ANR BLANC 2005/2009 C’est chauffé, il y a de la lumière et les petits fours sont excellents… et pourtant Valérie n’est pas venue

Me voici à l’ANR blanc 2009, le grand raout d’autocongratulation… Papera, nous nous somme inscrits sous une dizaine d’identités mais je suis le seul à avoir fait le déplacement, j’interviendrai au nom de PAPERA. Pour information à l’intention des amateurs de petits fours, rien n’est vraiment vérifié et Philippe Tartenpion est également sur les listes (j’ai contrôlé :-) ). 

J’avoue que je suis mal a l’aise en arrivant, je cherche quelques membres de SLR, SLU ou SLRU mais personne (en apparence). Je suppose à tort que je suis le seul hostile à avoir fait le déplacement pour poser quelques questions à Valérie sur le CDU notamment, mais bien sûr nous sommes nombreux…

Cent à deux cent personnes se pressent dans un bel amphi à balcon, je suis content d’avoir ma clé USB « ANR blanc souvenir »}} mais je me demande si après tout je ne me trouve pas dans un raout de collabos… En plus, pour des ANR blanc « jeunes », je vois surtout des quinquas… Et pourtant ma voisine de droite porte badge et t-shirt SLR et ma voisine de gauche me demande si une action est prévue…

Dans ces cas là… Je lui dis que si nous sommes assez nombreux on va « bordeliser » le discours de Pécresse, sinon je compte bien lui poser quelques questions bien senties, par exemple, sur les grandes écoles ou sur l’embauche des docteurs à bac plus cinq par exemple (deux questions auxquelles elle n’a pas répondu la dernière fois).

Las Valérie ne viendra pas. S’ensuit alors une série de discours lénifiants sur l’ANR, un genre d’exercice d’autocongratulation, avec cependant de véritables prouesses de syllogismes tout de même sur l’oxymore « programme blanc » puisque que l’on vous dit que c’est libre mais que c’est en même temps un programme…

En fait, c’est facile de « bordeliser », il suffit de dire ce qu’on pense…

 la suite sur PAPERA


Message de Valérie Pécresse.

——– Message original ——–
Sujet : Message de Valérie Pécresse aux militants UMP
de l’enseignement supérieur et de la recherche
Date : Fri, 27 Feb 2009 09:06:31 +0100
De : Valérie Pécresse <Valérie.pécresse@mesr.gouv>
Répondre à : Valérie Pécresse <Valérie.pécresse@mesr.gouv>
Pour : undisclosed recipients

Chers amis,

Il est tout de même ahurissant, vous en conviendrez volontiers avec moi sans doute, que François Fillon m’oblige à plier le genou devant ces enseignants-chercheurs qui, comme l’a si bien dit notre cher Nicolas, ne sont pourtant qu’un ramassis de gros nuls. Mais enfin, puisque nous sommes entre nous, autant vaut de le dire: ce qu’on n’aura pas en transformant le statut maintenant (parce que de toute façon, on finira bien par le transformer, la LRU y oblige, on n’est pas si bêtes
nous…), on l’obtiendra par d’autres moyens, et avant tout par le biais du budget. Parce que le budget, tout de même, c’est extraordinaire.
D’abord parce que vous pouvez, alors que vous le baissez, alors que vous supprimez des postes, claironner sur toutes les ondes que vous l’augmentez dans des proportions épastrouillantes, sans crainte qu’aucun intervieweur ne vous contredise (il n’y a que les journalistes de blogs et les syndicats qui tiquent, mais bon, qui lit leur prose?
http://sciences.blogs.liberation.fr/home/2009/02/valrie-pcress-3.html et
http://www.sncs.fr/article.php3?id_article=1626). Ensuite parce que, si des vilains conservateurs veulent nous empêcher de faire un statut tout beau tout neuf pour les enseignants-chercheurs, et bien ça n’est pas si grave, il suffira de ne plus créer d’emplois de titulaires (bien sûr j’ai dit hier qu’on n’en supprimerait pas, mais vous savez, j’ai bien promis en juin qu’on ne transformerait pas le CNRS en simple agence de moyens…), comme ça les titulaires qui restent verront leurs heures d’enseignement augmenter même sans changement de statut (il faudra bien assurer les cours), et puis on embauchera des précaires (clairement le meilleur statut, n’est-ce pas)!

Mais bon, c’est vrai, la mauvaise foi et la manipulation poussées à ce stade, c’est un métier. Or, vous le savez, je suis en partance pour le conseil régional d’Ile-de-France – et je suis très soucieuse que mon successeur soit à la hauteur. Pour cela, j’ai demandé à mes services, au ministère, de monter un site internet où les prétendants à ma succession pourront s’entraîner en conditions réelles à bidouiller le budget – avec, pour les aider à s’améliorer, mes commentaires ,fournis. Vous trouverez tout cela ici: http://www.sauvonslarecherche.fr/budget/ (oui oui, c’est ma dernière trouvaille de com’: on pique le slogan « Sauvons
la recherche »!). Celui que ce simulateur aura révélé être le meilleur sera appelé à ma succession.

Bien à vous

Valérie
____________________________________________________________________________________
PS, sérieux cette fois: au delà de l’aspect guignolesque des commentaires de Valérie sur ledit site, la possibilité de manipuler
soi-même les données budgétaires permet de prendre conscience de ce qu’une tout autre politique de l’enseignement supérieur et de la recherche serait possible. Juste un exemple: si l’on supprimait l’ANR pour consacrer son budget à l’embauche de titulaires, répartis pour moitié entre les universités et les organismes, on pourrait, à budget constant de l’ESR donc, embaucher au total 20.000 titulaires, ce qui permettrait de faire baisser le service d’enseignement des enseignants-chercheurs de 14 heures annuelles (ou 28 heures si toutes les embauches allaient aux universités et si donc les effectifs des organismes restaient stables au lieu d’augmenter).

Décret de 1984: les réactions des organisations syndicales à l’issue de leur rencontre avec Valérie Pécresse

Valérie Pécresse a rencontré trois organisations syndicales (Sgen-CFDT, Sup’Recherche-Unsa et les AutonomeSup) vendredi 27 février 2009 avec l’objectif de se « mettre d’accord sur les principes fondamentaux qui vont présider à la réécriture du décret de 1984″, sur la base des propositions de la médiatrice Claire Bazy-Malaurie. Le Snesup-FSU, la Ferc’Sup-CGT et le SNPREES-FO ont décliné l’invitation.
La ministre devrait revoir ces organisations syndicales mardi 3 mars « pour travailler sur les dispositions précises de ce nouveau décret ».
Voici les réactions des organisations syndicales à l’issue de cette rencontre.

SGEN-CFDT. « C’était une réunion importante car la ministre a souhaité ouvrir le dialogue pour mettre sur pied les conditions des discussions qui s’ouvriront mardi prochain », déclare Thierry Cadart secrétaire général du Sgen-CFDT. « Nous souhaitons maintenant que toutes les organisations soient associées aux discussions », ajoute-t-il, estimant que « toutes les conditions sont réunies pour que la négociation s’ouvre enfin ». Il indique en outre que les syndicats ont « demandé au ministère de prévoir dès la semaine prochaine des études qualitatives et quantitatives sur les effets de tels ou tels mesures ». « Il faut désormais que dans la rédaction de ce nouveau décret, l’enseignement n’apparaisse plus comme une punition, et qu’on ne puisse pas imposer aux enseignants-chercheurs plus d’heures d’enseignement », poursuit Thierry Cadart. « Nous considérons que nous avons réussi à donner un cadre qui permet une entrée en négociation » mais » il faut désormais passer d’une logique de pur conflit à celle d’une sortie de crise », insiste-t-il. Enfin, sur la gouvernance des universités, « il nous a été dit que que l’on prendrait en compte les conclusions du comité de suivi de la loi LRU », affirme-t-il.

SUP’RECHERCHE.
Yves Markowicz, co-secrétaire général de Sup’Recherche-Unsa se félicite de cette réunion de travail et insiste sur l’aspect « consensuel » des positions. « Tout ce que l’on demande en terme de cadrage a été accepté ». « Sur les promotions, la ministre n’est pas contre maintenir à un 50% local et 50 % national », indique-t-il. Il ajoute que « le contrat doctoral et le principe des chaires d’excellence pourrait être rediscuté ». Il précise par ailleurs que la ministre souhaite rediscuter également « sur les questions de gouvernance des universités ».

AUTONOMESUP. « Nous suspendons notre jugement à la fin des négociations », indique Jean-Louis Charlet, président d’AutonomeSup. « Une méthode travail a été arrêtée, mais sur certains points importants la discussion n’est pas encore satisfaisante ». Le président, qui reconnaît que « sur le décret de 1984 les choses ont bougé », estime n’avoir eu « aucune réponse précise sur la masterisation de la formation enseignante ». « Nous voulons un cadre contraignant pour les équivalences entre les différentes fonctions et plus de précisions sur la répartition des promotions », ajoute Michel Gay, secrétaire général de l’organisation.

SNESUP. « Nous appelons à poursuivre les grèves administratives les 5 et 11 mars prochains. Il reste des zones d’ombres. En particulier, les arbitrages n’ont pas été rendus sur la formation des enseignants. Même si les résultats des discussions d’aujourd’hui vont dans le sens d’une préservation de la capacité d’exercer pleinement les fonctions d’enseignement et de recherche, le texte conserve une gestion très locale de l’évaluation des enseignants chercheurs », déclare Jean Fabbri. Le secrétaire général du Snesup qui n’était pas présent à la réunion entre la ministre et les syndicats ajoute qu’il est « par ailleurs acquis qu’il s’agira d’un nouveau texte qui repassera par toutes les instances de consultation » et que « le Snesup ne manquera pas de faire en sorte que ses demandes soient entendues ». Il insiste tout particulièrement sur « la question des congés scientifiques » qui « reste en suspens ».

(Source : http://www.ubpmobilisation.com/article-28445357.html)

Décret de 1984: les principes arrêtés par Valérie Pécresse et les organisations syndicales

Décret de 1984: les principes arrêtés par Valérie Pécresse et les organisations syndicales

« Nous avons travaillé pendant 7 heures sur la base des propositions de la médiatrice pour nous mettre d’accord sur les principes fondamentaux qui vont présider à la réécriture du décret de 1984″, indique Valérie Pécresse à l’issue d’une réunion avec le Sgen-CFDT, Sup’Recherche-Unsa et les Autonome-sup vendredi 27 février 2009. Le Snesup-FSU, la Ferc-Sup-CGT et le SNPREES-FO avaient décliné l’invitation. « Dans le texte initial, nous n’avions pas abouti aux bons équilibres. Ces équilibres, il faut désormais les définir », commente la ministre. Elle ajoute qu’elle reverra les organisations syndicales mardi 3 février « pour travailler sur les dispositions précises de ce nouveau décret ». Claire Bazy-Malaurie indique quant à elle avoir fait des propositions sur la base des entretiens réalisés avec les organisations syndicales et estime qu’ « il reste du travail à faire ».

Interrogée sur la réforme de la formation enseignante, la ministre indique que « des réponses seront apportées jeudi prochain », date à laquelle la CPU doit se réunir en plénière exceptionnelle. Par ailleurs, « les organismes de recherche resteront des opérateurs et que le plan stratégique du CNRS sera bien appliqué ». Selon des participants à la rencontre, elle pourrait en outre réunir les organisations syndicales de la recherche dans les prochaines semaines.

Voici les principaux points du texte qui constitue donc désormais « la base des négociations à venir » selon le ministère.

MODULATION DE SERVICES. La modulation de services, « conçue pour valoriser l’ensemble des activités menées par un enseignant-chercheur, ne peut être mise en oeuvre sans l’accord de l’intéressé. » Les services de chaque enseignant-chercheur « sont arrêtés par le président de l’université ou le directeur de l’établissement après avis motivé du directeur de la composante et du directeur de l’unité de recherche ». La modulation de service s’envisage par ailleurs « dans le cadre d’un projet collectif scientifique, pédagogique ou administratif ». Enfin, « la modulation de services peut être envisagée de manière pluriannuelle ».

ÉVALUATION. « L’évaluation est nationale, par les pairs, de manière transparente et effectuée par le CNU dans le cadre de la discipline », stipule le texte. Elle a lieu tous les quatre ans et « ne peut avoir lieu moins de quatre ans après l’entrée dans la carrière ou après chaque promotion de grade ou changement de corps ». Enfin, l’évaluation « fonde les décisions de l’établissement en matière de politique indemnitaire et de promotions ».

SERVICE DE RÉFÉRENCE. Un service national de référence (1 607 heures de travail dont 128 heures de cours magistral ou 192 heures de travaux dirigés ou pratiques) est défini, assorti d’un minimum d’activité d’enseignement et de recherche. Un référentiel national « qui s’imposera aux établissements » fixera, « selon des modalités juridiques qui restent à préciser, les équivalences entre les différents types d’activités ».

AVANCEMENT. L’avancement au grade supérieur est réalisé « selon des modalités qui garantissent l’équilibre entre les disciplines avec une part de promotions décidées au plan national par le conseil national des universités sur des critères rendus publics et portant sur l’ensemble des activités de l’enseignant-chercheur ». La discussion reste « ouverte sur les modalités de l’équilibre ».

CNU. « Certaines des dispositions du futur décret statutaire étant liées à des modifications du décret relatif au CNU, les deux textes seront soumis conjointement à l’avis du CTPU et du CSFPE dans les meilleurs délais », indique le texte. Le décret qui régit le CNU sera par ailleurs « modifié pour comprendre les dispositions destinées à mettre en oeuvre l’évaluation des activités des enseignants-chercheurs et à préciser son mode de fonctionnement, notamment quant à l’harmonisation et à la publicité des critères de qualification, d’évaluation et de classement pour les promotions ». Enfin, le CNU « sera doté des moyens nécessaires pour remplir dans de bonnes conditions l’ensemble de ses nouvelles missions ».

PRINCIPES. Les grands principes d’indépendance et de liberté des enseignants-chercheurs, tels que définis par l’article L 952-2 du code de l’éducation, sont réaffirmés. La qualité de fonctionnaire de l’État et le principe de l’égalité professionnelle sont également réaffirmés.

(Source : AEF)

Communiqué du collectif PAPERA

Communiqué du collectif PAPERA 
Jeudi 26 février 2009

Des précaires de l’ESR au ministère !

Rencontre du collectif PAPERA (Pour l’Abolition de la Précarité dans l’Enseignement supérieur, la Recherche et Ailleurs) avec P.-L. Fagniez (MESR) | 24/02/09 | Sur la toile

Une délégation de trois membres du collectif PAPERA a été reçue le mardi 24 février au Ministère de l’Enseignement supérieur et la Recherche (ESR) par Pierre-Louis Fagniez , conseiller auprès de la ministre. L’entretien, qui a duré deux heures, avait pour objectif de forcer le ministère à prendre position sur la précarité dans l’ESR.

La délégation a transmis au ministère une copie de la pétition du Collectif de Lyon de Jeunes Chercheurs demandant le retrait du projet de contrat doctoral unique ainsi que la liste des signataires de la pétition au 24/02.

Préalablement à l’entretien et à la demande expresse de P.-L. Fagniez, nous avions transmis au ministère la synthèse des questions récoltées par consultation des personnels de l’ESR. En début d’entretien, nous avons demandé à recevoir des réponses écrites à ces questions. Selon M. Fagniez, seul un texte global a été préparé par ses services, texte basé essentiellement sur un argumentaire chiffré (dit « argumentaire ministériel » [sic]) et que nous n’avons pas eu en main. Nous avons ensuite essayé d’avoir une discussion question par question, point par point. Dès la première question, l’argumentaire préparé par le ministère a montré son insuffisance et nous a rapidement fait dériver vers une discussion globale et déstructurée.

Un compte-rendu très détaillé des points abordés sera rédigé dans les prochains jours. Les échanges soutenus ont porté sur divers aspects de la précarité : recrutement, salaire, autonomie, indépendance, financement de la recherche, affectation, CNU , mandarinat, Crédit d’Impôt Recherche, projet de contrat doctoral et grandes écoles.

En fin de rencontre, P.-L. Fagniez ayant jugé que la réponse préparée par le ministère n’est pas adaptée, le ministère s’engage à revoir sa copie et à transmettre les réponses écrites aux questions posées sous 15 jours. Nous espérons que ses réponses seront d’une autre teneur que celles obtenues pendant l’entretien.

En complément, une information obtenue lors de cette entrevue : le ministère prépare une réforme profonde du CNU. Certes une proposition intéressante suite à notre discussion sur les concours universitaires. Ne serait-ce pas cependant simplement une belle manœuvre pour désamorcer le mouvement actuel de contestation en réponse aux critiques de manque de transparence et du pouvoir totalitaire accordé au Présidents d’universités ?

Suite à ces « réponses » que nous jugeons insatisfaisantes, nous poursuivrons nos campagnes d’actions, d’informations et de mobilisations.

Le collectif PAPERA


Editeur : Collectif PAPERA
http://www.collectif-papera.org

« Un mouvement de désenchantement qui n’est pas isolé de ce qui se passe en dehors de l’université »

Patrick Rozenblatt, sociologue du travail : « Un mouvement de désenchantement qui n’est pas isolé de ce qui se passe en dehors de l’université »

Directeur de l’Institut d’Études du Travail de l’université Lyon 2, Patrick Rozenblatt est aussi professeur de sociologie, spécialisé sur les mouvements de coordination en France depuis 1986. Il analyse pour Educpros la mobilisation actuelle dans les universités.

Comment s’est construite la mobilisation actuelle des enseignants-chercheurs dans les universités ? Quelle est son originalité ?

Le mouvement est parti d’une prise de conscience par les enseignants-chercheurs des inconvénients de la réforme sur l’autonomie, arrivée pendant l’été 2007, et qui n’a pas été discutée. De la même façon, les lois sur le CNRS n’avaient été perçues que très tardivement. La prise de conscience s’est construite quand le processus d’autonomisation s’est mis en place. Le processus pourrait être très inégalitaire si le président pouvait dire qui est le bon chercheur et le mauvais alors qu’en raison des charges d’enseignement, les enseignants-chercheurs ne sont pas aidés à produire de la recherche à l’université. La façade bien peinte de l’autonomie masque beaucoup de contradictions.

Sur ces problèmes généraux, les syndicats n’apportent pas de réponse immédiate. Dans le prolongement des mouvements de 1986, que ce soit dans le public, le privé ou récemment en Guadeloupe, des mouvements plus larges se développent qui prennent des formes unitaires (AG, coordinations) pour créer un espace démocratique. SLR (Sauvons la recherche) a montré l’exemple de ce qui s’est développé ensuite dans SLU (Sauvons l’université). Ce mouvement a dépassé les représentations classiques comme celles des syndicats ou des réseaux entre courants d’idées.

Est-ce un mouvement corporatiste ?

Comme dans les mouvements sociaux en général, le feu prend souvent autour de revendications salariales, comme ici autour des évolutions de carrières. Mais les enseignants-chercheurs partent de leurs conditions de travail au sens large, y compris leurs relations avec les étudiants, pour réagir en disant « on ne pourra plus faire notre métier ».

Lorsque je suis arrivé à l’institut par exemple, je donnais 52 heures de cours à 40 étudiants et j’avais largement le temps de les amener où je voulais, quel que soit leur niveau de départ. Aujourd’hui, sur le même cours, je ne dispense plus que 18 heures mais à 110 étudiants ! C’est un processus où les étudiants sont de plus en plus isolés et trop peu encadrés.

Dans le fait d’autonomiser sans moyens (recours aux fondations, aux acteurs extérieurs de plus en plus) une université de masse, on est potentiellement dans une perte d’autonomie intellectuelle. La régression générale de l’investissement universitaire va produire des universités d’excellence à côté d’autres universités qui remplaceront les IUT.

La mobilisation des enseignants-chercheurs s’est surtout élargie vers les étudiants, et le mouvement n’est pas parti cette fois des chercheurs dans les grands organismes…

Contre la LRU, les syndicats étudiants avaient des revendications très précises, classiques (bourses, emplois…) et avaient des inquiétudes sur l’entrée en master et la valeur des diplômes. Dans notre institut par exemple, on a 20 % d’inscrits en plus en masters et moins de moyens. Notre offre de M2 représente la moitié de ce que les étudiants pourraient nous demander. On n’a pas les moyens en regard de la dynamique de masse. Les étudiants pensent que les diplômes ne seront plus nationaux, qu’il n’y aura d’avenir que pour les plus brillants qui auront un M2. Ils prennent conscience que leur investissement – chez nous entre un tiers et un quart travaillent à côté de leurs études – ne va pas forcément déboucher.

Quant au mouvement de la recherche, il est mort. Le CNRS, qui en était l’élément structurant, est mort. Les chercheurs sont épuisés, désabusés et les plus jeunes ont de grosses inquiétudes quant à leur avenir. Le mouvement des chercheurs [en 2004] est parti des directeurs de labo avec SLR, qui a peu pris en compte les revendications des jeunes souvent hors statut.

Ce mouvement peut-il durer ?

Le mouvement touche tout le monde même si tout le monde ne se mobilise pas de la même façon. L’état d’esprit dépasse les jeunes ou les moins jeunes. Les chargés de cours payés à la pièce travaillent mais sont solidaires. Il n’y a pas de clivage entre maîtres de conférences et professeurs. Des universités très différentes comme Lyon 2 et Lyon 3 se sont même rapprochées pour refuser de remonter les maquettes de master enseignement. Il y a un mouvement de désenchantement qui n’est pas isolé de ce qui se passe en dehors de l’université. On est plus dans une implosion qu’une explosion de l’université. je pense que même s’il y a une pause dans le mouvement, les problèmes de fonds demeureront au-delà du décret statutaire. Et on ne peut exclure une logique de vases communicants du mouvement des enseignants-chercheurs vers celui des étudiants.

(Texte publié sur EducPros)

Des précaires de l’ESR au ministère !

Communiqué du collectif PAPERA / Jeudi 26 février 2009
Des précaires de l’ESR au ministère !

Rencontre du collectif PAPERA (Pour l’Abolition de la Précarité dans l’Enseignement supérieur, la Recherche et Ailleurs) avec P.-L. Fagniez (MESR) | 24/02/09 |

Une délégation de trois membres du collectif PAPERA a été reçue le mardi 24 février au Ministère de l’Enseignement supérieur et la Recherche (ESR) par Pierre-Louis Fagniez , conseiller auprès de la ministre. L’entretien, qui a duré deux heures, avait pour objectif de forcer le ministère à prendre position sur la précarité dans l’ESR.

La délégation a transmis au ministère une copie de la pétition du Collectif de Lyon de Jeunes Chercheurs demandant le retrait du projet de contrat doctoral unique ainsi que la liste des signataires de la pétition au 24/02.

Préalablement à l’entretien et à la demande expresse de P.-L. Fagniez, nous avions transmis au ministère la synthèse des questions récoltées par consultation des personnels de l’ESR. En début d’entretien, nous avons demandé à recevoir des réponses écrites à ces questions. Selon M. Fagniez, seul un texte global a été préparé par ses services, texte basé essentiellement sur un argumentaire chiffré (dit « argumentaire ministériel » [sic]) et que nous n’avons pas eu en main. Nous avons ensuite essayé d’avoir une discussion question par question, point par point. Dès la première question, l’argumentaire préparé par le ministère a montré son insuffisance et nous a rapidement fait dériver vers une discussion globale et déstructurée.

Un compte-rendu très détaillé des points abordés sera rédigé dans les prochains jours. Les échanges soutenus ont porté sur divers aspects de la précarité : recrutement, salaire, autonomie, indépendance, financement de la recherche, affectation, CNU , mandarinat, Crédit d’Impôt Recherche, projet de contrat doctoral et grandes écoles.

En fin de rencontre, P.-L. Fagniez ayant jugé que la réponse préparée par le ministère n’est pas adaptée, le ministère s’engage à revoir sa copie et à transmettre les réponses écrites aux questions posées sous 15 jours. Nous espérons que ses réponses seront d’une autre teneur que celles obtenues pendant l’entretien.

En complément, une information obtenue lors de cette entrevue : le ministère prépare une réforme profonde du CNU. Certes une proposition intéressante suite à notre discussion sur les concours universitaires. Ne serait-ce pas cependant simplement une belle manœuvre pour désamorcer le mouvement actuel de contestation en réponse aux critiques de manque de transparence et du pouvoir totalitaire accordé au Présidents d’universités ?

Suite à ces « réponses » que nous jugeons insatisfaisantes, nous poursuivrons nos campagnes d’actions, d’informations et de mobilisations.

Le collectif PAPERA
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COLLECTIF Pour l’Abolition de la Précarité dans l’Enseignement Supérieur, la Recherche et Ailleurs
http://www.collectif-papera.org
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