Communiqué de presse de la 2nde réunion de la coordination nationale des laboratoires en lutte

Mardi 7 avril, s’est réunie à Orsay la deuxième coordination nationale des laboratoires en lutte . 210 représentants des laboratoires de différentes régions ont affirmé leur détermination à combattre la politique de destruction du service public de recherche et d’enseignement supérieur que le gouvernement met en place depuis plusieurs années, notamment dans le cadre de la LRU et du pacte de la recherche

Apres un débat passionné, ils ont rappelé qu’ils continuent à exiger :

  • la restitution des emplois supprimés – y compris pour les chaires -, la définition d’un plan pluriannuel de créations d’emplois,
  • l’arrêt du démantèlement des organismes de recherche
  • le retrait du projet de décret sur le statut des enseignants-chercheurs et du projet de contrat doctoral,
  • le retrait de l’actuel projet de réforme de la formation des enseignants et des concours, et l’ouverture de négociations pour une tout autre réforme

Ils appellent à des actions fortes et diversifiées pour la défense de l’emploi scientifique et la pérennité des organismes de recherche. Ils affirment qu’en plus de restitution des 130 postes liés à la mise en place des chaires d’excellence ; le gouvernement doit d’une part

  • restituer a minima les 900 postes supprimés dans le cadre du budget 2009 et mettre en place un plan pluriannuel de création d’emplois. Il faut en finir avec la précarité et offrir des emplois statutaires aux jeunes scientifiques
  • affirmer de façon claire le maintien des EPST dans leur rôle d’opérateur de recherche

Orsay le 7 avril


Motions votées lors de la seconde réunion de la coordination nationale des laboratoires en lutte

Motion d’orientation générale 1

La Coordination Nationale des Labos en Lutte, réunie à Orsay le 7 Avril 2009, rappelle qu’elle continue à porter les 4 points unitaires suivants :

  • la restitution des emplois supprimés, la définition d’un plan pluriannuel de créations d’emplois,
  • l’arrêt du démantèlement des organismes de recherche
  • le retrait du projet de décret sur le statut des enseignants-chercheurs et du projet de contrat doctoral,
  • le retrait de l’actuel projet de réforme de la formation des enseignants et des concours, et l’ouverture de négociations pour une tout autre réforme

Motion d’orientation générale 2

La Coordination Nationale des Labos en Lutte appelle les syndicats avec SLR, SLU à ne pas se rendre aux réunions de travail du ministère, si les 2 préalables : sur l’emploi et l’arrêt du démantèlement des organismes de recherche ne sont pas satisfaits et à exiger que les 8 points ci-dessous soient systématiquement portés à l’ordre du jour des rencontres avec le ministère.

Elle appelle à des actions fortes sur l’emploi et le refus du démantèlement des EPST des le début du mois de mai.

1.Mise en place d’un plan pluriannuel de création d’emplois statutaires, notamment pour résorber la précarité. Suppression des chaires. Restitution des 1030 emplois supprimés en 2009.

2.Retrait du projet de décret sur les enseignants chercheurs et du projet de décret sur le contrat doctoral

3.Retrait du projet de réforme actuelle de formation des enseignants et des concours de recrutement

4.Arrêt du démantèlement des organismes et réouverture des discussions sur les contrats Etat-Organismes. L’Etat doit s’engager sur les moyens nécessaires, notamment les postes et les crédits de base, pour chaque contrat. C’est notamment le cas pour le projet actuel de contrat Etat-CNRS. Le contrat Etat-CEMAGREF doit être revu. L’Inserm ne doit pas se transformer en en agence de financement mais rester un EPST de plein exercice. Le projet de consortium de l’agroalimentaire doit être abandonné et retiré de l’ordre du jour du prochain CA de l’INRA.

5.Arrêt du processus de « déUMRisation ». Statut unique des UMR dans le cadre d’un partenariat équilibré entre leurs tutelles scientifiques. Les organismes et les universités doivent être co-opérateurs de recherche pour les unités auxquelles participent leurs personnels. Les UMR doivent être libres de choisir leurs gestionnaires.

6.Evaluation des unités de recherche par les instances scientifiques représentatives existantes (Comité national, etc.) comme le permet la loi.

7.Reversement aux organismes et aux universités au profit du soutien de base des laboratoires et pour la transformation des emplois sur CDD en postes statutaires des financements de l’ANR

8.Un engagement à reprendre les discussions sur la revalorisation des salaires et des carrières, sur des bases indiciaires et statutaires mais non indemnitaires.

Motion pour les occupants

La Coordination Nationale des Labos en Lutte soutient les actions d’occupation des présidences d’université ou de sièges d’organismes de recherche qui ont été menées et appelle à poursuivre ce genre d’actions tant que le gouvernement n’apportera pas de réponses satisfaisantes à ses revendications.

Motion sur les violences

La Coordination Nationale des Labos en Lutte, réunie à Orsay le 7 Avril 2009, constate avec indignation que les mouvements contre le démantèlement des services publics d’éducation et de recherche se heurtent à des interventions des forces de police dont le caractère parait pour le moins disproportionné. Elle tient à souligner la responsabilité du gouvernement dans l’emploi de ces procédés. Plus globalement, la coordination exprime sa profonde inquiétude devant la dégradation sans précédent de la situation en France sur le plan du respect des droits de l’homme, récemment constatée par les instances de l’ONU et du Conseil de l’Europe .


Propositions d’action adoptées

ACTIONS INTERNATIONALES
Remerciements en fin d’article (tous la même) proposition : « nous ne remercions pas notre ministère de tutelle pour son action contre le système de recherche publique et d’enseignement supérieur » Modifier sa signature email pour qu’apparaisse un texte contestataire (avec lien vers pétition internationale) Ajouter à la signature des articles l’affiliation « université en lutte » qui pourrait ainsi devenir l’Université française la plus visible de Shanghai Variante : signer « chercheur du monde »

ACTION GRAND PUBLIC Mise en berne spectaculaire de monuments et plaques de rue ayant un lien avec la recherche / l’enseignement supérieur – date ? jour de la prochaine CNLL ? « manif de droite » devant les journaux nationaux et régionaux (date a déterminer par le bureau de la CNLL) Prendre un shift dans la ronde des obstinés : un jour une université Freezings

ACTIONS VIS-A-VIS DES POLITIQUES Campagnes d’emails pendant une journée (comme le 30 mars à Pécresse) Interpeller les candidats aux élections européennes Convoquer les élus régionaux dans les universités, organiser rencontre entre politiques et personnels du secteur Ouvrage national a destination du grand public et des politiques Occupation des forums Internet gouvernementaux

BLOCAGES ADMINISTRATIFS Prolonger et renforcer moratoires ANR et AERES Boycott de la dématérialisation du dossier de carrière (SIRHUS) et maintien des dossier papier Refus d’envoi des fiches CRAC Perturbations coordonnées de la vague A de l’évaluation a commencer par les réunions de lancement (10 avril présidence de l’AERES, 21 Avril à Lyon, 28 a Toulouse, 7 mai a Bordeaux) et la non remise des rapports quadriennaux à l’AERES (remise au Comité national). Blocage des bâtiments administratifs : université et délégations CNRS et les sièges des EPST, une journée entière tous ensemble – date fixée par le bureau Appeler à ne pas signer les PV de jury de fin d’année dans les universités Démission administrative des DU : la CNLL soutient les DU à rester déterminés

ACTION POUR L’EMPLOI SCIENTIFIQUE adopté Soutien et actions fortes à chaque fin de contrat de CDD : faire comprendre que c’est pour nous un licenciement – précisions à apporter par le bureau Recensement de tous les CDD dans tous les laboratoires : écriture d’un livre noir de la précarité Refuser les chaires : les conseils de labos et des universités Occuper les lieux de tenue de jury des chaires

Invitation à la soutenance de thèse de Valérie Pécresse : jeudi 9 Avril à 17h30

Comité Théâtre en lutte ! de Sciences Po Le 8 avril 2009, 27 rue Saint-Guillaume à Paris 75337 Paris Cedex 07
Contact : Pauline CLECH
PaulinePOINTclechATsciences-po.org

Objet : Communiqué de presse
A la suite du mouvement social du 29 janvier, la mobilisation à l’IEP est née au sein des doctorants et chercheurs (OSC, CEVIPOF, CERI , « labo en lutte »), rejoints ensuite par les étudiants, tous fermement opposés aux réformes actuelles de l’enseignement supérieur. Depuis deux mois et demi, chaque semaine, des Assemblées Générales rassemblant entre 100 et 130 personnes ont permis la participation de Sciences Po à toutes les manifestations, l’envoi de délégués aux coordinations nationales étudiantes et la mise sur pied d’actions diverses.
Parmi elles, le comité Théâtre en lutte ! a monté la pièce de théâtre La soutenance de thèse de Madame Valérie Pécresse, écrite par le comité de mobilisation de Grenoble 3 (avec quelques ajouts et suppressions). L’ironie et le rire permettent de tourner en dérision l’esprit des réformes actuelles, inscrites dans une politique de casse de l’éducation, de la recherche et plus généralement du service public ; ainsi que la marchandisation du savoir et sa gestion managériale, inadaptée au temps long de la recherche. Sciences Po est déjà engagé dans cette voie, ce qui pourrait, à terme, se faire au détriment d’un enseignement indépendant et de qualité.
Malgré les aléas matériels dus à une administration méfiante à l’égard des « éléments extérieurs », nous avons joué, mardi 24 mars, la pièce, à l’extérieur… devant les portes de l’établissement, sous notre banderole « Fac 40 ». La représentation fut un succès : une centaine de spectateurs enthousiastes ont assisté à la pièce avant de partager le « pot de thèse ». La rue Saint-Guillaume a été, pour l’occasion, barrée, dans une ambiance militante et festive.
Nous allons rejouer la pièce, en intérieur ou en extérieur, dans d’autres universités : jeudi 9 avril, à 17h30, nous jouerons la soutenance à Paris 8, ce qui peut donner à réfléchir : cette fois-ci, ce n’est pas Paris 8 qui « envahit » Sciences Po mais une troupe de Sciences Po qui joue à Paris 8. Et s’ils défendaient les mêmes idées et notamment celle de faire converger les luttes, que la mobilisation vienne des universités, des écoles primaires ou des grandes écoles !
Le comité Théâtre en lutte !

thesevp

soutenance

Lettre ouverte de Martine Aubry aux Enseignants-Chercheurs

Parti Socialiste http://www.parti-socialiste.fr
La Première secrétaire
Mercredi 18 mars 2009

Lettre ouverte Recherche et enseignement supérieur : le choix de l’émancipation
Madame, Monsieur,
Quel que soit votre rôle au sein des universités, des laboratoires de Recherche et de toutes les institutions dont l’objet est de produire du savoir, de le transmettre, de le valoriser, je souhaite m’adresser à vous pour vous faire part à la fois de la grande préoccupation du Parti socialiste à l’égard de vos difficultés, de son soutien à l’égard du mouvement actuel, et de nos orientations pour construire une nouvelle politique.
Le mouvement exceptionnel qui se déroule dans les universités et la Recherche intervient dans un contexte où la science est devenue centrale. De nos jours, toutes les sciences sont mobilisées pour répondre aux problèmes de notre temps, et les chercheurs sont sollicités pour proposer leurs analyses. Mais je ne veux pas m’arrêter à cet aspect, aussi essentiel soit-il. Votre rôle est en effet avant tout de produire et de transmettre des connaissances, souvent sans aucune autre finalité que celle de repousser les limites du savoir. La « magie » de la Science, si vous me permettez d’utiliser ce terme un peu décalé dans un tel contexte, est une démarche gratuite d’où naissent des avancées aux retombées aussi inattendues que spectaculaires.
Depuis maintenant plusieurs semaines, les universités sont entrées dans un mouvement dont la nature et l’ampleur sont exceptionnelles. Celui-ci fait suite aux protestations quasi-ininterrompues depuis cinq ans, période durant laquelle la droite n’a eu de cesse de négliger vos institutions, tout en maquillant les données budgétaires, pour faire croire à de prétendues augmentations là où, au mieux, vous avez constaté la stagnation. Les chiffres sont éloquents : la France est désormais à la 14e place mondiale pour son effort de Recherche et guère mieux placée pour les dépenses par étudiant. Pourtant la recherche française est reconnue internationalement pour sa qualité dans de nombreux domaines, et les universités ont réussi à accompagner le grand mouvement d’augmentation du nombre d’étudiants.
Face aux projets destructeurs du gouvernement, vous êtes fortement mobilisés. Pour autant, vous soulignez en permanence votre volonté de réforme ; vous avez prouvé votre capacité de propositions lors des Etats Généraux de la Recherche en 2004, dont le gouvernement aurait été bien inspiré de reprendre les conclusions, car contrairement à ce qu’il prétend, il ne fait que travestir ces dernières et en réalité impulse le contraire de ce qui a été préconisé.
Dès le début du mouvement, le Parti socialiste vous a exprimé son soutien, et formule des propositions pour sortir de la crise, qui concerne aussi bien le statut des enseignants-chercheurs et des doctorants, la formation et le recrutement des enseignants, le rôle des organismes de recherche, l’emploi scientifique. Nous sommes ensuite passés à une remise en question complète de la politique du gouvernement en matière d’enseignement supérieur et de recherche. Car nous vivons un de ces moments particuliers où un corps social se retrouve autour d’une réflexion sur sa place dans la société, son rapport aux citoyens et sur les conditions de son existence. Un moment où une communauté se lève pour arrêter l’offensive idéologique du pouvoir, qui
veut instaurer la concurrence entre les personnels, entre les étudiants, entre les établissements. Le combat actuel est politique au sens le plus noble du terme, parce qu’il oppose deux visions du rôle de la science dans la société. Celle de la droite réduit le savoir à sa dimension immédiatement utile ; elle sacrifie l’investissement à long terme, et la pluridisciplinarité de la recherche.
Pour la gauche, le savoir est au fondement de l’émancipation des individus. Il occupe donc une place centrale dans notre société. Celle-ci est en demande très forte de recherche, et ces demandes sont multiples. Les chercheurs, et les enseignants-chercheurs, ont donc un rôle particulier. Ils doivent à la fois interagir fortement avec la société, et rester indépendants. Interagir car les connaissances qu’ils développent peuvent apporter des réponses aux problèmes auxquels nous sommes confrontés. Mais trop de grands choix scientifiques sont faits sans débat impliquant les citoyens, ni même les parlementaires. Etre indépendants aussi, car c’est la condition de leur crédibilité, parce que la découverte ne se programme pas et que la société est parcourue d’intérêts souvent contradictoires. Dans un discours délivré le 9 mars, contrastant terriblement avec celui de notre président de la République qui a attaqué les chercheurs de manière outrancière et injuste, Barack Obama a bien formulé ce point : « promouvoir la science ce n’est pas seulement fournir des ressources, c’est également protéger une recherche libre et ouverte. C’est laisser les scientifiques (…) faire leur travail, libres de toute manipulation ou contrainte, et écouter ce qu’ils nous disent, même quand c’est gênant – surtout quand c’est gênant. »
La fonction publique offre le cadre indispensable à la liberté d’initiative des scientifiques, les universités et organismes de recherche doivent être organisés à cette fin. La précarité qui s’est développée ces dernières années du fait de l’absence de création d’emplois statutaires, puis de suppressions d’emplois, doit être résorbée. Elle est doublement préjudiciable : d’une part, elle ne permet pas à ceux qui en sont victimes de s’investir dans des projets ambitieux, d’autre part elle détourne de nombreux étudiants des métiers de la recherche. Un plan pluriannuel de création d’emplois scientifiques est indispensable, conjointement à une revalorisation des carrières dans tous les corps de métiers. On ne peut pas prétendre mettre la Recherche et l’enseignement supérieur au premier rang des priorités de l’Etat, et ne pas fournir les moyens humains nécessaires à leur développement. Pour attirer les doctorants, il faut leur offrir un vrai contrat de travail, développer les financements de thèse, valoriser la qualité de leur formation, en particulier dans les conventions collectives. Enfin, les enseignants-chercheurs doivent pouvoir s’investir au mieux dans leurs différentes missions. Chez nos voisins, leur service d’enseignement est moins lourd, et plus de personnel technique et administratif fait fonctionner les services. Une réduction du service d’enseignement doit permettre que, périodiquement, les universitaires puissent se consacrer pleinement à la Recherche. En tout état de cause, toutes les missions doivent être prises en compte dans les carrières, sur la base d’une évaluation impartiale.
Les chercheurs que je côtoie me racontent tous, le temps considérable qu’ils passent à chercher de l’argent pour pouvoir travailler, à répondre à des demandes souvent éloignées de leurs projets scientifiques réels, à gérer une lourdeur administrative croissante. Il est urgent de redonner aux laboratoires les moyens leur permettant de lancer des projets par l’augmentation de leurs crédits de base. Ceux-ci doivent reposer sur un dispositif d’évaluation qu’il faudra reconstruire pour lui donner une pleine légitimité. Enfin, le rôle des organismes publics de Recherche doit être réaffirmé, au moment où ils sont indignement attaqués par le gouvernement, tout en impulsant leur coopération entre eux et avec les universités. L’attachement très profond à la dualité de tutelles pour les laboratoires doit être respecté, car c’est une richesse de notre système.
Enfin, la Recherche privée doit être redynamisée. La politique consistant à tout miser sur le Crédit d’Impôt Recherche (CIR) est un échec : la part dans le PIB de l’investissement privé dans la Recherche baisse régulièrement. Nous devons mettre en place une politique de soutien à la Recherche privée plus efficace qui favorise l’emploi des docteurs et le développement des PME innovantes, par la réorientation du Crédit d’Impôt Recherche. C’est une politique ciblée qui est nécessaire, alors qu’aujourd’hui ce sont les grands groupes qui récupèrent la majorité du CIR.
En ce qui concerne l’enseignement supérieur, les besoins de réformes sont profonds. La loi Libertés et Responsabilités des Universités, que l’UMP a fait voter en catimini ne répond pas aux problèmes des universités, et en crée de nouveaux, comme le montre notamment la protestation des IUT. Elle met en place une fausse autonomie, car les universités n’ont pas les moyens nécessaires, et la concentration des pouvoirs est inefficace. Elle doit être remplacée par une nouvelle loi, qui replace la collégialité au coeur du fonctionnement universitaire, et respecte l’indépendance des enseignants-chercheurs. Mais cette nouvelle loi ne peut se limiter à la gouvernance.
En premier lieu, nous voulons augmenter le niveau de formation et de qualification dans notre pays : c’est une nécessité pour notre développement et un impératif pour promouvoir l’émancipation. Notre objectif est de former la moitié d’une classe d’âge au niveau de la Licence. Or les tendances actuelles sont inquiétantes : depuis quelques années, le taux de poursuite d’études des bacheliers est en baisse. Nous devons tout faire pour permettre la démocratisation des études supérieures. Celle-ci ne peut passer par des emprunts étudiants, qui forgeraient de nouvelles inégalités. L’allocation d’autonomie est une nécessité, et peut
être financée réformant les différentes aides, notamment fiscales, liées à la politique familiale. Remettre en marche un ascenseur social est une priorité. La réforme de la formation des enseignants dite de « mastérisation », que veulent imposer Xavier DARCOS et Valérie PECRESSE, est grave sous de nombreux aspects, en particulier par la suppression de l’année de stage consécutive à la réussite au concours, et de son financement. Les propositions récentes sont très insuffisantes et nous devons au contraire explorer les pistes, proposées par plusieurs associations, visant à encourager les étudiants qui se destinent aux métiers
exigeants de l’enseignement en leur offrant des financements spécifiques pendant leurs études, et en préservant le statut de fonctionnaire pendant le stage. Nous refusons la perspective d’une transformation des postes de fonctionnaires en postes de contractuels. Les études doivent concilier une formation disciplinaire associant des enseignants capables de suivre l’évolution de leur domaine, et des stages leur donnant accès à leur premier poste avec une réelle expérience de terrain.
Il s’agit ensuite de bâtir des processus de coopération entre les différents établissements d’enseignement supérieur : universités, écoles, classes préparatoires, BTS, etc. Les Pôles de Recherche et d’Enseignement Supérieur (PRES), tels qu’ils avaient été conçus dans le rapport des Etats Généraux de la Recherche (et pas tels qu’ils ont été mis en place), sont le lieu naturel de cette coopération. On ne peut en rester à une balkanisation des filières d’enseignement.
Mais pour pouvoir coopérer, il faut qu’il y ait plus d’égalité. Or les différences de financement par étudiant sont aujourd’hui considérables. Il est urgent d’augmenter les moyens des universités, afin qu’elles offrent un cadre de travail décent aux étudiants, l’encadrement pédagogique dont ceux-ci ont besoin et un suivi individualisé. Nous devons également penser la carte nationale des formations supérieures. De nombreux établissements se trouvent dans des villes moyennes, et sont très inquiets pour leur avenir en raison du Plan-Campus qui concerne une dizaine de sites et délaisse la plupart des universités ; alors même que celles-ci jouent un rôle central pour l’accès à l’enseignement supérieur des étudiants défavorisés. Elles doivent occuper une place importante dans les PRES, favoriser ainsi la mobilité de leurs étudiants entre les différents établissements composant le PRES, et permettre à leur enseignants-chercheurs de conduire leur activité de recherche dans un laboratoire du PRES.
Enfin, nous devons agir au niveau européen. Les prochaines élections sont l’occasion d’impulser enfin des débats au Parlement Européen sur l’enseignement supérieur et la Recherche. Le processus de Lisbonne est de manière évidente en forte difficulté. L’objectif d’atteindre, en 2010, 3% du PIB pour les dépenses de Recherche est hors de portée. De plus, le soutien financier européen, dont les procédures de gestion sont trop lourdes, s’adresse essentiellement à la Recherche finalisée au détriment de la Recherche fondamentale. Une réorientation de la politique européenne de Recherche est nécessaire afin de favoriser des
coopérations solides et durables, au lieu d’organiser la concurrence et offrir des financements de court terme.
A ce stade, il faut parler des aspects budgétaires. Certes, la France vit une situation économique et sociale catastrophique. C’est pourquoi les socialistes ont proposé un vrai plan de relance, fondé sur le soutien aux ménages et à l’investissement. Nous devons poursuivre nos investissements d’avenir. Depuis 2007, le gouvernement proclame qu’il augmente chaque année le budget de l’enseignement supérieur et de la Recherche de 1,8 milliard d’euros. Malheureusement, ce chiffre est mensonger : la croissance globale réelle est faible voire nulle. Par ailleurs, les choix de répartition des moyens sont mauvais : les crédits de base des
laboratoires sont au mieux en stagnation, un millier d’emplois scientifiques sont supprimés, pendant que le Crédit d’Impôt Recherche augmente de 600 millions. Une réorientation de ce budget est donc nécessaire et possible.
Ces grandes lignes doivent maintenant être déclinées plus précisément car la valeur d’une réforme tient aussi à son adéquation aux situations de terrain. C’est pour cela qu’avec nos partenaires communistes et écologistes, nous avons lancé un processus de consultation des organisations de votre secteur. Ces auditions, qui sont rendues publiques par leur diffusion sur Internet, serviront de base à un débat auquel je vous invite à prendre part. Les propositions socialistes pour l’enseignement supérieur et la Recherche s’appuieront sur ce travail collectif lancé aujourd’hui.
Pour les socialistes, la connaissance est un élément central de leur projet politique. L’éducation, de la maternelle à l’université, la Recherche, et plus généralement les services publics, exige une renaissance, pour le bénéfice de tous nos concitoyens. Nous avons besoin d’un travail collectif pour définir la politique de demain : nous comptons sur vous, pour y apporter votre contribution.

Martine AUBRY
Première secrétaire du Parti socialiste

Polémique sur l’université payante : le dernier tabou des frais d’inscription

A lire sur le site de SLU : http://www.sauvonsluniversite.com/spip.php?article2368

Extrait : III – Les PARC et l’université payante : les enfants de la LRU
Ce projet de financement de l’enseignement supérieur s’inscrit en ligne directe dans la politique menée par le gouvernement actuel. En effet, il est conforme à la volonté de restructuration de l’enseignement supérieur sur des critères purement économiques. À la source de cette idéologie : la LRU qui prévoit une réforme de l’éducation du supérieur dans une perspective de marchandisation du savoir et de mise en concurrence des acteurs de l’enseignement supérieur, dans un strict souci d’efficacité.
Déjà, en janvier 2008, B. Dhuicq et A. Fiorato, anciens vice-présidents de l’université Paris 3 Sorbonne nouvelle, mettaient en garde les étudiants sur les conséquences de la LRU sur les droits d’inscription : dans le cadre d’une autonomie budgétaire « les Présidents qu’ils le veuillent ou non, seront bien obligés de multiplier les droits d’inscription ».
Le projet, ultra-libéral, visant à rendre l’enseignement supérieur payant et financé par les étudiants semble partagé par nombre de membres de l’UMP, à commencer par N. Sarkozy. En témoignent les propos tenus par le député UMP, Yves Bur à l’Assemblée Nationale, au cours de la discussion portant sur le projet de loi intitulé Libertés et Responsabilités des Universités (LRU), le 23 juillet 2007 : « La sélection reste un des tabous qu’il semble impossible de briser. Il en est de même des frais d’inscription, pourtant moins onéreux qu’un abonnement de téléphone mobile ! Puisque l’État ne semble pas en mesure d’assumer seul le coût des études supérieures, j’espère que la dynamique de l’autonomie aboutira tôt ou tard à briser ce dernier tabou pour permettre à l’Université de remplir dignement ses missions et de tenir son rang dans le contexte mondialisé. »

Pour une vague « A » de résistance et de solidarité. Appel de Lyon du 7 avril 2009.

Pour une vague « A » de résistance et de solidarité. Appel de Lyon du 7 avril 2009.

Au début de ce mois, environ 130 enseignants-chercheurs de l’Université Lyon 1 ont démissionné de leurs quelques 440 responsabilités administratives (direction d’unité de formation ou de recherche, responsabilités d’année, d’échanges internationaux, etc.). Une décision lourde de conséquences, mais qui marque une volonté ferme de refuser la marche forcée d’un gouvernement jusqu’ici sourd aux revendications portées depuis plus de deux mois par le mouvement universitaire.

Solidaires de cette initiative, leurs collègues de l’Université Lyon 2 se sont eux aussi engagés dans cette voie : en quelques jours seulement, une cinquantaine d’enseignants-chercheurs ont fait part de leur intention d’abandonner ou de suspendre, à contrecœur mais avec une réelle détermination au regard des enjeux de long terme, leur centaine de responsabilités administratives. Celles-ci permettent aux établissements de fonctionner au quotidien, grâce à un investissement de tous les personnels (enseignants-chercheurs comme Biatos) et de tous les jours, mais rencontrent aujourd’hui un manque de considération voire un mépris de la part des autorités de tutelle.

Cette démission des responsabilités administratives entraînera de facto une impossibilité de rendre les projets d’habilitation des diplômes et laboratoires dans les temps. Si l’on en juge par le report de la réforme sur la mastérisation des concours d’enseignement, cette modalité d’action peut avoir une efficacité certaine face à un gouvernement qui n’entend pas les doléances de la communauté universitaire et ne semble comprendre que la résistance en actes.

Si nous voulons que cette modalité d’action porte ses fruits, il faut une action collective, de tous les établissements, comme cela a été le cas pour la non-remontée des maquettes des « masters enseignement ».
Remplaçons la logique de mise en concurrence des établissements par une action solidaire de l’enseignement supérieur !
Nous lançons un appel en ce sens à nos collègues de l’Université Lyon 3, aux autres établissements de l’agglomération lyonnaise, ainsi qu’à tous ceux concernés par la vague « A » de contractualisation quadriennale avec le Ministère  (Bordeaux, Dijon, Grenoble, Montpellier, Toulouse,….) : rejoignez-nous dans cette initiative qui, en étant portée par tous, profitera à tous. Composante de formation par composante, laboratoire par laboratoire, tentez de convaincre vos collègues de l’utilité de cette modalité d’action collective et adressez-nous vos déclarations/intentions de démission de responsabilités administratives à
demission.collective@gmail.com

Nous pourrons alors centraliser les initiatives locales et donner une visibilité d’ensemble à cette démarche.
Rejoignez la vague « A » de résistance et de solidarité pour obliger le gouvernement à retirer ses contre-réformes et ouvrir un vrai espace de concertation sur l’avenir de l’enseignement supérieur. Nous ne sommes pas dans le refus d’un changement pour l’université, nous sommes pour une amélioration du sort de l’enseignement supérieur et de la recherche publique, mais sur la base d’une discussion sereine, dégagée des réformes qui vont contre la volonté de ceux à qui elles doivent s’appliquer.

Dans cette hypothèse, nous lèverons alors la suspension des responsabilités administratives et sommes prêts à participer à une concertation d’ensemble sur le présent et l’avenir de l’enseignement supérieur en France.

La Coordination Nationale des Universités répond à Nicolas Sarkozy : « Monsieur le Président, nous n’avons pas les mêmes valeurs »

La Coordination Nationale des Universités répond à Nicolas Sarkozy : « Monsieur le Président, nous n’avons pas les mêmes valeurs »

Quoique moins méprisantes dans la forme que son discours du 22 janvier, les déclarations de Nicolas Sarkozy du 7 avril 2009 révèlent la même conception mercantile de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche.
Si, pour Nicolas Sarkozy, les études ne servent qu’à « créer de la valeur ajoutée », les universitaires en lutte continuent d’affirmer que l’université n’est pas une entreprise et que le savoir n’est pas une marchandise.
Là où Nicolas Sarkozy parle de « valeur ajoutée », nous parlons de valeurs républicaines : droit à la connaissance pour tous, droit de choisir sa filière sans discrimination financière ni territoriale, droit de s’engager dans des études qui n’ont aucune rentabilité immédiate mais qui sont d’une valeur essentielle pour la société.
Là où Nicolas Sarkozy parle « d’accélérer la commercialisation des brevets », nous lui opposons la nécessité, pour les générations futures, de préserver une recherche fondamentale forte et libre des dictats du marché.
Quand Nicolas Sarkozy estime que l’autonomie des universités est préférable au fait de « se retrouver au ministère pour qu’on vous dise d’un bureau parisien ce qu’on doit faire », nous tenons à rappeler que les universités n’ont jamais autant reçu de directives émanant des Ministères que depuis le vote de la loi LRU (sigle qui signifie pourtant « liberté et responsabilité »).
Si Nicolas Sarkozy est de bonne foi en annonçant que « donner l’autonomie aux universités, c’est leur faire confiance », alors qu’il fasse enfin confiance à la communauté universitaire qui dénonce, dans un mouvement inédit par sa durée et son intensité, les conséquences désastreuses de ces projets de réforme. Or, la politique actuelle a conjugué, jusqu’à présent, irresponsabilité et inefficacité, autoritarisme et ignorance des problèmes posés.
Le monde de l’enseignement et de la recherche n’est pas hostile à toute réforme. Mais il conteste une logique d’économie budgétaire et de mise en concurrence systématique des institutions, des équipes et des individus, qui met en péril la création et la transmission des savoirs. A la concurrence et à la rentabilité à court terme, il préfère l’émulation, la coopération et la liberté de recherche. A l’autoritarisme et à la concentration des pouvoirs, il préfère la collégialité et le gouvernement par les pairs. Aux nommés, il préfère les élus.

L’Education Nationale, de la Maternelle à l’Université, doit continuer à transmettre connaissances et culture gratuitement, sur tout le territoire, pour garantir la traduction dans les faits de nos idéaux républicains.
Ce printemps 2009, pour défendre ces valeurs, le monde de l’Enseignement Supérieur et de la  Recherche est dans la rue.

Les porte-parole de la Coordination Nationale des Universités

Motion de l’Assemblée générale des enseignants de l’UFR LCE en grève jusqu’au 4 Mai.

Ci-dessous, la motion votée par l’Assemblée générale des enseignants de l’UFR de Langues et Cultures étrangères de l’Université Paris Ouest Nanterre, réunie mardi 7 avril, de 10h30 à 12h30 :

Motion de l’Assemblée générale des enseignants de l’UFR LCE, mardi 7 avril 2009.

Les enseignants de l’UFR LCE, réunis en Assemblée générale le mardi 7 avril 2009, reprennent à leur compte le mot d’ordre de la 8è Coordination nationale universitaire : pas de reprise des cours sans retrait des réformes contestées.
En conséquence, ils décident :
1)   de revoter la grève jusqu’au lundi 4 mai inclus (54 pour ; 9 abstentions) ;
2) de poursuivre et amplifier le mouvement de suspension de toutes les tâches administratives sine die (56 pour ; 4 abstentions)

Les enseignants constatent que le gouvernement, par son mépris envers le mouvement dans l’Université et la Recherche et son refus d’entendre ses revendications légitimes, porte l’entière responsabilité de la menace de non-validation du semestre. Ils veilleront à ce que les étudiants ne soient pas pénalisés par l’attitude intransigeante et irresponsable des ministres et à ce que soit respecté le principe d’égalité de traitement de tous les étudiants (61 pour ; 2 abstentions).

Paris 3 : la mobilisation continue

Des nouvelles de Paris III, où trois AG (!) ont eu lieu hier (7 Avril)

-Une AG d’enseignants et enseignants-chercheurs à reconduit largement la grève totale en l’assortissant de la création d’"ateliers" donnant du contenu à la grève (j’avoue avoir oublié la formulation exacte).  Par ailleurs, les participants ayant ressenti le besoin de se prononcer sur le blocage (qui est décidé en AG mixte), deux motions ont reccueilli un nombre égal de votes, l’une appelant à la levée du blocage, et l’autre considérant  qu’"étant donnée la forte mobilisation de la communauté universitaire, le blocage n’est pas nécessaire".
-Une AG de BIATOSS a appelé à une amplification du mouvement, qui pourrait être plus suivi, et à participer à la journée "bureaux vides" d’aujourd’hui
-L’AG commune (étudiants, enseignants et BIATOSS), qui a rassemblé plus de 1000 personnes (une affluence inédite à Censier) et duré six heures et demie a voté douze motions et surtout reconduit la grève à une majorité écrasante et le blocage du centre Censier à une très nette majorité (près de 200 voix d’écart).

En résumé : le mouvement continue et prend de l’ampleur.

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