination quand cela a été possible avec les étudiants mobilisés, l’AG des enseignants-chercheurs appelle à présent – au vu des choix politiques réitérés du gouvernement en matière d’éducation et d’enseignement supérieur, à la lumière de la conception de l’exercice politique du pouvoir telle qu’elle s’est révélée depuis plusieurs mois – à la consolidation de la mobilisation des personnels et à l’organisation d’une véritable résistance pour « sauver l’Université ».
L’AG appelle plus spécifiquement tous les personnels – BIATOS, chercheurs et enseignants – à lutter par tous les moyens appropriés contre les dispositifs et les mesures qui conduisent, tant au niveau des principes qu’au plan des situations professionnelles concrètes à la mise en œuvre d’une concurrence généralisée des personnels.

A ces fins, l’A.G. appelle les personnels qui en éprouvent désormais la nécessité à se constituer en un Collectif permanent « Sauvons l’Université – Nancy 2 » qui restera vigilant et mobilisé de façon solidaire avec l’ensemble des étudiants, enseignants-chercheurs et personnels des universités contre ces réformes et celles à venir inscrites dans le cadre de l’élargissement des responsabilités et compétences prévu au titre du déploiement de la LRU. Il reviendra tout autant à ce collectif d’analyser les principaux problèmes que nous rencontrons et de travailler en vue de constituer une force de propositions – à tous les échelons possibles et sous toutes les formes qui apparaîtront nécessaires.

L’AG appelle à renforcer l’action collective initiée sur le plan du rejet par anticipation de la modulation des services des enseignants-chercheurs dès l’an prochain, notamment par le moyen de l’appel à signer massivement la pétition déjà en circulation.

Rappel du site : http://nancy-luttes.net/petitions/?petition=4

Ce rejet par anticipation – il convient de le redire – constitue un refus catégorique à faire du service et du temps d’enseignement une variable d’ajustement qui justifie /de facto/ le non recrutement de nouveaux enseignants-chercheurs et le non remplacement de celles et ceux appelé(e)s à partir en retraite.

A brève échéance, l’A.G. invite l’ensemble des personnels et étudiants intéressés à participer à une après-midi de discussion et de bilan d’étape du mouvement, co-organisée avec le comité de mobilisation étudiant, suivie d’une soirée festive le jeudi 2 juillet sur le campus Lettres Sciences Humaines.

Dans l’immédiat, prenant acte de l’état actuel du rapport de forces au plan national, l’A.G. appelle à suspendre l’action de rétention des notes.
L’AG propose enfin d’organiser, en lien avec le comité de mobilisation étudiant, la prochaine rentrée universitaire pour accueillir et informer les nouveaux étudiants sur les réformes en cours et relancer la mobilisation sous des formes appropriées. Elle désigne à cet effet une délégation d’enseignants-chercheurs mandatés pour demander en son nom au président de l’université la programmation de journées banalisées en septembre prochain.

Motion votée à l’unanimité moins 2 voix

Environ cinquante collègues étaient présents ce matin 16 juin 2009.

Nouvelle circulaire ministérielle, nouvelles manoeuvres

“Les manœuvres continuent : un nouvelle circulaire, en date du 5 juin, co-signée par les deux ministères, vient de parvenir aux universités (voir ci-joint). Il s’agit cette fois de concrétiser les fameuses “Aides spécifiques aux étudiants se destinant aux métiers de l’enseignement”.
Un premier aperçu des coups tordus du jour :

  • Ne pourront bénéficier de ces aides que les étudiants qui s’engagent à passer un concours en 2010 et qui sont inscrits en M2 et qui suivront “une formation permettant de se préparer aux concours de recrutement d’enseignants (dans le cadre du master lui-même ou d’une spécialité ou d’un parcours complémentaire)”. Conséquences :
    • Les étudiants disposant seulement d’une licence et qui, l’année prochaine, par mesure transitoire, pourront passer le CAPES et le CRPE à condition de s’inscrire en M1 ne pourront pas bénéficier de ces aides puisqu’ils ne seront pas inscrits en M2.
    • Tout est prévu pour que les universités soient poussées par leurs propres étudiants à mettre en place des masters, des spécialités ou des parcours de préparations aux concours de recrutement : en d’autres termes, il va falloir ressortir les maquettes pour que les étudiants puissent toucher les aides qu’on leur promet. La concurrence va également jouer à plein, et les étudiants préparant des concours et qui pourraient bénéficier des aides promises vont chercher à s’inscrire dans l’université qui leur permettra d’en remplir toutes les conditions.
  • Pour les aides elles-mêmes, on accumule les limitations :
    • Elles ne peuvent être touchées qu’une seule année : pas de redoublement pour ceux qui ont besoin de cet argent pour payer leurs études
    • Le complément de bourse à critères sociaux ne concerne que les bourses du niveau 0, c’est-à-dire les bénéficiaires les moins démunis, qui jusqu’à maintenant étaient seulement exonérés des droits d’inscription. Ils toucheront désormais la faramineuse somme de 1424 € pour l’année (en neuf versements, et à condition d’être assidus, non mais…) Pour les autres : rien de plus (y compris pour ceux qui touchaient déjà 1424 € par an).
    • On peut également toucher une aide s’il on est excellent (ah… l’excellence…). Dans l’Académie de Paris, par exemple, 1079 étudiants pourront être éligibles. Chaque université se verra attribuer un contingent de bourses (sur quelles bases ?) et devra les distribuer aux “meilleurs étudiants de M1 de l’année précédente”. Questions annexes :
      • Les résultats au M1 ont-ils un rapport avec les chances de réussir un concours ?
      • Faut-il que l’étudiant ait suivi son M1 dans l’université qui verse la bourse ou dans une autre ? Dans ce cas, l’ouverture de la chasse vient d’être déclarée…
      • Comment les UFR vont-elles se répartir ces bourses ? Comme les allocations de recherche ? Au prorata des inscrits ? des réussites aux concours ?
      • Les IUFM pourront-ils disposer de bourses fléchées pour les préparationnaires du CRPE ou tout sera-t-il versé aux universités ?
    • Cette bourse sur critères universitaire ne pourra être touchée que par les étudiants dont la famille a des revenus annuels supérieurs à 60 000 €, ce qui est normal, mais s’échelonne pour les autres entre  1250 € et 2500 €. Traduction : les étudiants dont les familles gagnent moins de 5000 € par mois toucheront une aide comprise entre 138 € et 277 € par mois pendant 9 mois. MacDonald n’a rien à craindre pour son recrutement…

En conclusion : moyennant le versement de clopinettes à quelques étudiants (12 000 bourses sur critères universitaires pour environ 150 000 candidats aux concours), les ministères vont forcer les universités à inscrire tous les candidats en M2 et à créer des masters “enseignement”. Et le plus beau de la manœuvre, c’est que les meilleurs alliés des ministères seront… nos étudiants et notre propre souci de ne pas leur nuire (cf. les examens de cette fin de semestre).

Circulaire ministérielle : AIDESformationenseignant.pdf

NON à la casse de la formation !

vous trouverez ci-dessous l’appel adressé aux conseils des maîtres de Seine-Saint-Denis.

L’assemblée unanime des D.E.A, P.E.M.F et P.I.U.F.M. de Seine-Seine-Denis appelle chaque conseil des maîtres des écoles du département à prendre position contre les mesures du gouvernement qui visent à casser la formation des enseignants et à créer les conditions d’un recrutement d’enseignants non fonctionnaires en adoptant, d’ici à la fin juin ou en septembre, la motion proposée à la fin du texte ci-dessous.

Appel
de l’assemblée des maîtres formateurs, directeurs d’école d’application et professeurs d’I.U.F.M. de la Seine-Saint-Denis aux conseils de maîtres des écoles maternelles et élémentaires du département (et de partout ailleurs en france) :
Opposons-nous à la casse de la formation des enseignants !

Pas de formation initiale avant le concours.
Si les mesures gouvernementales concernant le recrutement et la formation des enseignants étaient mises en œuvre, il faudrait, dès la rentrée 2010, être titulaire d’un master 2 (bac + 5) pour pouvoir se présenter aux concours des 1er et 2ème degrés.
Aux yeux du gouvernement, le cursus universitaire conduisant au master tiendrait lieu de formation initiale. Pourtant, n’importe quel master donnerait accès au concours, même obtenu dans des disciplines non enseignées à l’école, même dépourvu de dimension professionnelle. Ainsi par exemple, un titulaire d’un master de droit constitutionnel pourrait se présenter et réussir le concours. De plus, les « stages » qui seraient proposés dans certains masters ne seraient ni obligatoires ni en nombre suffisant (50 000 prévus en master 2 pour 150 000 candidats) et leur durée pourrait être inférieure à 108 heures.
Ainsi de nombreux candidats aux concours n’auraient jamais effectué le moindre stage dans des classes avant de se présenter aux épreuves.

Disparition de la formation initiale après le concours.
La réforme prévoit de supprimer l’année de formation professionnelle rémunérée qui suit actuellement la réussite au concours (PE2), année au cours de laquelle alternent cours en I.U.F.M. et stages dans les trois cycles de l’école.
A l’avenir, si la réforme était appliquée, les lauréats des concours seraient directement affectés pour l’année dans une classe. Ils en seraient juste soustraits une journée par semaine pour bénéficier d’un « tutorat » qui tiendrait lieu de formation continue dont on ignore s’il serait pris en charge par des P.E.M.F., des M.A.T. ou le collègue de la classe voisine. Ce jour-là, ils seraient remplacés dans leur classe par un ou plusieurs étudiants inscrits en master. Dans des communes de Seine-Saint-Denis où certaines écoles comptent actuellement 30 % de NT1, on peut avoir des inquiétudes quant à la qualité de l’enseignement dispensé et au bon fonctionnement de ces écoles.

Fin de la formation continue sur le temps de travail.
La disparition des PE2, dont les stages dans une classe permettent actuellement au titulaire de suivre un stage de formation continue, conduirait l’administration à programmer les futurs stages durant le temps libre des enseignants, stages qui par conséquent cesseraient d’être rémunérés. De surcroît, avec la fin des I.U.F.M., cette formation continue serait totalement à la charge de l’Inspection académique et des Inspections de circonscription.

Risque de fermeture du centre départemental I.U.F.M. de Livry-Gargan.
La réforme prévue par le gouvernement vise la disparition des I.U.F.M. puisque la pseudo-formation initiale des enseignants et la préparation aux concours passeraient sous l’égide des Universités tandis que la formation continue passerait sous celle des Inspections académiques. Du reste, l’existence des I.U.F.M. n’est évoquée dans aucun projet de décret. Le gouvernement veut ainsi faire disparaître des lieux de formation à l’analyse critique des pratiques d’enseignement dégagés de la tutelle directe de l’employeur. Si dans la plupart des départements de France, les Universités prévoient de localiser des masters « métiers de l’enseignement » et des préparations aux concours dans des sites actuellement I.U.F.M., en Seine-Saint-Denis, le site de Livry-Gargan est jugé trop inaccessible par l’Université intégratrice (Paris 12) et par les Universités du département (Paris 8 et 13). La fermeture du site est à craindre même si les présidents de P 8 et 12 affirment ne pas pouvoir provisoirement se passer de ces locaux. Avec la fermeture du site de Livry-Gargan, disparaîtraient le réseau constitué par les formateurs de toutes catégories (PIUFM, IMF, CPC, IEN, DEA) et l’ensemble des écoles du département ainsi qu’un lieu où se rencontrent des enseignants de toutes générations et en provenance de tout le territoire départemental.

La masterisation permet de remettre en cause l’appartenance des futurs enseignants à la fonction publique d’Etat.
La réforme prévoit de développer des masters « métiers de l’enseignement ». Ce faisant, pour la première fois en France, existeraient sur le marché du travail des personnes titulaires d’un diplôme d’enseignant, indépendamment de la réussite à un concours de recrutement. En cas d’échec au concours, ces personnes (nombreuses compte tenu de la diminution du nombre de postes au concours) constitueraient un vivier dans lequel l’administration pourrait recruter des enseignants non fonctionnaires de statut précaire, moins payés et placés directement sous la coupe d’un chef d’établissement (les directeurs des Etablissements Publics d’Enseignement Primaire) qui les recruterait, les évaluerait et éventuellement mettrait un terme à leur contrat. Le recours aux vacataires qui est encore une exception dans l’Education nationale deviendrait la norme.
Ce nouveau dispositif de recrutement des enseignants concurrencerait le dispositif actuel sur concours et conduiraient à terme à sa  suppression.

La rupture des principes républicains d’égalité et de laïcité.
La dévolution de la « formation initiale » des enseignants aux Universités, y compris aux Universités catholiques dont les grades et diplômes viennent de se voir reconnaître par l’Etat français, mettrait un terme au cadrage national par l’Etat de la formation des enseignants de l’Ecole publique, républicaine et laïque. En effet, dans le cadre de leur autonomie, les Universités ont une totale liberté dans la conception des masters.
A l’heure actuelle, si les cursus universitaires suivis par les candidats du concours sont très divers, l’année de formation professionnelle rémunérée qui suit actuellement la réussite au concours garantit une formation commune, les respects des principes républicains par tous les futurs enseignants, un enseignement comparable sur tout le territoire national et un égal accès des élèves à la connaissance.
A l’inverse, les mesures gouvernementales visent l’éclatement de la fonction publique d’Etat de l’Education et l’abandon des idéaux républicains d’égalité.

On peut légitimement penser que la formation des enseignants doit être améliorée, allongée, mieux adossée à la recherche, reconnue par l’attribution d’un master, que le niveau de qualification et de rémunération des enseignants doit être augmenté …

il n’en demeure pas moins que cette réforme est inacceptable !
C’est pourquoi, les maîtres formateurs, directeurs d’école d’application et professeurs d’I.U.F.M. de la Seine-Saint-Denis réunis le 16 juin 2009 dans le centre départemental I.U.F.M. de Livry-Gargan ont décidé à l’unanimité d’appeler les conseils de maîtres des écoles maternelles et élémentaires du département à exprimer fermement leur opposition aux mesures gouvernementales concernant le recrutement et la formation des enseignants, en adoptant la motion-type ci-dessous.

La liste des conseils de maîtres signataires sera régulièrement mise à jour sur le blog de l’I.U.F.M. en lutte de Livry-Gargan (collectifiufmlivry.blogspot.com) et les motions, adressées au collectif I.U.F.M. en lutte de Livry-Gargan, (I.U.F.M., 45 avenue Jean Zay, 93190 Livry-Gargan), seront adressées à M. Sarkozy, avec copies au ministre de l’Education nationale et à celui de l’enseignement supérieur et de la recherche.

Motion-type :

Le Conseil des maîtres de l’école (maternelle ou élémentaire) ……………………………………………………
située dans la commune de …………………………………………………………………………………………
exprime solennellement son opposition aux mesures gouvernementales dites de « masterisation » concernant le recrutement et la formation des enseignants et son indignation devant la façon dont est géré ce dossier. Le gouvernement a en effet lancé la procédure de promulgation des décrets sans même attendre les conclusions des groupes de travail ni celles de la commission Marois / Filâtre qu’il a pourtant lui-même mis en place.

Il s’associe à la dénonciation de ce passage en force qui a d’ailleurs conduit la Conférence des Présidents d’Université, la Conférence des Directeurs d’IUFM, de lettres (CDUL) et de sciences (CDUS) à refuser dans ces conditions de siéger à la commission Marois-Filâtre.

Comme l’ensemble des collègues engagés dans la mobilisation contre les réformes actuelles, le conseil des maîtres estime que toute refonte des concours et de la formation des enseignants doit être arrêtée à l’issue d’une large concertation et de véritables négociations avec tous les acteurs de la formation des enseignants. Celles-ci supposent un retrait des projets actuels, un réexamen complet du dossier de la formation et du recrutement des enseignants, l’abandon de toute « mesure transitoire » et de toute mise en place insidieuse de la « mastérisation ». C’est pourquoi le conseil des maîtres demande le maintien pour l’année 2010 des recrutements et des formations pré et post-concours des enseignants dans leurs dispositions actuelles.

Le conseil des maîtres tient également à rappeler quelques principes qui sont, selon lui, essentiels pour toute réforme à venir des concours de recrutement des enseignants du premier et du second degré :
- le recrutement de tous les enseignants doit se faire par concours nationaux avec un programme national, des épreuves nationales et des jurys constitués comme c’est le cas actuellement d’enseignants du primaire et du secondaire, d’enseignants et d’enseignants chercheurs des IUFM et de membres des corps d’inspection.
-          les lauréats doivent avoir le statut de fonctionnaires stagiaires (de la fonction publique d’État) et pour leur assurer une véritable formation pédagogique et professionnelle, l’année de stage rémunérée de formation en alternance avec un service significativement réduit doit être maintenue. En effet, ni les « stages » facultatifs et en nombre insuffisant prévus pendant les deux années des « masters enseignement », ni le tiers de décharge pour « tutorat » lors de l’année post-concours ne compensent les effets néfastes de la suppression de l’année de formation professionnelle rémunérée qui suit actuellement la réussite du concours.

Fait à …………… , le …………                   Le Conseil des maîtres de l’école …………………………………………..

Intercatégoriel: soutien à Erwan Redon, désobéisseur dans le primaire

Erwan Redon, professeur des écoles désobéissant, qui a refusé notamment le fichage de ses élèves, l’application des nouveaux programmes, s’est impliqué dans les luttes pour les sans papiers etc, subit la répression de l’administration. Après les retenues sur salaire, la suspension d’avancement, il passe en commission disciplinaire le 7 juillet. Un appel à la grève est lancé pour le 23 juin, par le collectif de soutien et de nombreuses organisations synidcales.
Pour plus d’info, www.soutienerwanredon.org, mobilisons nous avec nos camarades du primaire!

Appel du 18 Juin : école en danger

COMMUNIQUE DE PRESSE

APPEL DU 18 JUIN 2009 // COORDINATION NATIONALE ECOLE EN DANGER
Depuis de nombreux mois, des collectifs de parents et de salariés de l’éducation se mobilisent dans une cinquantaine de départements pour lutter contre les réformes Darcos et Pécresse. Quatre journées nationales d’action  ont notamment été organisées par Ecole en Danger (10 mars, 2 avril, 17 mai et 26 mai).
Le gouvernement, persistant à nier l’ampleur et la spécificité du mouvement de contestation, compte sur le mépris, la désinformation et la répression pour faire passer dès septembre 2009 un certain nombre de ses réformes.
La Coordination Nationale Ecole en Danger, réunie le 13 juin 2009 à Toulouse (31) pour sa 5° AG nationale,  appelle tous ceux qui souhaitent défendre un service public d’éducation de qualité pour tous à :
Ø      soutenir toute forme d’opposition au passage des évaluations CE1 et à la remontée des résultats ;
Ø      soutenir les enseignants sanctionnés et notamment Erwan REDON, enseignant désobéisseur des Bouches-du-Rhône menacé de licenciement  (grève dans certains départements le 23 juin, rassemblement national à Marseille le 7 juillet) http://www.soutienerwanredon.org/ ;
Ø      organiser toutes les actions permettant d’assurer la visibilité des collectifs Ecole en Danger cet été (logo Ecole en Danger dans les voitures ; Gilets jaunes avec logos sur le parcours du Tour de France ; distribution de tracts dans les festivals…)
Ø      organiser une opération gilets jaunes dès le jour de la rentrée (2 ou 3 septembre) afin d’alerter l’opinion publique sur la dangerosité des réformes mises en place (avec lancement d’une pétition nationale Ecole en Danger).

La prochaine assemblée générale nationale Ecole en Danger aura lieu fin septembre (date et lieu à préciser).

www.agnationale.org

Adresse du 17 juin sur la masterisation des concours

Adresse du 17 juin 2009 // Mastérisation des concours
Les associations de langues, littératures et civilisations étrangères signataires de cette adresse  avaient demandé à participer aux travaux de la Commission Marois-Filâtre. Elles devaient être auditionnées ce jour, mercredi 17 juin, à 10h. Suite à la décision de la Conférence des  Présidents d’Universités (CPU) de suspendre sa participation à cette Commission, ce rendez-vous est reporté sine die.
Nous comprenons parfaitement les raisons qui ont conduit la CPU à prendre cette décision. Dès lors que le Ministère de l’Education Nationale refuse de revenir sur les dispositions des décrets relatifs au recrutement des enseignants, les consultations auxquelles devait procéder la Commission Marois-Fîlatre n’ont plus d’objet. Cette Commission avait le mérite d’offrir un cadre à la concertation entre les Ministères de l’Education Nationale et de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche et les différents acteurs concernés.

Nous réaffirmons solennellement les principes suivants :
• La réforme de la formation et des concours de recrutement des enseignants est une question décisive pour l’avenir de notre pays. Elle ne peut faire l’économie d’une véritable réflexion et d’une concertation réelle, notamment avec les universitaires.
• La formation et le recrutement d’un enseignant comporte trois volets (formation dans la discipline, préparation du concours, formation professionnelle) dont le nécessaire équilibre est rompu par ce projet.
• Il est impératif de concevoir une articulation Master/ Concours/Formation professionnelle qui ne revienne pas à sacrifier la qualité de la formation universitaire.
• Dans nos disciplines, le recrutement des enseignants doit avoir lieu sur la base d’un programme scientifique défini au niveau national.
• La possibilité pour les étudiants spécialistes de langues vivantes de compléter leur formation grâce à un séjour de longue durée à l’étranger doit être préservée. Ces exigences – nullement exclusives d’autres sujets touchant à la formation professionnelle,
au financement des études, au statut des enseignants – ne sont toujours pas prises en compte dans l’élaboration des projets actuels.

Les associations de langues, littératures et civilisations étrangères expriment une nouvelle fois leur volonté d’être associées à une concertation sérieuse, préalable à toute réforme viable.

  • Geneviève CHAMPEAU, Société des Hispanistes Français (SHF)
  • Philippe COMTE, Association Française des Russisants (AFR)
  • Françoise LARTILLOT, Association des Germanistes de l’Enseignement Supérieur (AGES)
  • Christophe MILESCHI, Société des Italianistes de l’Enseignement Supérieur (SIES)
  • Jacques POTHIER, Association Française d’Études Américaines (AFEA)
  • Michel VIEILLARD-BARON, Société Française des Etudes Japonaises (SFEJ)
  • Jean VIVIES, Société des Anglicistes de l’Enseignement Supérieur (SAES)

Lycéens et étudiants allemands entament une grève nationale

Lycéens et étudiants allemands entament une grève nationale
http://www.rtbf.be/info/lyceens-et-etudiants-allemands-entament-une-greve-nationale-117168

15.06.09 – 12:20 (Belga) Des lycéens et étudiants de plus de 60 villes allemandes ont entamé lundi une “grève de l’éducation” de cinq jours pour attirer l’attention sur les “failles” du système éducatif allemand.
Lundi matin, les jeunes grévistes ont commencé à bloquer des amphithéâtres dans les universités de Berlin, Heidelberg, Bochum, Wuppertal et Hambourg, a indiqué le comité d’organisation du mouvement.
Des manifestations, des blocus de lycées et d’universités et des discussions hors les murs sont prévues tout au long de la semaine. Le point d’orgue de la grève est prévu mercredi, avec des manifestations dans 80 villes dans toute l’Allemagne. Les organisateurs attendent entre 150.000 et 200.000 participants. La grève vise notamment à protester contre la hausse prévue des frais universitaires et la réduction d’un an du cursus d’études dans le secondaire. Les étudiants ont notamment reçu le soutien de la fédération des syndicats allemands.
(GFR)

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