Dany Cohn-Bendit rencontre les porte-parole de la Coordination

"Sauver l’université, vite."

Tribune de Ségolène Royal dans Libération.

A lire en ligne : http://www.liberation.fr/societe/0101559963-sauver-l-universite-vite

Extraits :

  • "Oui, le besoin de réformes est d’autant plus grand que des études récentes, notamment celle réalisée par Philippe Aghion pour l’institut Bruegel, confirment le lien entre enseignement supérieur et recherche d’un côté, croissance et innovation de l’autre. Tout montre que trois conditions sont nécessaires pour assurer de bonnes performances universitaires : des moyens financiers adéquats ; une gouvernance conçue autour d’universités autonomes et disposant de la liberté de choisir leurs enseignants ; un système de bourses pour encourager les meilleurs projets. Ce diagnostic est aujourd’hui largement partagé. Enseignants-chercheurs, professeurs et maîtres de conférences, étudiants et parents, personnel administratif des universités : tous sont lucides sur les forces et les carences de notre système supérieur, tous aspirent à des réformes justes et nécessaires. Mais ils attendent pour cela de l’impartialité dans les diagnostics, du respect dans le dialogue, de la justice dans les décisions. Par-dessus tout, ils souhaitent que le savoir et la recherche soient reconnus comme des biens publics, dégagés des contraintes du monde de l’entreprise."
  • "Transformer l’enseignement en punition pour chercheurs jugés peu productifs et compenser ainsi la diminution des effectifs, il fallait y penser ! Le mépris pour la transmission du savoir, les contrevérités sur l’absence d’évaluation, tout indique la volonté de mettre au pas un monde où se forgent encore des esprits libres. Le coup de grâce donné aux IUFM, dont nul ne contestait la nécessaire évolution, en est le signe : derrière l’économie budgétaire, c’est un apprentissage fondamental que l’on supprime, comme si un master suffisait à former un professeur."
  • "Combiner une augmentation des moyens, une autonomie véritable et un système d’évaluation collective. Pour nous hisser au niveau des pays scandinaves, une hausse d’environ 0,7 % des dépenses en faveur du supérieur est indispensable. Elle seule permettra d’améliorer le taux d’encadrement et donc la réussite des étudiants, deux sur trois échouant aujourd’hui en premier cycle. Il faut ensuite octroyer une véritable autonomie aux universités, sans oublier les contre-pouvoirs nécessaires pour évaluer et nommer les présidents. Enfin, un système d’évaluation collective des performances universitaires pourrait être créé, comme c’est le cas en Suède. Au terme d’un processus d’évaluation par les pairs, seraient alors récompensées les bonnes performances de recherche des départements, la qualité des enseignements et l’employabilité des étudiants formés."

Lettre ouverte des parlementaires européens à N. Sarkozy et V. Pécresse.

Lettre ouverte
A
Monsieur Nicolas SARZOZY, Président de la République
Madame Valérie PECRESSE, Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche

Des dizaines de milliers de personnes, étudiants et personnels de l’enseignement supérieur et de la recherche, ont défilé dans toutes les villes universitaires de France les 10 et 19 février derniers pour s’opposer à la destruction de leurs institutions, de leurs statuts et de leurs conditions de travail ou d’étude. Cette mobilisation se poursuit aujourd’hui. Le rejet de la politique conduite sous votre responsabilité en ce domaine est massif, sans précédent.
Il touche l’ensemble des projets de votre gouvernement en matière d’enseignement supérieur et de recherche : démantèlement du CNRS et des EPST, réforme des statuts des enseignants-chercheurs, associée à une réduction drastique de l’emploi statutaire, mastérisation de la formation des enseignants du premier et du second degré, etc. Ces réformes sont menées au pas de charge, au mépris des avis et mises en garde émis par la communauté scientifique, et au terme d’une concertation factice sous l’égide de commissions ad hoc sans légitimité.
La provocation que constitue le discours du 22 janvier est l’illustration caricaturale d’une volonté, à l’œuvre depuis plusieurs mois, de démantèlement de l’intégralité des institutions qui organisent en France la production et la diffusion du savoir scientifique et de pilotage de la recherche et de l’enseignement supérieur au service d’intérêts contraires à l’intérêt général.
Confrontés à cette dérive, indignés par le mépris affiché à l’égard de l’ensemble de la communauté scientifique et profondément préoccupés par l’avenir de la recherche en France,
Nous, Parlementaires socialistes européens :
– Partageons l’émotion des personnels de la recherche et de l’enseignement supérieur, blessés et scandalisés par les propos tenus dans votre discours du 22 janvier 2009. Fondé sur une vision inexacte et méprisante de la recherche française, il en donne une image déformée et dévalorisante et ne peut que conduire au découragement de ses personnels et à la dégradation de l’image de la recherche française à l’étranger.
– Rejetons un projet fondé sur un diagnostic mensonger selon lequel la France serait à la traîne en matière de recherche et d’enseignement supérieur, en dépit des moyens considérables qui leur seraient consacrés. La recherche française est reconnue internationalement et largement primée. Elle tient le 6ème rang mondial alors que son budget par rapport au PIB est lui au 26ème.
– Sommes profondément attachés aux missions essentielles du CNRS : faire progresser le champ des connaissances dans toutes les disciplines, valoriser et diffuser les avancées scientifiques et techniques, contribuer à la formation par la recherche. Le CNRS s’acquitte de ces missions avec compétence et efficacité, et constitue l’un des centres de recherche les plus réputés au niveau international. Il est le premier opérateur de recherche à l’échelle européenne. A l’issue du premier appel lancé par le Conseil européen de la recherche, le CNRS s’est placé dans le peloton de tête européen. Sur les 300 subventions accordées pour financer de jeunes équipes de recherche de pointe, 29 l’ont été à des équipes du CNRS.
– Nous élevons contre la transformation du CNRS et des organismes de recherche en agences de moyens, qui scellerait la fin d’un système de recherche qui a offert au pays une bonne partie de ses succès industriels. Nous partageons à cet égard la mise en garde exprimée par Albert Fert, physicien, prix Nobel 2007, sur le "risque d’éclatement pur et simple de l’organisme qui sonnerait le glas d’une vision nationale pluridisciplinaire de la science française." (Lettre ouverte cosignée avec Bruno Chaudret, Yves Laszlo et Denis Mazeaud,)
– Soulignons que les chercheurs et enseignants chercheurs ne sont en rien "hostiles à toute forme d’évaluation", mais au contraire l’objet d’une évaluation permanente : par leurs communications, par les demandes de contrats de recherche nationaux ou internationaux, par le Conseil National des Universités, par le Comité National de la Recherche Scientifique et par l’AERES dont les membres sont issus de l’ensemble de la communauté scientifique française. Cette évaluation par les pairs de façon collégiale est pratiquée dans tous les pays ayant une recherche de dimension internationale. Nous mettons en garde contre la tentation technocratique et dangereuse de réduire l’évaluation des performances à quelques indicateurs.
– Rappelons que s’il est légitime que la puissance publique dégage des grands thèmes de recherche utiles à la Nation, la définition de priorités par les scientifiques eux-mêmes est une condition indispensable à l’activité scientifique. Ce concept d’« indépendance académique » est reconnu dans toutes les grandes nations scientifiques, en particulier au Royaume Uni et aux USA, souvent cités en modèle.
– Avons la conviction que les prix et récompenses prestigieuses attribuées à nos chercheurs ne sont pas "l’arbre qui cache la forêt", mais bien au contraire le résultat du travail quotidien et à long terme de l’ensemble des acteurs de la recherche : les chercheurs, enseignants-chercheurs, doctorants ou post-doctorants mais aussi tout particulièrement les ingénieurs, techniciens et administratifs qui jouent un rôle essentiel dans l’élaboration, la mise en place et l’exploitation de projets qui permettent d’y aboutir.
Demandons
► L’annulation du décret modifiant le statut d’enseignant chercheur, de la réforme de la formation et des concours de recrutement des enseignants du premier et du second degré.
► L’arrêt de la transformation du CNRS en agence de moyens et des autres réformes en cours concernant la recherche et l’enseignement supérieur.
► La mise en place d’un débat et d’une négociation sur la base des instances existantes (comité national, CNU, conseils universitaires et conseils d’organismes, syndicats, etc.) avec un calendrier suffisant pour permettre de véritables discussions.
► Un budget à la hauteur des enjeux : Sur les 1.8 milliards/an annoncés, l’essentiel est consacré à la recherche privée tandis que celui du secteur public diminue en euros constants : 0.6% du PIB alors que nos voisins sont à environ 1%.

Plaidons pour une ambition revue à la hausse dans le cadre de la révision de la Stratégie de Lisbonne en 2010, pour faire de l’UE une société de la connaissance, autour du triangle éducation/recherche/innovation.

Nous devons atteindre et dépasser les objectifs fixés pour 2010 en matière de recherche et de développement, autour des orientations suivantes :
► L’ambition d’une Europe de l’excellence, dans le cadre de nos universités et de nos systèmes d’enseignement supérieur, avec une plus grande coopération et émulation entre les Universités et la recherche publique et privée, dans le but d’augmenter le nombre de centres d’excellence dans la recherche.
► L’espace européen de la recherche (EER) définit la voie européenne vers l’excellence dans la recherche et est un moteur essentiel de la compétitivité européenne à l’ère de la mondialisation.
► Un investissement à hauteur de 3% du PIB (1% pour les dépenses publiques, 2% pour le privé), avec des objectifs quantifiés d’augmentation des fonds publics et privés, un calendrier précis et un engagement de chaque Etat membre à rendre compte, chaque année, des mesures prises et planifiées pour atteindre ces objectifs.
► Dans le cadre de cette augmentation des moyens, 700 000 chercheurs supplémentaires doivent être recrutés en Europe, en rendant les carrières scientifiques plus attractives pour les jeunes européens.
► Le renforcement de la contribution de la R&D à l’objectif central de Lisbonne, avec une attention particulière aux technologies propres, aux nanotechnologies, aux sciences de la vie et biotechnologies.
► Un espace européen de l’innovation, avec un accent particulier sur le développement et la diffusion des éco-innovations, renforçant le leadership européen dans les éco-industries.
► L’Institut européen de technologie (IET) lancé en 2009 doit dynamiser le potentiel d’innovation européen en multipliant les synergies entre la recherche et le monde des entreprises.
► L’introduction du brevet communautaire.

Signataires
Les Parlementaires de la délégation socialiste française au Parlement européen :
Kader ARIF, Pervenche BERES, Catherine BOURSIER, Guy BONO, Marie-Arlette CARLOTTI, Françoise CASTEX, Jean-Paul DENANOT, Harlem DESIR, Brigitte DOUAY, Anne FERREIRA, Catherine GUY-QUINT, Roselyne LEFRANCOIS, Catherine NERIS, Bernard POIGNANT, Pierre PRIBETICH, Martine ROURE, Gilles SAVARY, Pierre SCHAPIRA, Michel TEYCHENNE, Catherine TRAUTMANN, Yannick VAUGRENARD, Bernadette VERGNAUD, Henri WEBER
Les Parlementaires du groupe socialiste européen engagé(e)s sur les enjeux de la recherche :
Philippe BUSQUIN, ancien Commissaire européen pour la recherche, Pia LOCATELLI, Teresa RIERA MADURELL.

Strasbourg, le 25 mars 2009.

Questions d’actualité au Sénat

Si certains d’entre vous en ont le temps et le courage, je leur conseille la lecture du débat qui a eu lieu hier au Sénat sur
l’université (http://www.senat.fr/cra/s20090319/s20090319_1.html#par_15
Voir aussi la vidéo des questions d’actualité :
http://videos.senat.fr/video/videos/2009/video1328.html). Si certains se demandent à quoi sert notre combat, ils verront le retentissement qu’il peut avoir dans ce genre d’instance. En particulier, on y lit assez clairement le désarroi qui commence à se faire jour dans la majorité. En revanche, Pécresse ne varie pas d’un pouce. Un sénateur s’est même énervé en lui demandant à quoi servait ce débat si c’était pour l’entendre répéter les arguments qu’on peut lire dans les journaux.
Après la manifestation d’hier, elle se défend de plus en plus dos au mur.

Question sur la LRU au sénat le … 19 Mars.

Libertés et responsabilités des universités

QUESTION ORALE AVEC DEBAT LE JEUDI 19 MARS 2009

M. David ASSOULINE (Soc – Paris) interrogera Mme la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche sur l’application de la loi n° 2007-1199 du 10 août 2007 relative aux libertés et responsabilités des universités le jeudi 19 mars 2009 à 9h30 au Sénat en séance publique.

M. David Assouline demande à Madame la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche de lui indiquer l’état d’application de la loi n° 2007-1199 du 10 août 2007 relative aux libertés et responsabilités des universités dont le dispositif encadre l’ensemble des réformes actuellement contestées par tous les acteurs de l’enseignement supérieur. Depuis plusieurs semaines, l’inquiétude de toute la communauté universitaire, des enseignants-chercheurs aux étudiants, en passant par de nombreux présidents d’établissements, s’exprime dans la rue et dans les médias. Leurs protestations s’amplifiant ont donné lieu à de nombreuses manifestations, partout en France où, tous unis, ils s’élèvent contre les réformes gouvernementales modifiant le statut des enseignants-chercheurs, instaurant la nouvelle organisation des instituts universitaires de technologie (IUT), réformant la formation des enseignants et dénoncent, de façon générale, les conditions de travail et d’études à l’université et la réalité des moyens financiers annoncés par le Gouvernement.

L’ensemble des groupes politiques s’exprimera au cours du débat qui suivra.
Vous pourrez suivre les débats en direct sur le site du Sénat : http://www.senat.fr/direct/index.html à partir de 9h30.

Facs payantes : 92 députés contre le principe de la gratuité dans les universités.

Dans l’exposé des motifs d’une récente proposition de loi sur les prêts aux étudiants, 92 députés affirment qu’un système universitaire payant est nécessaire. Voir ci-dessous pour une brève présentation.
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Dans l’exposé des motifs d’une proposition de loi, plus de 90 députés UMP mettent en cause le principe de gratuité de l’enseignement supérieur public en France et prônent la mise en place d’un système payant calqué sur le modèle libéral
anglo-saxon.
Pour que les universités et les grandes écoles publiques françaises puissent devenir payantes, il faut au préalable mettre
en place un système permettant réellement aux étudiants de s’endetter massivement. Telle est la philosophie des 92 députés UMP signataires de la proposition de loi déposée le 21 janvier 2009 (et rendue publique le 20 février) "relative à la création du prêt étudiant garanti par l’Etat et à remboursement différé et conditionnel".
Accordés par les banques, les prêts seraient garantis par l’Etat. Leur remboursement débuterait à l’entrée de la vie active et pourrait être modulé en fonction du niveau de rémunération atteint par l’emprunteur au cours de sa vie professionnelle.

Selon l’exposé des motifs : "Le système universitaire français est actuellement fondé sur la gratuité de l’enseignement supérieur et le versement d’allocations de bourse en faveur des étudiants issus de milieux modestes. Force est toutefois de constater que ce sont les enfants issus de milieux favorisés qui profitent du système public d’enseignement supérieur financé par la collectivité".
Dans un raisonnement spécieux, les députés font le lien entre gratuité et inégalité. Cette affirmation, pour le moins péremptoire, vise à accréditer l’idée que la gratuité de l’enseignement supérieur est injuste et immorale et à saper ainsi la légitimité du modèle républicain.

Toujours dans l’exposé des motifs, les députés du parti majoritaire n’hésitent pas ensuite à se prévaloir de leur propre turpitude, en rappelant à dessein la faiblesse des aides et surtout la baisse des dépenses de l’Etat par étudiant, pour mieux
prétendre en déduire la nécessité d’un financement complémentaire par ces mêmes étudiants, autrement dit la nécessité d’un système payant :
" La situation est aujourd’hui devenue préoccupante en France : notre pays dépense deux fois moins en aides pour les étudiants que l’Allemagne et la Belgique et huit fois moins que le Danemark ou la Norvège. Par ailleurs, la dépense par étudiant est passée de 5 414 euros en 2001 à 5 268 euros en 2005, ce qui prouve la nécessité de prévoir des formes complémentaires de financement de l’enseignement supérieur."

S’inspirant "d’un dispositif existant en Australie depuis 1988, en Nouvelle-Zélande depuis 1992 et au Royaume-Uni depuis 2004", cette perspective d’un système payant avec prêts à remboursement conditionnel sur le modèle anglo-saxon, dessinée
par les 92 députés de l’UMP, est d’autant plus grave qu’elle émane d’une partie de la représentation nationale. Elle est totalement inacceptable et doit être dès à présent combattue. Il convient d’en informer les citoyens et en particulier les étudiants.

De lecture très rapide, la proposition de loi, avec l’exposé des motifs, se trouve en document joint.
(http://www.assemblee-nationale.fr/13/pdf/propositions/pion1391.pdf)

Quelques compléments (à laisser de côté en première lecture):
Dans l’exposé des motifs, tous les éléments pseudo-techniques avancés par les députés sur les aides ou la dépense par étudiant sont tirés, en une manière de "copier-coller",  d’une seule et même étude publiée en octobre 2008 par l’Edhec (Ecole de commerce payante située à Lille). Cette étude de l’Edhec (1) milite ouvertement pour un système universitaire payant,
avec prêt à remboursement conditionnel, tout en rappelant que cette dernière idée a été formulée il y a 50 ans par Friedman. Décédé en 2006, Milton Friedman est l’ancien chef de file de l’Ecole dite de Chicago qui regroupe la frange la plus extrémiste des économistes ultra-libéraux.
L’exposé des motifs précise : "La présente proposition de loi s’inspire d’un dispositif existant en Australie depuis 1988, en Nouvelle-Zélande depuis 1992 et au Royaume-Uni depuis 2004". On notera que ces trois pays anglo-saxons ont mis
parallèlement en place un système payant pour leur enseignement supérieur public. Du reste, si l’on s’en réfère précisément à l’étude de l’Edhec plébiscitée par les 92 députés UMP: " le système mis en place en 1989 [en Australie] en remplacement d’un
système de gratuité (…) demandait [aux étudiants] une même contribution d’environ 25% du coût moyen d’une année
d’enseignement" (p. 27); "En 2008, les contributions annuelles supportées par l’étudiant [australien] selon les domaines
d’enseignement varient de 4000 à 8500 AUS$" (p. 28).
Selon la conception libérale anglo-saxonne, les études supérieures doivent être considérées avant tout comme un investissement financier individuel, qui, comme tout autre investissement, doit se voir financer soit par un apport individuel ou familial, soit par l’emprunt. D’où la nécessité d’un système permettant un endettement à très large échelle.
Cette opposition entre, d’un côté, le modèle français et républicain, et, de l’autre, le modèle libéral et anglo-saxon, est probablement l’une des clefs qui permet de rendre compte de l’ampleur de la mobilisation actuelle dans les universités en France. Nombreux sont ceux qui perçoivent, quelquefois confusément, le plus souvent clairement, que les réformes actuelles  -
"mastérisation", statut des E-C, contrat doctoral et autres "LRU" – tendent à nous rabattre sur le modèle anglo-saxon, modèle qui trouve certes de très nombreux adversaires à gauche, mais aussi à droite.
(1) : http://professoral.edhec.com/jsp/fiche_document.jsp?CODE=1224582486388&LANGUE=0&RH=prof3-3

Exclu !! : Propositions de la Mission sur les enseignants chercheurs de Daniel Fasquelle

Propositions de la Mission pour réécrire le décret sur le statut des enseignants-chercheurs, conduite par Daniel FASQUELLE, Benoist APPARU et Claude GOASGUEN remises à Claire BAZY-MALAURIE, Médiatrice, le 18 février 2009

<Edit> Les propositions sont en ligne sur le site mis en place par le groupe parlementaire UMP : http://enseignants-chercheurs.fr/site/propositions.php </Edit>

Propositions de la mission animée par Daniel FASQUELLE, Benoist APPARU et Claude GOASGUEN
1. Principes généraux qui doivent conduire à la réécriture du décret :
1/ Comme la Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Valérie PÉCRESSE, le Groupe UMP de l’Assemblée nationale souhaite que le statut des enseignants-chercheurs soit actualisé et modernisé.
2/ Cette modernisation du statut des enseignants-chercheurs doit s’inscrire dans le cadre de l’autonomie des universités voulue par le législateur. Elle doit :
–          tenir compte des principes de liberté et d’indépendance des universitaires et d’organisation par discipline ;
–          combiner au mieux gestion nationale et gestion locale des carrières.
3/ Conformément à ce qu’ont exprimé le Président de la République et la Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, le Groupe UMP demande à ce que de nouvelles pistes soient explorées au plus vite.
4/ Le Groupe UMP souhaite que la Médiatrice tienne le plus grand compte des propositions qu’il lui adresse et demande qu’elles inspirent la réécriture du décret.

2. Propositions du Groupe UMP pour la réécriture du décret :
1/ Evaluation
Comme le souhaite la Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, il faut, à l’avenir, organiser l’évaluation pour chaque enseignant-chercheur, à intervalles réguliers, sur une durée significative de 4 ans. Cette évaluation ne pourra se faire qu’au plan national et dans le cadre de chaque discipline. Le groupe UMP souhaite que plusieurs précisions soient apportées à ce sujet :
–          il est indispensable de lier la mise en œuvre du décret en ce qui concerne l’évaluation des enseignants-chercheurs à l’entrée en vigueur du décret sur le nouveau CNU (Conseil national des universités) ; ce faisant, l’article 41 du décret qui prévoyait un régime transitoire, source de confusions, devrait être abandonné ;
–          l’évaluation des enseignants-chercheurs est le fait du CNU et non de l’AERES (Agence d’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur). Elle se fait dans le cadre des sections compétentes et selon des critères définis à l’avance par chaque section en prenant en compte l’ensemble des activités de l’enseignant-chercheur ;
–          l’évaluation de la recherche des universitaires  ne peut se faire de manière quantitative, seule une évaluation qualitative est acceptable ;
–          il sera tenu compte de l’évaluation individuelle pour l’attribution des primes de recherche ainsi que dans le cadre de l’élaboration des contrats d’établissement.

2/ Promotions
A côté des promotions locales, il est proposé de conserver une partie au moins des promotions au plan national selon un pourcentage à définir.
–          les promotions au plan local et au plan national devront être encadrées pour éviter les abus (règles à définir dans le projet de décret, par exemple, il sera utile de préciser l’intervention du conseil scientifique au plan local ainsi que l’intervention d’un rapporteur membre de la même discipline) ;
–          au plan national, les promotions seront ventilées équitablement entre les différentes disciplines. Ce même objectif devra être poursuivi au plan local.

3/ Modulation et organisation des services
Le décret définira un service national de référence afin d’assurer une cohérence indispensable au sein de l’université française et de garantir les droits des enseignants-chercheurs.
–          le service national de référence précise les heures d’enseignement (128h de cours magistraux soit 192h équivalent TD). Il sert de base au paiement des heures complémentaires.  Il comprend également, pour chaque enseignant-chercheur, un temps significatif réservé aux activités de recherche.
–          chaque enseignant ne peut se voir imposer plus que ce service de base :
o        s’il accepte des cours en plus, il doit être rémunéré pour ces cours ;
o        s’il mène des activités de recherche particulièrement soutenues, elles doivent être reconnues notamment par l’attribution d’une prime ;
o        s’il assure des responsabilités administratives particulières, elles doivent être rémunérées ou il faut en tenir compte dans le cadre des décharges de service. Afin d’éviter les abus, des règles nationales pourront préciser les charges administratives donnant lieu à des décharges.
–          ce faisant, la modulation entre les différentes activités de l’enseignant chercheur est conçue pour valoriser et organiser son travail et ses activités au sein de l’université. Elle doit permettre de prendre en compte l’ensemble des tâches qui lui sont confiées. Elle ne doit en aucun cas être considérée comme une sanction.
–          chaque enseignant-chercheur doit assurer en tout état de cause un minimum de cours (68h de cours magistraux soit 96h équivalent TD).
–          le service est élaboré à partir des voeux de l’enseignant-chercheur tout en tenant compte des besoins de l’université. Il est arrêté par le président de l’université après avis du conseil d’UFR ou du laboratoire dont l’enseignant-chercheur dépend.

Telle est la contribution que nous remettons à la Médiatrice, Claire BAZY-MALAURIE, avec le souci de réaffirmer à la fois les principes d’autonomie des universités et d’indépendance des enseignants chercheurs.

  • Daniel FASQUELLE, Député du Pas de Calais
  • Benoist APPARU, Député de la Marne
  • Claude GOASGUEN, Député de Paris
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