Communiqué de l’assemblée générale de l’IUFM de Toulouse du 18 mars

Communiqué de l’assemblée générale de l’IUFM de Toulouse du 18 mars

L’assemblée générale (enseignants, biatos, étudiants, stagiaires) de l’IUFM Midi-Pyrénées, école interne de l’université Toulouse le-Mirail en conformité avec les décisions de la coordination nationale des universités du 16 mars 2009 appelle à la journée de grève du 19 mars ainsi qu’à la manifestation place Arnaud Bernard à 14h30. Elle demande également la démission du ministre de l’éducation et de la  ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche.
L’assemblée générale appelle au blocage total de 7h30 à 11 heures de l’entrée de tous les sites de l’IUFM de Midi-Pyrénées avec barrage filtrant sur les avenues qui conduisent à ces sites. Ce blocage permet de distribuer des tracts qui expliquent les enjeux de nos revendications dans le cadre de la globalité de la politique gouvernementale. Chaque site s’organise pour atteindre au mieux le maximum de mobilisation.
L’assemblée générale demande au directeur de l’IUFM ainsi qu’au président de l’université de suspendre les activités l’après-midi du 19 mars. Le rassemblement de l’IUFM est prévu le 19 mars à 13 heures, place du capitole, pour le jugement de Monsieur Carnaval.  Une délégation de chaque site départemental est invitée avec banderoles et instruments de musiques. A la fin de cette cérémonie, le personnel et les usagers de l’IUFM rejoindront le rassemblement de la manifestation unitaire interprofessionnelle, place Arnaud Bernard à 14 h 30.
L’assemblée générale dénonce les publicités mensongères des officines privées de formation aux métiers de l’enseignement et envisage des manifestations percutantes la semaine du 23 au 27 mars devant ces organismes privés.
Dans le cadre de la réunion de la coordination nationale de la formation des enseignants du 7 mars, des actions proposées par la coordination nationale des universités le 16 mars,  de la demande des usagers lors du conseil d’école du 12 mars, l’assemblée générale organise une journée d’études régionale ouverte sur la place et le contenu des concours aux métiers de l’enseignement. Elle demande à l’administrateur provisoire de banaliser la journée du 31 mars, date symbolique de remise des maquettes à l’AERES, afin que tous les personnels et usagers puissent participer activement aux débats. Un comité d’organisation composé d’usagers et des personnels est créé. Il a en charge l’organisation et la gestion de la journée. Un premier point sera effectué lors de la prochaine assemblée générale du 25 mars.
Le mouvement doit s’étendre de la maternelle à l’université. Les collèges et les lycées, non encore mobilisés, seront contactés par tracts au cours de la semaine. Le comité média a  la charge de trouver des expressions qui explicitent le mouvement, de contacter les représentants académiques des syndicats, de lancer la réalisation de clip dans le but d’expliquer notre mouvement de convaincre.
Voté à l’unanimité moins 3 abstentions
Voir aussi http://metier-prof.org

Lettre-type à propos du droit de grève, des rattrapages et de la position ministérielle

Madame, Monsieur le la (Député, maire, recteur, préfet)

La France connaît depuis le début du mois de février une mobilisation sans précédent (il faut remonter au XIIIe siècle !) de la communauté universitaire et du monde de la recherche. Quelles que soient vos positions politiques, force vous est de reconnaître que ce mouvement touche toute notre communauté, tous les syndiqués et non-syndiqués, apolitiques, de droite, de gauche, sociétés savantes, Académie des sciences, prix Nobel, médailles Field, Institut Universitaire de France, etc., soit un ensemble de personnes particulièrement responsables, compétentes et autorisées. Personne ne peut donc affirmer que l’on a affaire à un mouvement politique, partisan ; il s’agit de la mobilisation de l’ensemble d’une communauté avide de réforme, mais de réforme non chaotique, concertée, cohérente, s’inscrivant dans la durée et pour la durée.

Pour faire une telle unanimité contre elles, de la part d’un milieu professionnel comportant l’élite intellectuelle et scientifique de la France, les projets de Mme Pécresse et de M. Darcos sont de toute évidence mauvais ; le simple bon sens permet de le déduire, sans même connaître la teneur de ces réformes.

Celles-ci en effet veulent être imposées sans la moindre concertation préalable, dans la précipitation la plus totale ; elles sont incohérentes et particulièrement dangereuses pour notre pays, tant du point de vue de la formation des futurs enseignants que de la qualité de la recherche. En un temps où il apparaît clairement que l’enjeu essentiel de demain, pour un pays comme la France, est la recherche, l’innovation et la primauté culturelle (dans le monde entier, la France demeure encore la ‘République des Lettres’), il peut paraître particulièrement incompréhensible et irresponsable de présenter des projets qui vont au contraire dans le sens de l’amoindrissement de la qualité de la formation, de l’extinction progressive de la recherche fondamentale et des sciences humaines et, plus généralement, de la perte de qualité de notre Recherche et de notre Enseignement supérieur, en dépit des déclarations d’intention du Président de la République. Rappelons-le encore ici : toute la communauté universitaire et de la recherche rejette ces réformes !

Madame, Monsieur, etc. l’heure est grave. Le gouvernement n’a absolument rien cédé sur les points essentiels rejetés par les enseignants-chercheurs, chercheurs et étudiants. Aux demandes de retrait de textes irrationnels, au désir affirmé de négociation pour de vraies réformes, il a été répondu par, au mieux le mutisme ou les faux-fuyants, au pire l’insulte et la provocation, en des termes parfois indignes, et de la langue française et de la fonction de certaines personnes ignorant alors leur position et leurs responsabilités républicaines. Les universitaires, étudiants et chercheurs sont fortement mobilisés, le mouvement se radicalise même et il est du ressort de l’inconscience caractérisée que de vouloir jouer sur le ‘pourrissement’.

Les dernières déclarations de Mme Pécresse ne font que jeter de l’huile sur le feu. Bien plus, en voulant ignorer que le service d’un universitaire est annuel et que les cours peuvent être rattrapés, elles vont conduire à la situation la plus ctastrophique qui puisse être imaginée pour notre pays, déjà en difficulté sur bien des fronts : si cette logique de bras de fer devait en effet se poursuivre, aucun diplôme ne serait délivré cette année en France ; des milliers d’étudiants auront alors perdu leur année, des milliers de parents auront fait des sacrifices en pure perte.

Madame, Monsieur, etc., il vous appartient, de par votre position d’élu(e), de mettre en jeu toutes vos capacités et vos pouvoirs pour faire en sorte que cette situation dramatique cesse au plus vite ; que Mme Pécress et M. Darcos se rendent à l’évidence et qu’ils retirent leurs projets incohérents pour laisser place à un débat qui pourra conduire à une vraie réforme, en profondeur, de nos institutions de la Rechreche et de l’Enseignement supérieur qui permette de garantir l’avenir de nos jeunes, l’excellence de la Recherche française et, en conséquence, d’affermir la position de la France dans les ‘challenges’ essentiels du monde de demain.

Formule de politesse

Les professeurs, "Le Loup et Le Chien".

Les professeurs, "Le Loup et Le Chien", par Philippe d’Iribarne
LE MONDE | 18.03.09 | 14h13
"Eux qui vivent dans d’autres univers sont étonné par la révolte des professeurs d’université. Pourquoi une telle réaction face à une tentative de réforme qui n’a pour objet que de répandre dans le monde universitaire des manières de faire – l’appel à la concurrence, l’évaluation systématique, la récompense du mérite – dont la vertu est largement reconnue ailleurs ?
(…) La fable Le Loup et Le Chien nous éclaire. Le loup mène une vie misérable. Mais il est libre. "Flatter ceux du logis, à son maître complaire" ne font pas partie de ses obligations. Nulle trace de collier sur sa nuque. Le chien est prospère, mais soumis. Le loup envie le chien à bien des égards, mais n’est pas prêt à payer le prix qu’exige l’accès à sa condition. Les professeurs lui ressemblent.
La situation matérielle des professeurs d’université est pitoyable. (…) Mais ils sont libres. Ils conçoivent leurs cours comme ils l’entendent, font les recherches qu’ils trouvent bon de faire. Et si quelques-uns (plutôt parmi les chercheurs) ne font pas grand-chose, le fait même qu’ils ne soient pas sanctionnés est la preuve que ceux qui, en grande majorité, travaillent dur, le font de leur plein gré, sans que rien les y contraigne.
Les évaluations ne manquent pas, mais les procédures mises en oeuvre font plus appel à l’estime des pairs, qu’il est honorable de rechercher, qu’à une forme d’esprit de cour. De plus, ce que l’on gagne à être bien évalué est tellement minime que celui qui n’en a cure n’en voit pas son existence significativement troublée.
C’est à cette condition que s’attaque la réforme du statut des universitaires. Il s’agit pour l’essentiel de laisser au loup la condition matérielle qui est la sienne tout en voulant lui imposer la forme de servitude qui est l’apanage du chien. Si la réforme passe, même amendée à la marge, il va y avoir beaucoup à gagner, à quémander, auprès des petits potentats que vont devenir les présidents d’université.
(…) Pourquoi les princes qui nous gouvernent et leur entourage ne sentent-ils rien de cela et se font-ils tellement tirer l’oreille pour revoir leur copie ? Peut-être l’esprit de cour est-il tellement devenu chez eux une seconde nature qu’ils ont du mal à comprendre que certains ont fait d’autres choix.
Philippe d’Iribarne est directeur de recherche au CNRS."

Lire l’article complet sur le site du Monde :  LE MONDE | 18.03.09 | 14h13

Le point de la mobilisation dans les universités à la veille de la journée du 19

Le point de la mobilisation dans les universités à la veille de la journée du 19.
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RÉGION PARISIENNE
PARIS-I. « La situation n’évolue pas, on constate un programme fourni de grève active avec un nombre fourni également d’enseignants-chercheurs mobilisés », indique la présidence de l’université Paris-I Panthéon-Sorbonne. Sébastien, de l’Unef, ajoute qu’une AG aura lieu demain sur le site de Tolbiac à l’occasion de laquelle « le blocage devrait être voté ».

PARIS-III. Une AG de personnels a réuni environ 300 personnes, mardi 17 mars, indique une membre du comité de mobilisation de Paris-III Sorbonne-Nouvelle. « Toutes les UFR ont voté la grève sauf deux », indique-t-elle. « Nous avons également appelé à la démission des directeurs de composantes et au boycott des travaux se rapportant à la loi LRU dans les
conseils. » En outre, « la mobilisation est plus effective que précédemment chez les Biatoss », estime-t-elle. « Demain, un barrage filtrant à l’initiative des personnels Biatoss se tiendra sur le site de Censier », conclut-elle.

PARIS-IV. Une AG est prévue à 11h à la Sorbonne, commune aux étudiants, personnels et enseignants de Paris-I Panthéon-Sorbonne, Paris-IV Sorbonne et Paris-III Sorbonne-Nouvelle, indique Philippine de l’Unef. La présidence de Paris-IV ajoute qu’une AG des personnels a eu lieu mardi 17 mars, réunissant 200 personnes environ. À l’issue de cette AG, la grève a été reconduite jusqu’à lundi. Par ailleurs, l’Unef et la présidence indiquent « qu’aucun cours de Paris-IV n’a lieu à la Sorbonne sauf les préparations à l’agrégation et au Capes » et que tous les « centres extérieurs sont fermés ».

PARIS-V. Une AG réunissant 150 étudiants et enseignants a voté mardi 17 mars le blocage de l’Institut de psychologie de l’université Paris-Descartes (Paris-V) jusqu’à jeudi inclus, indique Delphine, étudiante de l’Unef. Un autre étudiant de l’Unef indique qu’en revanche il est « compliqué » de bloquer le site des Saints-Pères, les étudiants en médecine « faisant la queue dès 7h30 le matin pour assister aux cours ». Les participants à l’AG ont également décidé de se joindra à la « nuit des universités franciliennes » qui se déroule ce 17 mars. De nombreux cours hors les murs ont également lieu, ajoute cet étudiant qui estime par ailleurs que « 30 % environ des enseignants sont en grève au sein de l’UFR Maths-Info et environ 50 % des enseignants au sein de l’Institut des sciences humaines et sociales ». En médecine et en pharmacie, peu d’enseignants sont en revanche en grève, toujours selon l’Unef. L’UFR de Psycho est tjs bloqué (blocage revoté en AG hier), avec grève des cours (depuis le 29 janvier) + cours alternatifs + retention des notes jusqu’à l’AG de vendredi. Mobilisation mais sous des formes sans bloquage (greve tournante et/ou greve jours de manif) dans trois UFR Math Info, Biomedical et IUT. Medecine, Pharmacie, STAPS a priori rien. Pas d’essouflement en vue (environ100 participants la derniere réunion des personnels de l’UFR de Psycho; AG intercomposantes hier).

PARIS-VI. « Tous les enseignements ont lieu, il n’y a pas de blocage et pas d’enseignant gréviste déclaré », indique le président de l’UPMC Jean-Charles Pomerol. Même écho de la part de l’Unef. L’AG organisée ce midi a réuni, selon Jean-Charles Pomerol, une centaine de personnes et entre 100 et 150 selon Jean-Marie Maillard, du SNCS. L’AG avait pour objectif la préparation de la journée de mobilisation du 19. Interrogé sur le nombre d’enseignants déclarés en grève, Jean-Marie Maillard souligne que « les grévistes n’ont pas à se dénoncer eux-mêmes ».

PARIS-VII. « Une AG de 150 étudiants s’est réunie mardi 17 mars 2009 et a voté le blocage de l’université [Paris-Diderot] jeudi 19 pour la manifestation », indique Quentin de l’Unef. Il ajoute qu’une « bonne partie des composantes maintient la grève » mais que « certains enseignants reprennent les cours », « préférant concentrer la suppression de leurs cours les jours de grève ». La présidence, jointe par l’AEF, indique qu’elle ne souhaite pas s’exprimer sur le sujet.

PARIS-VIII. « Une AG des étudiants, enseignants et Biatoss a réuni hier 400 personnes et a revoté la grève ainsi que la participation à la journée interprofessionnelle de jeudi 19 mars. Une AG des enseignants a réuni une centaine de personnes », indique une représentante de l’Unef de l’université
Paris-VIII Vincennes-Saint-Denis. « Tous les UFR sont en grève et 70 % des cours n’ont pas lieu. Les seuls à être peu mobilisés sont les personnels administratifs. » « Il n’est pas question pour le moment de bloquer l’université car la plupart des enseignants sont en grève. La question du blocage sera peut-être abordée la semaine prochaine », ajoute-t-elle. En outre, l’université précise qu’une réunion interuniversitaire réunira les personnels Biatoss, samedi 21 mars.

PARIS-X. Une assemblée générale unitaire qui a réuni entre 400 et 500 personnes, a reconduit aujourd’hui la grève à l’université Paris-Ouest Nanterre-La-Défense, indique une représentante de l’Unef de l’établissement. « L’assemblée était composé en majorité d’étudiants et d’une trentaine de professeurs. » En outre, elle précise que « l’UFR de droit qui avait repris
les cours il y a deux semaines, a finalement revoté la grève ». Elle précise par ailleurs que le blocage de l’université n’est pas à l’ordre du jour.

PARIS-XI. Une AG a réuni environ 500 personnes à Orsay, lundi 16 mars. « La grève n’a pas été revotée, mis à part pour la journée de jeudi », commente Arnaud Le Ny (Snesup). « Il y avait une majorité d’enseignants, ainsi que des Biatoss et des étudiants », remarque-t-il. Par ailleurs, « les trois IUT sont très mobilisés. À Cachan, des enseignants et des étudiants ont bloqué la N20 et tenu des conférences en plein air. De même, certains cours se sont déroulés devant la mairie de Sceaux », constate Arnaud Le Ny. Il ajoute enfin que l’IUT de Cachan accueillera vendredi prochain la coordination des personnels de tous les IUT franciliens, parallèlement à une réunion de l’Adiut sur ce site.

UVSQ. La situation s’est normalisée, indique l’université de Versailles Saint-Quentin. « Il y a toujours de temps à autre quelques cours supprimés, mais globalement, il y a très peu de mouvement. »

PARIS-XIII. « Il ne se passe pas grand chose, aucun blocage n’est à constater, la situation est la même qu’auparavant », signale Jean-Loup Salzmann, président de l’université Paris-Nord. Il indique également ne pas avoir pour l’instant fait de recensement des enseignants grévistes, « en attendant les indications de Valérie Pécresse » sur la procédure à suivre.

OUEST ET CENTRE
TOURS. Le site des Tanneurs (SHS, arts, langues) de l’université François-Rabelais de Tours est toujours bloqué, et aucun cours ne peut être assuré. « Un petit groupe d’environ 100 étudiants se relaient pour empêcher l’accès au campus », commente le secrétaire général. Une nouvelle AG aura lieu demain, d’après Camille, la porte-parole de l’Unef. Les dernières avaient rassemblé « environ 300 personnes, essentiellement des étudiants », précise la présidence, qui n’a pas de projet de réouverture du site. La semaine dernière, une tentative de réouverture avait échoué.

ORLÉANS. Une assemblée de 700 personnes, réunie aujourd’hui, a voté pour la poursuite du blocage. « Les UFR de lettres, sciences, et Staps devraient donc rester fermées toute la semaine, et l’IUT jusqu’à vendredi matin », indique Jannick Brabant, responsable de la communication à l’université. « Globalement, dans ces disciplines, aucun cours n’est assuré », commente-t-elle. Une autre assemblée générale aura lieu vendredi matin. En revanche, l’école Polytech et l’UFR de droit fonctionnent normalement.

LE HAVRE. La « journée d’alerte » organisée lundi 16 mars par le conseil d’administration de l’université du Havre a rassemblé une cinquantaine d’étudiants. L’organisation de cette journée de débats et d’échanges avait été décidée le 17 février 2009 par le conseil d’administration de l’université afin de protester contre les suppressions d’emplois et le nouveau modèle de répartition des moyens. Au cours de cette journée, Camille Galap, président de l’université, a estimé que ces suppressions d’emploi constituaient une « sanction difficile à comprendre après l’attribution du label campus innovant et la mention comme université exemplaire pour son plan campus ». Au plus fort de cette journée, le débat sur la loi LRU organisé en début d’après-midi avec Pascal Binczak, le président de l’université Paris-VIII, a réuni environ 250 personnes, dont une très forte
majorité d’enseignants-chercheurs. Peu de personnels Biatos ont assisté à cette journée, les services administratifs ayant poursuivi leur activité pendant cette journée. Une prochaine AG étudiante est prévue pour mercredi 18 mars à partir de 13
heures. Les cours se poursuivent normalement au sein de l’université depuis la levée des derniers blocages, vendredi 13 mars 2009. L’ Assemblée Générale de l’établissement en date du 18 Mars appelle à faire grève jusqu’au lundi 23 mars (550 pour, 7 contre, 25 abstentions). Pour permettre à l’ensemble de la communauté universitaire havraise de se mobiliser demain, l’AG établissement a décidé de bloquer totalement l’université du Havre sur tous les sites le jeudi 19 mars 2009.

ROUEN. Une assemblée générale étudiante organisée lundi 16 mars dans les locaux de l’UFR de sciences a réuni environ 400 personnes. Les projets de blocage ont été à nouveau évoqués. Seuls 20 à 30 étudiants ont ensuite tenté à plusieurs reprises de bloquer des bâtiments, principalement des locaux de l’UFR de lettres, mais ces blocages n’ont pas tenu. L’AG a principalement
porté sur l’organisation de la manifestation du jeudi 19 mars 2009. Une nouvelle AG devrait être organisée le 19 mars en début d’après-midi à l’issue de la manifestation. Les enseignants qui étaient aujourd’hui une soixantaine réunis en AG ont décidé de poursuivre leurs opérations « fac en ville » avec l’organisation de cours en centre-ville. Une « nuit de l’université » consacrée à des débats, devrait être organisée la semaine prochaine. Le jour de l’opération reste à déterminer. Côté EC, la mobilisation ne faiblit pas voire s’étend par rapport à la semaine dernière : -en sciences, la grève a été reconduite lundi après une AG de trois heures où la question des modalités de la grève a été longuement envisagée. Finalement, grève totale des cours. 8e semaine. Modalités de validation du semestre envisagées en conseil de gestion. -en SHS, la grève a été votée lundi avec pour la première fois la mise en place d’un programme de cours alternatifs. -en LSH, grève reconduite mardi : grève totale des cours avec cours alternatifs, cours en ville prévus sur la voie publique.  7e semaine. des débrayages. davantage de bâtiments impraticables qu’auparavant : printemps des chaises. -rien en droit La question du blocage est revenue longuement mardi en AG LSH à la demande de certains étudiants et après plusieurs tentatives la semaine dernière (dont une qui s’est très mal déroulée, violences des vigiles présents mardi dernier pour surveiller le système incendie défaillant et ont outrepassé leur mission). Collectif doctorant très actif, qui a obtenu le paiement régulier des heures des doctorants vacataires et essaie de monter des actions sur la restauration étudiante et le prix des logements. Manifestation prévue demain.Vendredi, nouvelles AG dans les composantes et intercomposante.

CAEN. L’occupation de l’université a été votée ce matin, « à une courte majorité », selon Thibault Leroy-Mignot, président de l’Unef Caen. « Nous sommes hostiles à cette occupation qui risque de vider le campus de ses étudiants », poursuit le représentant de l’Unef. Les modalités de cette occupation ne semblent pas avoir été clairement définies. Celle-ci devrait
toutefois prendre fin à 20 heures tous les jours. « Nous ne savons pas encore si les bâtiments du campus 1 seront seuls concernés ou bien si cet appel à l’occupation porte sur l’ensemble de l’université », indique la présidence de l’université. Un « comité de lutte » a été mis en place à l’issue de l’AG pour assurer ce blocage. Parallèlement à cette action, une cinquantaine d’étudiants a occupé, lundi 16 mars dans la soirée, les locaux de la présidence de l’université. « Ces étudiants n’ont pas eu accès aux bureaux et ils ont occupé un escalier du bâtiment », précise la présidence. L’occupation a pris fin ce matin. « Seuls cinq étudiants étaient encore sur place », précise la présidence. L’AG qui s’est tenue sur le campus 1 a également décidé d’occuper une agence de Pôle emploi ainsi que les locaux de l’inspection du travail, avec une distribution de tracts. « Nous avons également désapprouvé cette opération et notre priorité reste la mobilisation pour la manifestation de jeudi 19 mars », souligne Thibault Leroy-Mignot (Unef). Finalement, 450 étudiants ont effectivement perturbé le fonctionnement des services de l’inspection du travail, confirment les forces de l’ordre. Cette occupation qui a débuté vers 15h30 a pris fin aux environs de 17h30. Une autre AG organisée sur le campus 2 a réuni plus de 200 personnes aujourd’hui, contre une petite soixantaine habituellement. La présidente de l’université de Caen a annulé les réunions des conseils centraux prévues la semaine prochaine. Un conseil d’administration devrait toutefois être maintenu. La présidence précise : « L’ordre du jour a été limité à des décisions budgétaires techniques indispensables à l’ouverture de crédits immobiliers ». Les services de la présidence font part de leur « inquiétude » sur la capacité à rattraper les cours qui ne se sont pas tenues depuis près de sept semaines dans « certaines UFR ».
NANTES. Le blocus à l’université de Nantes a été reconduit ce matin, mardi 17 mars 2009, lors d’une AG qui a rassemblé plus de 2 000 étudiants, selon l’Unef. Environ 1 100 étudiants ont voté pour le blocus total, 600 pour le blocus partiel, et 150 contre le blocus. Le blocus est effectif jusqu’à lundi prochain. Hier, une AG spécifique à l’UFR droit a réuni un millier d’étudiants, qui ont voté pour la reprise des cours, avec le blocage de l’UFR jeudi prochain, pour la journée nationale de mobilisation. Une petite
manifestation étudiante devait se dérouler cet après-midi à Nantes, « en guise de piqûre de rappel », explique l’Unef. La manifestation interprofessionnelle de jeudi partira vers 14 heures de l’Hôtel-Dieu. Enfin, « un grand nombre de responsables administratifs de l’université » (responsables d’année, responsables de filières, directeurs d’études…) remettront leur démission vendredi au recteur, lors d’une audience prévue vers 16 heures. Cette action a été décidée lundi lors d’une AG des personnels de l’université de Nantes, qui a réuni plus de 200 personnes selon le Snesup, une soixantaine selon la présidence.

RENNES. Les étudiants de l’université Rennes-II Haute-Bretagne ont décidé lundi 16 mars, lors d’une AG qui a rassemblé environ 2 000 personnes (3 000 au moment du vote), de poursuivre le blocage. « Les comptages ont été refaits à plusieurs reprises, car le vote à main levée est difficile à apprécier », explique Mélodie, responsable de l’Unef Rennes. « On estime qu’environ 60 % des étudiants présents étaient favorables au blocage. » Pour la présidence de l’université, il s’agit de « votes très indécis ». La direction de l’université a donc décidé d’organiser un vote par voie électronique demain mercredi, de 9 heures à 18 heures et vendredi de 9 heures à 16 heures, « afin d’obtenir une expression incontestable de l’avis des seuls étudiants de Rennes-II ». Ce vote sera placé sous le contrôle d’un huissier de justice et du correspondant « informatique et liberté » de
Rennes-II. Les résultats devraient être connus dès vendredi soir. L’Unef est contre l’organisation de ce vote : « tous les étudiants n’ont pas accès à un ordinateur, et faire une consultation à froid, sans discussion préalable comme c’est le cas lors des AG, n’a pas de sens », estime la responsable du syndicat étudiant. « C’est un mauvais outil, qui est une façon de dire que l’AG n’est pas souveraine, et qui risque surtout de radicaliser le mouvement, car si le déblocage est voté – ce qui est probable si la plupart des bloqueurs boycottent cette consultation – il pourrait y avoir des tensions entre les partisans du blocage et les autres. » La prochaine AG étudiante doit se réunir lundi 23 mars à 14 heures. D’ici là, une opération escargot est prévue demain à 10 heures, au départ du campus Villejean, et la manifestation interprofessionnelle de jeudi partira à 11h30 de la place de la gare. Les étudiants se donnent rendez-vous dès 11 heures sur l’esplanade Charles-de-Gaulle.
Du côté des personnels de Rennes-II, réunis lundi matin en AG, un vote serré a conduit a adopter le principe d’un déblocage partiel de l’université, en maintenant des actions deux jours et demi par semaine. Ce principe a été soumis au vote des étudiants, qui l’a rejeté. Les personnels se réuniront de nouveau jeudi à 9 heures, lors d’une AG commune avec Rennes-I. Le départ pour la manifestation se fera vers 10h30. À Rennes-I, les cours se déroulent normalement, mais l’AG étudiante appelle à manifester jeudi et à « accueillir » vendredi la personne qui représentera Valérie Pécresse, qui devait intervenir sur le thème « Quels défis pour l’université autonome ? » dans le cadre du forum Libération intitulé « Sortir de la crise ! », organisé à Rennes du 20 au 22 mars.

BREST. Une AG des étudiants en sciences de l’UBO (université de Bretagne-Occidentale) a réuni aujourd’hui, mardi 17 mars 2009, plus de 400 personnes. Le blocus a été voté pour la première fois dans cette UFR. Les étudiants de Staps (Sciences et techniques des activités physiques et sportives) ont pris une décision similaire. En lettres, l’AG a réuni plus de 500 personnes, selon l’Unef. Le blocus a été reconduit jusqu’à lundi, 13 heures, date de la prochaine AG. L’assemblée générale des personnels
enseignants, également organisée aujourd’hui, a permis de préparer la manifestation de jeudi, prévue à 10h30 place de la Liberté.
LE MANS. L’AG étudiante organisée aujourd’hui, mardi 17 mars 2009, à l’université du Maine, a réuni environ 500 étudiants, selon l’Unef. Les étudiants ont décidé de demander à la présidence de l’université de procéder à une fermeture administrative jeudi. Devant le refus de la présidence, le blocage total a été décidé pour cette journée. Une nouvelle AG étudiante aura lieu lundi. Aujourd’hui, quelques étudiants ont participé à des AG lycéennes, qui ont réuni entre 50 et 100 lycéens dans deux ou trois établissements du Mans, selon un membre de l’Unef. Jeudi, la manifestation mancelle partira à 9h30 du Palais des congrès. Le cortège étudiant se formera un peu plus tôt sur le campus.

GRAND SUD-OUEST

POITIERS. « Les cours sont suspendus dans plusieurs UFR de l’université de Poitiers, bien qu’en lettres et langues ils aient décidé de reprendre les enseignements à partir du 23 mars sur les demi-journées pour ne pas compromettre irrémédiablement ce second semestre », indique Nathalie Villard, déléguée Snasub-FSU, qui ajoute que « le CA prévu lundi n’a pas pu avoir lieu ». La présidence affirme, elle, que « le CA de lundi 16 mars a eu lieu, mais ailleurs que là ou il était prévu. Il y a eu vote du compte
financier 2008, de l’allocation de subventions aux associations étudiantes et vote des comités de sélection pour la prochaine campagne de sélection des enseignants-chercheurs ». Par ailleurs, la présidence ajoute qu’en « droit et sciences les votes organisés par les UFR sont favorables à la reprise des cours, hormis les jours de manifestation nationale » et précise que « les
étudiants de droits ont dû être installés ailleurs, car des bloqueurs les empêchaient de travailler ». Le « comité de mobilisation » étudiant indique qu’une AG étudiante a reconduit le blocage de l’université, ce mardi 17 mars 2009, par 911 voix pour et 358 contre. Personnels et étudiants se retrouvent en assemblée générale le 20 mars.

LIMOGES. En lettres et sciences humaines, au cours d’une assemblée générale rassemblant « environ 300 personnes le blocage des cours, hors concours et français langue étrangère, mercredi 18 mars après-midi ainsi que jeudi 19 toute la journée, a été voté à main levée à une majorité nette », indique Cyrille Rougier, doctorant, qui précise que la prochaine assemblée générale
aura lieu lundi 23 mars. Ces informations sont confirmées par le service communication de la présidence, qui ajoute que, « contrairement à la journée du 11 mars », les étudiants en sciences réunis en assemblée générale jeudi dernier, le 12 mars, « n’ont pas voté la suspension des cours pour toute la journée du 19 mars mais pour l’assemblée générale prévue le matin même, de 8h30 à 9h30 ».

LA ROCHELLE. Le président de l’université de La Rochelle est allé à la rencontre des étudiants ce lundi 16 mars 2009. « Il y a eu un débat intéressant avec la présidence. Pour ce jeudi, les étudiants sont appelés à ne pas venir en cours et à se rassembler à partir de 10h30 », indique Simon Benoit, de l’Unef. « C’était une première rencontre avec les étudiants. Il s’agissait de démystifier un peu cette réforme », indique de son côté le service communication selon qui, « pour ce jeudi 19 mars, seule la fac de droit avait appelé à un mouvement. Nous ne savons pas encore comment cela va se passer ».

BORDEAUX. À Bordeaux-III Michel-de-Montaigne, le blocage des locaux a été reconduit lundi 16 mars, jusqu’au lundi suivant, lors d’une assemblée générale réunissant « au moins mille personnes, étudiants et enseignants » selon les témoignages de plusieurs étudiants et personnels de l’université. À Bordeaux-II Victor-Segalen, « tous les bâtiments en centre-ville des
étudiants en sciences de l’homme sont bloqués depuis l’AG de ce mardi 17 mars, qui a voté ce blocage jusqu’à mardi prochain à 500 voix pour sur 750 votants environ », indique Camille Perreau, responsable Unef à Bordeaux, avant d’ajouter qu’à Bordeaux-I, le blocage partiel installé dans la soirée du 12 mars par une quarantaine d’étudiants « a été reconduit ce lundi 16
mars jusqu’en début de semaine prochaine par plus des deux tiers des 600 étudiants présents en AG ». Ce mardi 17 mars en début de soirée, « devant les risques encourus pour les personnels et les biens, l’équipe présidentielle et les directeurs d’UFR ont décidé de faire paraître un arrêté suspendant les enseignements sur le campus de Bordeaux-I jusqu’à lundi », indique la présidence. À Bordeaux-IV, la présidence a publié ce mardi 17 mars en début de soirée le communiqué suivant : « Soucieux de garantir la sécurité de tous, le président de l’université, en raison des risques de blocage et de perturbation du siège de l’université à l’occasion de la journée nationale de manifestations du 19 mars, déclare le site de Pessac fermé toute la
journée du jeudi 19 mars 2009. »

PAU. À Pau, une assemblée de plusieurs centaines d’étudiants et enseignants a voté ce mardi 17 mars la remise en place du blocage de l’université, qui avait été « débloquée » à 24 voix d’écart une semaine avant, le mardi 10 mars. « C’est reconduit jusqu’à jeudi » confirme la présidence, qui ajoute : « Il ne se passe rien sur les sites satellites de Tarbes et de Mont-de-Marsan."

TOULOUSE. « Entre 150 et 200 étudiants du Mirail, de l’université Paul-Sabatier et de l’Arsenal, ont mené une action inter-fac cette après-midi », déclare Pauline, membre du « comité UPS en lutte » mardi 17 mars 2009. Selon elle, plusieurs petits groupes séparés se sont formés pour mener une action surprise dans les locaux toulousains de Radio France. « Nous avons fait une AG d’occupation et élu six porte-parole, deux par université, pour faire entendre médiatiquement la voix des étudiants »,
explique Pauline. Après négociations et refus « d’ouvrir l’antenne aux étudiants sous la pression », Vincent Rodriguez, rédacteur en chef adjoint du Mouv’, a reçu trois représentants. Une interview des étudiants a été enregistrée et « sera diffusée quand la conférence de rédaction le décidera », précise Vincent Rodriguez. « Cette action s’est déroulée dans le calme et
sans problème, avec la présence des CRS et de la BAC[brigade anti-criminalité] », note l’étudiante de Toulouse-III. Vincent Rodriguez évoque « une ambiance plutôt cool, de l’ordre de la discussion ».
À Toulouse-II Le Mirail, « il y a enfin eu un vrai débat sur la loi LRU lors de l’AG d’aujourd’hui », indique Nicolas, porte-parole de l’Aget-FSE. « Mille à 1 200 personnes étaient présentes et ont reconduit le piquet de grève », poursuit-il. De son côté, Daniel Filâtre, président du Mirail, « réitère fermement son opposition au blocage qui pénalise les étudiants, les personnels administratifs, techniques et bibliothèque et les enseignants ». « L’université de Toulouse II-Le Mirail n’est pas en mesure d’assurer les cours », déclarait-il dans un communiqué daté du 16 mars. « La situation est moins tendue que la semaine dernière », note la présidence du Mirail.
À Toulouse-III Paul-Sabatier, « neuf cent personnes, étudiants et personnels, ont voté le blocage total des cours jusque vendredi 20 mars, sauf pour les étudiants des classes préparatoires aux concours nationaux », annonce Émile, étudiant membre de la coordination UPS en lutte, suite à l’AG qui s’est tenue mardi 17 mars 2009. « Les bâtiments administratifs et de recherche ne sont pas bloqués », précise-t-il en indiquant qu’ « il n’y a pas de situation conflictuelle, ni de confrontation avec la direction de l’université ». Le comité de mobilisation prévoit l’organisation d’actions à travers « la distribution de tracts à la population et aux lycéens », mercredi 18 mars. Vers 17 heures, la présidence de Toulouse-III réunira le comité d’accompagnement du mouvement. Par ailleurs, la journée du 19 mars a été déclarée « banalisée » par Gilles Fourtanier, président de Toulouse-III.
IEP de Toulouse (Toulouse-I) : les enseignants chercheurs de l’IEP sont toujours mobilisés ainsi que les étudiants. Demain jeudi 19 mars, la journée a été banalisée par la direction de l’établissement. Une matinée de débats est organisée par les EC mobilisés et les étudiants. Une AG des EC est organisée demain à 12h15 ainsi qu’une AG des doctorants.

GRAND SUD-EST

MONTPELLIER. À Montpellier-III Paul-Valéry, le vote organisé lors de l’AG étudiante de mardi 17 mars s’est terminé dans « une grosse confusion » selon les termes de Laurence Dreyfuss, porte-parole de la section Snesup de l’établissement. Après comptage, 831 voix se sont exprimées en faveur d’un blocage, contre 831 voix contre, 61 abstentions, 56 personnes n’ayant pas
pris part au vote. « Les antibloqueurs sont en train de débloquer les piquets de grève et ont refusé la proposition des bloqueurs d’organiser un nouveau vote demain, mercredi 18 mars », note Laurence Dreyfuss. Anne Fraïsse, présidente de Paul-Valéry, a proposé une « journée banalisée » demain, mercredi 18 mars, ainsi que la tenue d’un vote électronique anonyme. « Ce vote pourrait se tenir sur deux jours d’ici la fin de la semaine », indique la présidence. Pendant plus de cinq heures, les étudiants de Paul-Valéry se sont réunis sur les pelouses du campus. « C’est une AG très massive qui a débuté avec plus de 800 étudiants. Petit à petit, d’autres sont venus et il est très difficile de donner un chiffre », annonce Laurence Dreyfuss qui salue « une organisation très bien structurée et des débats d’une très bonne tenue ». Après les tensions de ces derniers jours qui avaient amené la présidente à demander l’intervention des forces de l’ordre et à déclarer la fermeture administrative du campus, « le soleil a apaisé les tensions et calmé les esprits », plaisante Laurence Dreyfuss. Un peu plus tôt dans la journée, de 10h à 11h, « une centaine de personnels de l’université Montpellier-III » se sont réunis en AG, selon Laurence Dreyfuss, avant d’être rejoint par les personnels de l’université Montpellier-II pour une AG commune. « La reconduction de la grève a été votée jusque vendredi 20 mars, jour de notre prochaine AG », déclare Laurence Dreyfuss. Les personnels ont également adopté une motion demandant à chaque département de se prononcer sur « une démission des responsabilités et la non-remontée des maquettes ». Les personnels mobilisés de l’université Montpellier-II organisent, aujourd’hui, mardi, à partir de 21h30, une «manifestation nocturne »
PERPIGNAN. Jean Benkhelil, président de l’université Via Domitia de Perpignan, « a décidé la suspension des enseignements jusqu’au 19 mars inclus », suite aux résultats de la consultation de l’ensemble des usagers (personnels, étudiants et Biatoss) au sujet des modalités de poursuite de la grève qui s’est déroulée mardi 17 mars 2009. Trois propositions ont été soumises au vote : « pour la grève des enseignements jusqu’au 19 mars inclus », « pour la grève des enseignements uniquement les jours de mobilisation nationale » ou « pour la reprise normale des activités d’enseignement ». Avec 47,66 % de taux de participation, les personnels ont chois à 118 voix de poursuivre la grève jusqu’au 19 mars (68 voix pour une grève « perlée » et 79 voix pour la reprise des cours). Les étudiants ont participé à 15,15 %, soit 991 suffrages exprimés. Les résultats sont partagés puisque 391
d’entre eux se sont prononcés en faveur d’une grève jusqu’au 19 mars, 365 pour la reprise des activités et 235 pour une grève « perlée ». Enfin, les personnesl Biatoss se sont décidé pour la grève jusqu’à jeudi 19 mars à 81 voix sur 216 suffrages exprimés (68 voix en faveur de la reprise des activités, 50 voix pour une grève « perlée » et 17 bulletins nuls). Le taux de participation des Biatoss est de 44,63 %. Suite à la « consultation du mardi 17 mars 2009 organisée par le président, aucune de nos revendications n’a été satisfaite, le mouvement doit continuer », déclare un communiqué de presse du comité des personnels mobilisés de Perpignan mardi 17 mars. « C’est pourquoi nous appelons à voter pour la grève des enseignements jusqu’au 19 mars inclus. » La prochaine AG des personnels est prévue jeudi 19 mars.
AVIGNON.  Lundi 16 mars : Occupation de l’inspection académique pendant 2 heures par une bonne trentaine de grévistes. Mardi 17 mars : AG de + de 500 personnes vote les motions de la 6ème coordination nationale et des actions sur toute la semaine se préparent. L’IUFM qui manifeste tous les mardis depuis plusieurs semaines, se retrouve devant la mairie d’Avignon. Des étudiants, enseignants et personnels rejoignent la conférence de presse des Enfants de Don Quichotte qui débutent leur tournée par Avignon. Mercredi 18 mars : animations sportives en centre-ville à partir de 14h, organisées par les étudiants en STAPS. Distribution de tracts. Jeudi 19 : journée de manifestation nationale. Le cortège université part du campus pour rejoindre le rassemblement interprofessionnel/intersyndical à 10h. Vendredi 20 : AG à 10h pour décider de la suite du mouvement et des actions à venir

AIX-MARSEILLE. La faculté des sciences de Saint-Charles à Marseille (université de Provence, Aix-Marseille-I) a été bloquée pendant trois heures mardi matin, 17 mars 2009, par plusieurs dizaines d’étudiants, rapporte l’Unef Aix-Marseille. La veille, le président de l’université, Jean-Paul Caverni, avait demandé aux enseignants-chercheurs et aux étudiants mobilisés de trouver d’autres formes d’actions, ponctuelles, « qui n’entravent pas le bon fonctionnement de l’établissement », tout en indiquant que « les objectifs du mouvement gardent leur légitimité ». À 10 heures, une AG étudiante a ensuite réuni 500 personnes, selon l’Unef Aix-Marseille. La grève a été reconduite jusqu’à vendredi 19 mars, ainsi que l’occupation de l’amphithéâtre Fabry. La prochaine AG aura lieu vendredi. À la faculté de lettres de l’université de Provence à Aix-en-Provence, l’AG étudiante du jour a rassemblé 700 personnes, affirment à la fois l’Unef Aix-Marseille et le Snesup Aix. Elle a décidé d’organiser à son tour un «
printemps des chaises » et d’occuper la faculté dès ce soir. « Les étudiants restent très mobilisés, car ils ont le sentiment de ne pas être entendus. L’objectif n’est cependant pas de radicaliser le mouvement, mais bien de mobiliser encore davantage de monde », commente Julie Toubiana, la présidente de l’Unef Aix-Marseille. Les enseignants-chercheurs de la faculté de lettres étaient quant à eux environ 150 à se réunir et reconduire la grève jusqu’au 23 mars, date de la prochaine AG, indique le Snesup Aix. Ils demandent la suspension des cours jeudi, jour de mobilisation interprofessionnelle. Ils ont par ailleurs décidé d’envoyer une délégation « perturber » le Cevu qui doit se tenir  vendredi 19 mars, afin de « modifier l’ordre du jour, exclure les débats
techniques sur le réaménagement du calendrier d’examen alors que le mouvement se poursuit et faire voter une motion de soutien aux 108 enseignants-chercheurs, dont cinq directeurs d’UFR, qui ont démissionné de leurs tâches administratives » la semaine dernière.
À l’IUT Gaston Bergé (université de la Méditerranée, Aix-Marseille-II), 200 personnes réunies en AG ont voté la grève et le blocage, selon l’Unef. Par ailleurs, des cours hors les murs ont eu sur la Canebière, hier avec des étudiants et un professeur de l’IUFM d’Aix-Marseille, et aujourd’hui avec des étudiants et des enseignants-chercheurs de l’université de Provence.
Un rassemblement suivi d’une manifestation est prévu mardi soir 17 mars 2009, sur l’escalier de la gare Saint-Charles à Marseille, à l’appel d’une intersyndicale Fidl, FSU 13, SDEN-CGT 13, SE-Unsa 13, SNCL Faen 13, Snes-FSU, Snuipp-FSU, Unef Aix-Marseille et Sud-Éducation 13. De nouvelles AG auront lieu sur les campus de Saint-Jérôme (université de Provence et université Paul-Cézanne, Aix-Marseille-IIII) et de Luminy (université de la Méditerranée, Aix-Marseille-II).

LYON. Une assemblée générale s’est déroulée aujourd’hui, mardi 17 mars, sur le campus des quais de l’université Lumière Lyon-II. « 589 étudiants ont voté pour le blocage, 343 contre et une cinquantaine se sont abstenus », annonce à l’AEF Yannis (Unef), étudiant à Lyon-II. Une autre assemblée générale aura lieu demain, mercredi, à Lyon-II, mais sur le campus de Bron
cette fois. Aujourd’hui la grève a été reconduite et l’appel à manifester jeudi 19 mars, validé.

GRENOBLE. Une assemblée générale étudiante interuniversités s’est déroulée ce mardi 17 mars à Grenoble. « Il y avait 4 à 500 personnes », estime pour l’AEF David du bureau national de l’Unef, présent à Grenoble ce jour. « L’AG inter-U a été suivie d’AG d’UFR ici ou là », précise-t-il. Le blocage n’a pas été voté, mais « le printemps des chaises » se poursuit (opération consistant à confisquer les chaises pour empêcher les cours de se tenir). La participation à la manifestation de jeudi 19 mars a été validée, « avec probablement un départ du campus pour rejoindre la manifestation interprofessionnelle qui partira de la gare à 10 heures », détaille David. Ce même jour, les étudiants prévoient une diffusion massive de tracts, des débrayages de cours « et peut-être un blocage ». La prochaine AG devrait avoir lieu mardi prochain, 24 mars, avec les enseignants.

CLERMONT-FERRAND. Une assemblée générale aura lieu demain, mercredi 18 mars, à midi, « pour préparer la journée de jeudi », indique Gwénolé Jouannic de l’Agec. « Et jeudi, une nouvelle assemblée générale se tiendra à 15h30 après la manifestation qui partira à 10h », ajoute-t-il. Il précise par ailleurs que lundi, une délégation clermontoise était présente à la « coordination nationale des universités » à Dijon et que ce matin, à Clermont-II, une opération « printemps des chaises » a eu lieu.

SAINT-ÉTIENNE. Les trois sites de l’université Jean-Monnet de Saint-Étienne déjà concernés par les blocages les semaines précédentes ont revoté la grève et les blocages aujourd’hui, mardi 17 mars, en assemblées générales. Sur le site de Tréfilerie, le blocage a été voté par 460 voix pour, 361 contre et 45 abstentions, selon les informations transmises par un étudiant. « On m’a
communiqué les mêmes chiffres », indique à l’AEF Jean-Luc Foury, directeur de la communication. Sur le site des Staps, 170 étudiants ont participé au vote (sur un effectif total de 250 étudiants que compte le site) : 137 ont voté pour le blocage, et 161 ont reconduit la grève. À la Métare, 412 personnes ont pris part à l’AG et ont voté pour le blocage avec 211 voix
(117 contre et 56 abstentions), selon les chiffres indiqués par Xochilt Corman, étudiante en sciences.
Une assemblée générale de personnels s’est également déroulée à midi. « Ils ont reconduit la grève jusqu’à vendredi, avec 62 voix pour, 7 contre et 11 abstentions », indique Jean-Luc Foury.

GRAND EST
REIMS. « Une AG réunissant 1 500 personnes à l’Urca (Université Reims Champagne-Ardennes) le 16 mars 2009, essentiellement des étudiants et environ 150 enseignants a voté à 60 % pour le blocage jusqu’à lundi », affirme Julien Micelli de l’Unef. Un sitting de 300 étudiants a par ailleurs eu lieu aujourd’hui dans le centre ville de Reims.

STRASBOURG. L’université de Strasbourg se prépare à accueillir les prochaines réunions de la « coordination nationale étudiante » les 21 et 22 mars et de la « coordination nationale des universités » le 23 mars, indique Anne-Véronique Auzet (Snesup-FSU). Elle précise qu’une AG des Biatoss s’est tenue aujourd’hui et a « réuni 75 personnes », une AG des personnels
enseignants-chercheurs et chercheurs aura lieu demain et une AG recherche (laboratoires et équipes d’accueil) jeudi 19 mars. Après la réunion des délégués de laboratoires qui s’est tenue à Paris jeudi 12 mars, « une délégation d’une vingtaine de chercheurs » a obtenu une entrevue avec la présidence de l’université pour « étudier la question locale et la relation
avec le CNRS dans le cadre des UMR délabellisés », relate Anne-Véronique Auzet. Par ailleurs, une « AG unitaire » a réuni environ « 1 000 personnes dont une majorité d’étudiants », rapporte un étudiant en philosophie. Selon lui, trois bâtiments sont toujours bloqués, dont le « Patio », bâtiment principal des SHS. L’AG de lundi déterminera la suite à donner aux blocages.

NANCY-I. Le « printemps des chaises » a été pratiqué aujourd’hui à Nancy-I Henri-Poincaré, où l’Unef signale également la suspension de certains cours. Une AG est prévue mercredi 18 mars.

NANCY-II. Le campus a été bloqué, indique l’Unef, et les étudiants accueillis avec du café en début de matinée. Ont été maintenus les cours des prépas, ceux de FLE (Français langue étrangère), et la bibliothèque universitaire était ouverte. Des cours et conférences ont été proposés par des étudiants, consacrés notamment au « bonheur chez Epicure », ainsi qu’au colonialisme. Une AG a réuni 500 participants en milieu de journée selon l’Unef, et a appelé au déblocage ce soir et à la reprise des cours demain mercredi 18 mars, avant un nouveau blocage jeudi 19 mars.

UHA. « Les étudiants ont voté hier en AG le blocage des deux bâtiments de la faculté de lettres », rapporte Christophe de Casteljau, secrétaire général de l’UHA (université de Haute-Alsace). Il indique que la faculté est bloquée depuis ce matin, et ce, pendant deux jours. « Les AG, qui étaient hebdomadaires auparavant, sont désormais presque quotidiennes », constate-t-il. De plus, les étudiants ont « bien relayé le mouvement des enseignants-chercheurs ». L’UHA prévoit une « journée morte » jeudi 19 mars, journée de manifestation.

NORD

LILLE-I. Le blocage complet de l’IUT A de Lille-I a été décidé jusqu’au vendredi 20 mars par les personnels et les étudiants réunis en AG lundi 16 mars. L’assemblée des étudiants a procédé à un vote, à bulletins secrets, au cours duquel 301 personnes se sont prononcées pour le blocage des activités de l’IUT (38 « contre », 14 abstentions ou bulletins nuls). Le blocage des
locaux est effectif depuis le 11 mars. « Le 12 mars, des réponses ont été apportées par le ministère à l’Adiut  », rappelle Moulay-Driss Benchiboun, directeur de l’institut. « Nous attendons une circulaire d’un jour à l’autre qui précisera ces avancées », ajoute-t-il. Les personnels de l’IUT lui ont demandé, dans une motion adoptée par 159 votants (trois s’exprimant « contre
», six s’abstenant), de démissionner et de fermer « sine die » l’institut si, le 20 mars, « le système IUT est toujours considéré comme non viable ». Une assemblée générale des étudiants et personnels de Lille-I devait par ailleurs se tenir dans l’après-midi pour décider de la suite à donner au mouvement.

LILLE-II. 794 « pour », 608 « contre » : selon des sources concordantes, les étudiants de la faculté de droit de Lille-II se sont prononcés hier pour l’annulation des cours magistraux et des TD jusqu’à la fin de la semaine, lors d’un vote à bulletins secrets. En revanche, l’Esa (École supérieure des affaires) et l’Ipag (Institut de préparation à l’administration générale) ne sont pas bloqués. « Les cours et les TD ne seront pas rattrapés mais le programme de révision et le calendrier universitaire restent inchangés », prévient l’administration dans un communiqué paru sur le site <http://droit.univ-lille2.fr> internet de la faculté.
Par ailleurs, des étudiants de l’IEP réunis cet après-midi en AG ont décidé de poursuivre le blocage des locaux jusqu’au lundi 23 mars, par 310 voix « pour », 143 « contre » et 22 abstentions, selon une source étudiante. Des chiffres confirmés par l’administration. Les étudiants mobilisés organisent cette semaine des conférences, des projections et des débats pour « ne pas
être une fac morte ».

UNIVERSITÉ D’ARTOIS. Le conseil d’administration de l’université d’Artois réuni en séance plénière le 13 mars 2009 « appelle au retrait du projet de modification du décret portant statut des enseignants-chercheurs et du projet de réforme dit de la masterisation de la formation des maîtres ». Selon la motion <http://www.univ-artois.fr/francais/actualites/Motion_13.pdf> qui a été adoptée, « ce retrait est une condition nécessaire à l’ouverture indispensable de négociations avec l’ensemble de la communauté universitaire pour bâtir un projet de qualité ». Le CA « demande le maintien en l’état des formations et des concours de recrutement de l’année 2010, et rejette toute mesure transitoire », poursuit le texte. De plus, le CA « attire l’attention du gouvernement et du législateur sur les conséquences négatives de la loi LRU et souhaite qu’un débat soit engagé pour envisager son évolution » affirme aussi la motion. Vingt membres du CA ayant voix délibérative étaient présents le 13 mars : 18 se sont prononcés en faveur de la motion, deux se sont abstenus, indique l’université. L’occupation du site d’Arras, par des étudiants mobilisés contre la masterisation, se poursuit jusqu’à la prochaine AG étudiante, qui doit se tenir mercredi 18 mars, selon les étudiants et l’administration. « Nous organisons toujours des cours alternatifs dans la fac, mais aussi hors les
murs, ce qui permet de sensibiliser les passants », indique Suzy Lesniewski, élue Sud-Étudiant au Cevu et vice-présidente étudiante.
Près de 200 étudiants, stagiaires et enseignants du site d’Outreau de l’IUFM Nord-Pas-de-Calais, école interne de l’université d’Artois, se sont réunis lundi 16 mars, pour « un pique-nique de protestation contre le projet de master de la formation des maîtres » en compagnie d’étudiants et d’enseignants de l’université du Littoral, selon Jean-François Berthon, responsable pédagogique du site d’Outreau. D’autres actions ont été programmées : participation à la « nuit des IUFM », le 18 mars et
participation à la manifestation du 19 mars.

Communiqué de la coordination de l’Université de Paris 1 Panthéon Sorbonne

Communiqué de la coordination de l’Université de Paris 1 Panthéon Sorbonne

Universités : l’obstination coupable du gouvernement

Il est aujourd’hui clairement avéré que, contrairement à ce que déclare le gouvernement, les conditions nécessaires à l’arrêt du mot d’ordre de grève lancé par une grande majorité d’universités et repris par la coordination nationale des universités dans toutes ses réunions, depuis celle du 22 janvier à l’Université Paris 1, ne sont en rien satisfaites.
Concernant le statut, la réécriture engagée le 4 mars conduit à un quasi clone du premier projet de décret, avalisé par les deux mêmes organisations syndicales qui s’étaient déjà abstenues lors de sa présentation au CNESER. Concernant la réforme des concours de recrutement d’enseignants (mastérisation), le gouvernement ne se résout encore ni au retrait , ni même à un moratoire d’un an. Et cela malgré la demande du Conseil d’administration de la Conférence des Présidents d’Université qui, pour une fois, s’écarte de la ligne gouvernementale. Sur le projet de contrat doctoral, le gouvernement est totalement muet. La restructuration de la recherche se poursuit toujours contre la volonté de la grande majorité des chercheurs et des universitaires. Et en ce qui concerne les moyens, le gouvernement déclare qu’il aurait renoncé à la suppression de postes en 2010 et 2011, sans toutefois  revenir sur celles de 2009. Or rien ne nous incite à accorder quelque crédit à des promesses dont on peut craindre qu’elles seront compensées le moment venu par des ajustements ou des contreparties dans d’autres compartiments du budget de l’enseignement supérieur et de la recherche.
L’obstination du gouvernement et sa volonté de vouloir passer en force en jouant sur le pourrissement du mouvement sont coupables et extravagants. Coupables car la poursuite de la rétention des notes du premier semestre, celle de la grève engagée le 2 février dans la plupart des établissements, et les blocages de plus en plus nombreux mettent désormais en péril l’année universitaire d’un grand nombre d’étudiants. Son obstination est extravagante car on aura rarement vu un gouvernement s’acharner autant à refuser d’entendre les protestations d’universitaires à la fois nombreux et de disciplines ou d’opinions très diverses.
Cet autisme gouvernemental devient insupportable et dangereux. Il est de notre responsabilité d’attirer solennellement l’attention de nos concitoyens sur ce qui se passe réellement dans le monde universitaire et sur son état d’esprit. Celui-ci est las et écœuré face aux attaques qu’il subit de la part des plus hauts responsables de l’Etat. Quels que soient le moment et la nature de la sortie de ce conflit, les traces en seront profondes et durables. A agir de la sorte, c’est tout l’enseignement supérieur et la recherche que l’on malmène et que l’on décourage.
Qui souhaitera, demain, s’engager dans nos métiers ? Qui voudra envisager la préparation d’une thèse ? Comment évolueront les filières scientifiques ?
Que vaudra à terme l’enseignement primaire et secondaire si la réforme des concours de recrutement annoncée voit le jour ?
Que penseront dans dix ou vingt ans les français de gouvernants qui n’auront eu comme seule ligne politique que de dénigrer les universitaires et les chercheurs, que de vouloir obstinément leur imposer des modes de fonctionnement concurrentiels dont les effets sur les performances globales sont plus sûrement négatifs que positifs, et de réduire de toutes les façons possibles les moyens nécessaires au bon fonctionnement de l’université, créant de la précarité et dégradant fortement les conditions de travail de tous les personnels et des étudiants ?
Telles sont les questions que chaque citoyen doit aujourd’hui se poser pour tenter d’élucider tous les effets des réformes contre lesquelles nous luttons, notamment par une grève qui dure depuis plus de 6 semaines et qui est destinée à se prolonger si le gouvernement continue à ne pas entendre l’ensemble de la communauté universitaire.

Paris 13 mobilisé.

A Paris 13, UFR de sciences économiques et de gestion, un rapide état des lieux réalisé mardi 17 mars a montré que 50 % des cours du 2e semestre ne sont pas assurés. L’UFR est en grève depuis le 2 février. L’UFR de langues également. Et les IUT de Paris 13 Villetaneuse sont en grève totale depuis le 10 Janvier !

UFR droit-sciences politiques à Paris X revote la grève (16 Mars)

l’UFR droit-sciences politiques à Paris X, qui était la seule à avoir suspendu la grève 15 jours, l’a revotée lundi 16 mars.

IMPORTANT : Pour préparer la 7ème coordination de Strasbourg.

"Nous travaillons à l’organisation de la 7ème coordination nationale des universités à Strasbourg. Comme pour les deux précédentes coordinations, nous allons synthétiser les retours sur les mobilisations dans une présentation qui sera faite en début de coordination.
Nous vous demandons donc d’envoyer à l’adresse suivante cnu7.actions@gmail.com l’état de la mobilisation dans vos universités/UFR/labos… et ce au plus tard pour vendredi 20 mars à minuit dernier délai. Merci d’être aussi précis que possible sur l’état de cette mobilisation notamment sur la caractérisation de la grève ou des blocages/occupation.
Nous ferons circuler la présentation (ou un lien vers celle-ci) dès qu’elle sera prête et sans doute donc avant lundi matin.

Vous pouvez également faire suivre cet état de la mobilisation sur la liste de discussion de la coordination, avec en copie cnu7.actions@gmail.com."

Avignon : pas d’essoufflement en vue

"Le mouvement ne s’essoufle pas sur Avignon alors que nous sommes dans le mouvement depuis le début. Il y a toujours 2 AG par semaine, les mardis et jeudis et le vote pour le filtrage total est toujours majoritaire. Les cours n’ayant plus lieu, des tensions naissent notamment concernant la validation du semestre d’autant plus que nous avons également du mal à savoir quelles sont les universités et à quel degré celles-ci sont mobilisées. C’est tous ensemble que nous pourrons y arriver.
Des actions s’organisent tous les jours, par exemple cet après-midi, les étudiants en Staps ont animé des séances de sport sur la Place du Palais des Papes et nous avons tracté pour alerter la population sur les dangers de la LRU qui menace l’existence de l’université d’Avignon."

Motion du CA de l’université d’Artois

Après 6 semaines de blocage, le CA de l’université d’Artois a enfin admis qu’il se passait quelque chose. Voici la motion adoptée Vendredi dernier.

MOTION adoptée au Conseil d’Administration du 13 mars 2009
Le Conseil d’Administration de l’université d’Artois réuni en séance plénière le 13 mars 2009 appelle au retrait du projet de modification du décret portant statut des enseignants-chercheurs et du projet de réforme dit de la masterisation de la formation des maîtres.
Ce retrait est une condition nécessaire à l’ouverture indispensable de négociations avec l’ensemble de la communauté universitaire pour bâtir un projet de qualité. Le Conseil d’Administration de l’université d’Artois demande le maintien en l’état des formations et des concours de recrutement de l’année 2010, et rejette toute mesure transitoire.
Enfin le Conseil d’Administration attire l’attention du gouvernement et du législateur sur les conséquences négatives de la loi LRU et souhaite qu’un débat soit engagé pour envisager son évolution.

Radicalisation à Toulouse et Montpellier

A lire sur EducPros.

Extrait : "Montpellier 3, Toulouse 2 et 3, l’IEP de Toulouse, Perpignan, Caen, Rennes 2, Le Havre… Les blocages d’universités se sont multipliés ces derniers jours. Selon la coordination nationale des universités, la moitié des universités seraient en grève et/ou bloquées, une trentaine selon le ministère. Avec parfois de sérieux dérapages, comme à Toulouse 2 Le Mirail où des casseurs s’en sont pris à la présidence. La coordination nationale a appelé le 16 mars à la "multiplication des actions" contre le décret sur le statut des enseignants-chercheurs et les réformes en cours. "

Enseignants-chercheurs: le gouvernement joue avec le feu

A lire sur Rue 89 en date du 18 Mars

" (…) En réalité, le gouvernement, ayant déjà corseté l’exercice du droit de grève dans les transports publics, puis essayé de faire échec aux grèves dans l’éducation nationale par l’organisation d’un service minimum d’accueil des élèves, cherche à désolidariser les Français de la lutte universitaire :  il prétexte implicitement que l’absence de retenue sur le traitement en cas de non-respect des obligations de service serait non seulement juridiquement inacceptable mais surtout moralement inadmissible.

Le gouvernement feint d’ignorer le sens des responsabilités des chercheurs

Il révèle par là-même ce qui le gêne profondément :  la tradition pluriséculaire sur laquelle s’appuient les universitaires, la liberté dont ils jouissent, leur caractère incontrôlable (à la fois statutairement et idéologiquement), l’obstacle qu’ils forment à une extension de la marchandisation de la société. En ce sens, le mouvement universitaire actuel constitue un enjeu de société crucial. Toutefois, cette tentative, tout comme les précédentes, échouera. En effet, le gouvernement oublie que les enseignants-chercheurs sont annualisés et que le décompte de leurs heures de service assurées ou non ne peut être effectué qu’à la fin de l’année universitaire. Les retenues sur le traitement ne pourraient être envisagées qu’à ce moment. De même, il fait semblant d’ignorer que, dans bon nombre d’universités, les enseignants-chercheurs ont d’ores et déjà assuré l’intégralité de leur service puisque le sous-encadrement structurel les conduit à assumer des charges d’enseignement bien largement supérieures à leurs obligations statutaires. Par conséquent, si des retenues devaient être opérées, elles ne pourraient porter que sur les heures complémentaires. Enfin, le gouvernement feint encore d’ignorer que le sens des responsabilités des enseignants-chercheurs à l’égard des usagers de l’université -les étudiants- les conduira très probablement à décaler le second semestre de l’année universitaire.

A mépriser les enseignants-chercheurs, on prend le risque d’un pourrissement

Ils pourraient donc rattraper bon nombre des enseignements non assurés, voire leur totalité, comme lorsque le gouvernement avait précipité les étudiants dans la rue avec ses projets du CPE (contrat première embauche) puis de la LRU (libertés et responsabilités des universités) et conduit au blocage de très nombreuses universités. Ces tentatives du gouvernement révèlent une volonté non seulement de mise au pas des enseignants-chercheurs mais aussi de refus de discuter des postulats de ses projets. Sauf qu’à mépriser les enseignants-chercheurs, il prend la lourde responsabilité d’un pourrissement irrémédiable de la situation. Il pousse à la radicalisation du mouvement (…)"

Lire la suite sur Rue 89 en date du 18 Mars

Barricades brûlées à Toulon

"La situation à beaucoup évolué vers une radicalisation du mouvement à Toulon. C’est une évolution importante à prendre en compte dans ce conflit. Voici un lien vers une vidéo tourné durant l’action coup de poing d’aujourd’hui :
http://www.dailymotion.com/UniversiteSudToulonVar/video/14610204
Le ton était encore plutôt bon enfant (quoique…), mais des baricades ont brulé pour la première fois (la cible du blocage était un centre commercial important). C’est inquiétant pour la suite."

Saint Etienne vote la grève

A Saint-Etienne, les personnels et étudiants ont réaffirmé le durcissement du mouvement.

Les personnels ont reconduit la grève jusqu’à la prochaine AG du 24 mars.

Les étudiants du site Tréfilerie (ALL, SHS, Droit, Eco-Gestion), du site Métare (Sciences) et du site STAPS ont tous reconduit la grève et renouvelé le blocage: aucun cours n’est tenu.

La grève est active sur tous les sites : nombreuses actions « coup de poing », distributions de tracts devant les lycées, programme de conférences dans le cadre de « l’Université Solidaire ».

Pour la manifestation du 19 mars, le cortège des personnels et étudiants de l’UJM partira de la Bourse du Travail à 9h30 pour rejoindre le cortège interpro parti Place Jean Jaurès.

Une AG intersecteurs est prévue sur l’Université (amphi E01) à 15h30.

Pour la Coordination de l’Université Jean Monnet de Saint-Etienne,

Motion de la SFHST (Société française d’histoire des sciences et des techniques).

De la part de Sabine Rommevaux, présidente de la SFHST (Société française d’histoire des sciences et des techniques).

Chers collègues,
Le CA de la SFHST ne pouvait pas rester insensible aux luttes actuelles contre les réformes de l’enseignement supérieur et de la recherche proposées par le gouvernement, réformes qui remettent en cause le statut des personnels, diminuent les moyens humains et financiers alloués à l’enseignement et à la recherche, bouleversent le paysage des organismes de recherche et des universités. Le CA a voté la motion ci-dessous, après des discussions très riches, qui ont reflété les différents points de vue qui s’expriment actuellement dans l’ensemble de la communauté universitaire. Une majorité s’est finalement dégagée en faveur d’une motion qui met l’accent sur les conséquences que ces réformes auraient pour l’histoire des sciences et des techniques, tout en sachant que des conséquences similaires toucheraient l’ensemble des disciplines. L’accent a notamment été mis sur la diminution des postes, alarmante pour l’ensemble des disciplines, et notamment pour l’histoire des sciences et des techniques quand on sait le peu de postes proposés au concours chaque année. Par ailleurs, l’histoire des sciences et des techniques est impliquée dans la réforme des concours d’enseignement, si toutefois des questions sur l’histoire de nos disciplines sont maintenues dans les concours. Il est nécessaire que nos collègues impliqués dans ces masters aient le temps nécessaire à l’élaboration de maquettes qui donnent toute leur place à nos disciplines.
À l’occasion de l’AG de la SFHST qui aura lieu à Paris le 30 mai prochain, nous souhaitons que notre communauté s’exprime sur ces sujets et que nous décidions ensemble des actions que la SFHST pourrait engager pour la défense de l’histoire des sciences et des techniques et plus généralement pour la défense de l’enseignement universitaire et de la recherche.
Sabine Rommevaux
Présidente de la SFHST

Motion de la SFHST
La SFHST partage l’indignation de tous les chercheurs et enseignants-chercheurs devant le mépris du Président de la République et du gouvernement pour la recherche et l’université, mépris manifesté notamment par le discours du 22 janvier, par la surdité aux propositions de la communauté, par le refus d’engager un véritable dialogue.
Elle exige le rétablissement des postes supprimés pour 2009, rétablissement dont devrait aussi profiter l’histoire des sciences et des techniques, qui n’a pas les postes d’enseignants-chercheurs dont les universités et les IUFM ont besoin.
Elle s’inquiète du démantèlement des EPST et elle est soucieuse que le CNRS reste un organisme où toutes les disciplines soient représentées. C’est la présence dans un même organisme des sciences dures et des sciences humaines et sociales qui permet à l’histoire des sciences et des techniques de s’y épanouir pleinement.
Elle demande que du temps soit donné pour l’élaboration des maquettes des nouveaux masters, en concertation avec toutes les personnes concernées, dans les départements universitaires et les IUFM, ce qui implique que la mise en œuvre de ces masters soit reportée d’un an. Et elle sera attentive à ce que l’histoire des sciences et des techniques ait sa place dans ces masters.
14 votants  – 12 votes exprimés
8 votes pour
3 votes contre
1 abstention

Un ancien inspecteur qui refuse les palmes

Michel LE LOUVIER Chambéry, le 11 décembre 2008

Monsieur Xavier D
ARCOS, Ministre de l’Education Nationale, Paris

Monsieur le Ministre,
Par un courrier en date du 8 octobre 2008, vous me faites part d’un décret, pris par le Premier Ministre, concernant ma promotion au grade de Commandeur dans l’ordre des Palmes Académiques, sur votre proposition. Je vous en remercie mais je pense qu’il s’agit d’une erreur.
En effet, après avoir été instituteur pendant 14 ans, je suis devenu psychologue scolaire à Nanterre. Je croyais avoir fait un travail utile en travaillant contre l’échec scolaire. Vos dernières prises de position sur le sujet montre qu’il n’en a rien été
Puis je suis devenu Inspecteur des Ecoles Maternelles à Cholet et à Chambéry. Partout, j’ai défendu avec énergie la scolarisation des enfants de 2 ans, surtout en milieu difficile. Entre temps, j’avais soutenu avec succès une thèse sur l’acquisition du langage. Je pensais que la scolarisation étant possible depuis 1881 à l’école maternelle dès 2 ans, cela faisait honneur à la France et méritait d’être défendu. Là encore, vos prises de position sur le sujet montrent que c’était une erreur.
Comme retraité, j’ai gardé contact avec l’éducation des enfants en devenant Président de la Ligue de l’Enseignement – Fédération des Oeuvres Laïques de Savoie. Une nouvelle fois, je me trompais d’orientation puisque vos dernières prises de position vont amener à la suppression des associations complémentaires de l’Ecole notamment par une diminution des subventions qui leur sont attribuées par l’Etat.
Belle carrière que la mienne, faite surtout d’illusions et d’erreurs !! Vous comprendrez pourquoi j’attendrai un nouveau gouvernement, qu’il soit de droite ou de gauche, pour accepter cette promotion que je n’ai pas sûrement pas méritée au regard de vos choix. Une politique de l’Education Nationale au service des enfants est indispensable et doit remplacer la vôtre qui semble être plus arithmétique qu’autre chose.
Je vous prie de recevoir, Monsieur le Ministre, mes salutations distinguées.

Michel Le Louvier
Inspecteur honoraire de l’Education Nationale
Docteur en psychologie de l’enfant

Communiqué du collectif occupant l’AERES, ce matin 18 mars.

Communiqué du collectif occupant l’AERES, ce matin 18 mars.
«Les établissements doivent s’engager à mettre en place des procédures pour améliorer la qualité de leurs formations, de leurs diplômes et de leur recherche. C’est une culture du management de la qualité qu’il convient d’instaurer. La stratégie, la politique et les procédures visant à l’amélioration continue de la qualité doivent avoir un statut officiel au sein des établissements et des organismes. Plus autonome, chaque université doit prendre en main sa politique et les moyens de sa mise en œuvre, et, d’une logique de moyens, elle doit passer à une logique de résultats. Chacune doit pouvoir mesurer sa performance, assurer et manager la qualité de sa recherche et de son offre de formation et les situer au plan international.»
Editorial de Jean-François Dhainaut, président de l’AERES.
La concurrence fait partie du quotidien de tous les acteurs du monde universitaire depuis des décennies, mais la normalisation de cette concurrence entre institutions universitaires et scientifiques, entre cursus de formation, entre chercheurs et enseignants-chercheurs, voilà l’objectif des réformes qui se succèdent depuis le début de ce siècle un peu partout en Europe. En France, ce processus a été scandé par les réformes universitaires du LMD à la LRU, par la création de l’Agence Nationale de la Recherche et la refonte du CNRS. La concurrence généralisée devient alors un modèle et doit se doter d’outils bureaucratiques imposant les canons d’une évaluation systématique et centralisée de la qualité des concurrents… Voilà le sens de la création de l’Agence d’Evaluation de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur (AERES) en 2006… Une institution dirigée par des scientifiques nommés par les institutions politiques et scientifiques (le président et les 24 membres du conseil de l’AERES), c’est-à-dire par des gens de pouvoir. Une institution animée par des experts convoqués, issus du monde scientifique et universitaire qu’ils vont eux-mêmes contrôler …et gare à leur propre évaluation et à celle de leur labo s’ils refusent d’évaluer les autres. Pourquoi nous en inquiéter? L’AERES n’est finalement qu’un organe de contrôle en remplaçant d’autres, un organe particulièrement vertueux d’ailleurs, puisqu’il annonce se soumettre lui-même aux procédures d’évaluation de la qualité: «La démarche qualité inscrit l’agence dans un processus d’amélioration continue. … Elle est conforme aux exigences des références et lignes directrices pour le management de la qualité dans l’espace européen de l’enseignement supérieur».
Nous dénonçons d’abord cette inflation sans fin des procédures d’évaluation de la recherche et de l’enseignement. S’il nous semble logique de demander des comptes à ceux qui bénéficient de fonds publics, il est par contre absurde de leur faire perdre leur temps dans l’élaboration de stratégies de valorisation d’eux- mêmes sans rapport avec leur mission première qui est d’analyser, d’écrire et de transmettre. Dans ce XXe siècle déjà si lointain, chercheurs et universitaires passaient déjà un temps important à jauger de la qualité des travaux des uns et des autres. Aujourd’hui, la conception ouvertement managériale de l’activité universitaire et scientifique aboutit à une perte de temps et d’énergie considérable pour se plier aux normes du contrôle. Le coût du management dépasse alors largement le bénéfice escompté en terme « d’efficacité » ou de « productivité ». Combien d’articles de circonstances, combien de co-signatures de complaisance faudra-t-il avant de constater que l’inflation bibliométrique n’a rien à voir avec la production des idées ? Cette bureaucratie de la qualité est par ailleurs un simulacre absurde. Organe centralisé, l’AERES ne peut que passer à la moulinette la diversité des recherches pour leur faire franchir les mailles de son tamis. L’évaluation est de fait purement quantitative et repose essentiellement sur le nombre de publications des individus, des labos et des universités dans des revues elles-mêmes notées A+, A, B, C. C’est ce règne de la métrologie qui manifeste la fascination des dirigeants pour le simplisme d’une modélisation numérique des hommes et des choses. La bibliométrie est une impasse qui ne tient pas compte des réalités de la vie de laboratoire. La référence continue à l’absurde classement dit de Shanghai en est la manifestation la plus claire.
Pour nous, les activités intellectuelles et pédagogiques sont incompatibles avec cette conception soviétique de la police de la pensée que porte l’AERES au nom du management et de la concurrence. Alors quel serait le visage d’une véritable politique des sciences et de l’enseignement? Comment pourrions-nous nous réapproprier la vie de la recherche pour en faire une critique constructive? Nous vous invitons à en débattre à l’AERES, 20 rue Vivienne à Paris, métro Bourse, aujourd’hui.

Sourcehttp://www.sauvonsluniversite.com/spip.php?article2176

Qu’est-ce qu’un démantèlement ?

Extrait de l’article à lire intégralement sur le site de SLU.

"Le démantèlement a connu plusieurs étapes. En voici un récit abrégé. Il a d’abord consisté à enlever au parlement de la science tout droit de regard sur la conduite et l’organisation de la recherche scientifique. L’analyse approfondie du travail des UMR et de leur personnel par le Comité national a été supprimée et remplacée par une « évaluation » issue d’une agence, l’AERES. Les membres de l’AERES sont tous nommés par l’État. L’essentiel de leur légitimité tient dans l’application scrupuleuse de protocoles d’évaluation élaborés par une minorité. Ces protocoles sont aussi appelés « grilles ». Il se pourrait qu’il y ait un sens à parler, ici, de forteresse.

Il n’existe plus désormais d’évaluation telle que pouvait en bénéficier la recherche française depuis soixante ans. Elle reposait sur des rapports contradictoires pour le moindre dossier et la moindre demande, sur le principe de comparaisons, opérées publiquement, en session plénière, sur des propositions faites indépendamment des pouvoirs administratifs ou politiques et respectées par eux. L’évaluation réelle ne vient pas d’être instaurée mais elle vient d’être supprimée. C’est la première étape du démantèlement, à dater de la loi « Pacte pour la Recherche » d’avril 2006.

Ensuite a été remise en cause l’idée de la « continuité thématique ». La formule fait à nouveau jargon. Elle recouvre pourtant quelque chose d’assez simple. Le CNRS s’est engagé dans un mouvement de communication et de croisement des savoirs rigoureusement parallèle à celui qui s’est produit, dans les universités, avec la fin de l’organisation en Facultés. La seule différence tient à que le CNRS se soutenait intégralement de l’exigence d’interdisciplinarité, tandis que les universités mènent de front l’interdisciplinarité et la formation aux disciplines sans lesquelles il n’y a pas d’interdisciplinarité.

La « continuité thématique » est l’autre nom de l’interdisciplinarité. Pour pratiquer concrètement l’interdisciplinarité, il faut qu’une entité incarne le tout des disciplines à rapprocher, le tout évolutif de la science, l’encyclopédie. Que le CNRS incarne l’encyclopédie ne signifie pas qu’il se l’arroge. Il marque, simplement, un point de repère."

Article complet : http://www.sauvonsluniversite.com/spip.php?article2164

Le mouvement étudiant se radicalise (Var Matin)

Extrait : "Pour éviter de se faire « cueillir par les CRS », les manifestants n’avaient pas laissé filtrer l’information. Les étudiants et personnels grévistes de l’Université du Sud Toulon-Var (USTV) ont attendu la fin de l’AG, hier midi, pour faire voter leur action « coup de poing » : mettre le feu à une barricade entre le rond-point de la fac et l’entrée du centre Grand Var. L’amphi, déjà enthousiaste pour reconduire la grève, s’est alors enflammé."  Lire la suite dans Var matin du 18 Mars.

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