ANR BLANC 2005/2009 C’est chauffé, il y a de la lumière et les petits fours sont excellents… et pourtant Valérie n’est pas venue

Me voici à l’ANR blanc 2009, le grand raout d’autocongratulation… Papera, nous nous somme inscrits sous une dizaine d’identités mais je suis le seul à avoir fait le déplacement, j’interviendrai au nom de PAPERA. Pour information à l’intention des amateurs de petits fours, rien n’est vraiment vérifié et Philippe Tartenpion est également sur les listes (j’ai contrôlé :-) ). 

J’avoue que je suis mal a l’aise en arrivant, je cherche quelques membres de SLR, SLU ou SLRU mais personne (en apparence). Je suppose à tort que je suis le seul hostile à avoir fait le déplacement pour poser quelques questions à Valérie sur le CDU notamment, mais bien sûr nous sommes nombreux…

Cent à deux cent personnes se pressent dans un bel amphi à balcon, je suis content d’avoir ma clé USB « ANR blanc souvenir »}} mais je me demande si après tout je ne me trouve pas dans un raout de collabos… En plus, pour des ANR blanc « jeunes », je vois surtout des quinquas… Et pourtant ma voisine de droite porte badge et t-shirt SLR et ma voisine de gauche me demande si une action est prévue…

Dans ces cas là… Je lui dis que si nous sommes assez nombreux on va "bordeliser" le discours de Pécresse, sinon je compte bien lui poser quelques questions bien senties, par exemple, sur les grandes écoles ou sur l’embauche des docteurs à bac plus cinq par exemple (deux questions auxquelles elle n’a pas répondu la dernière fois).

Las Valérie ne viendra pas. S’ensuit alors une série de discours lénifiants sur l’ANR, un genre d’exercice d’autocongratulation, avec cependant de véritables prouesses de syllogismes tout de même sur l’oxymore « programme blanc » puisque que l’on vous dit que c’est libre mais que c’est en même temps un programme…

En fait, c’est facile de "bordeliser", il suffit de dire ce qu’on pense…

 la suite sur PAPERA


Message de Valérie Pécresse.

——– Message original ——–
Sujet : Message de Valérie Pécresse aux militants UMP
de l’enseignement supérieur et de la recherche
Date : Fri, 27 Feb 2009 09:06:31 +0100
De : Valérie Pécresse <Valérie.pécresse@mesr.gouv>
Répondre à : Valérie Pécresse <Valérie.pécresse@mesr.gouv>
Pour : undisclosed recipients

Chers amis,

Il est tout de même ahurissant, vous en conviendrez volontiers avec moi sans doute, que François Fillon m’oblige à plier le genou devant ces enseignants-chercheurs qui, comme l’a si bien dit notre cher Nicolas, ne sont pourtant qu’un ramassis de gros nuls. Mais enfin, puisque nous sommes entre nous, autant vaut de le dire: ce qu’on n’aura pas en transformant le statut maintenant (parce que de toute façon, on finira bien par le transformer, la LRU y oblige, on n’est pas si bêtes
nous…), on l’obtiendra par d’autres moyens, et avant tout par le biais du budget. Parce que le budget, tout de même, c’est extraordinaire.
D’abord parce que vous pouvez, alors que vous le baissez, alors que vous supprimez des postes, claironner sur toutes les ondes que vous l’augmentez dans des proportions épastrouillantes, sans crainte qu’aucun intervieweur ne vous contredise (il n’y a que les journalistes de blogs et les syndicats qui tiquent, mais bon, qui lit leur prose?
http://sciences.blogs.liberation.fr/home/2009/02/valrie-pcress-3.html et
http://www.sncs.fr/article.php3?id_article=1626). Ensuite parce que, si des vilains conservateurs veulent nous empêcher de faire un statut tout beau tout neuf pour les enseignants-chercheurs, et bien ça n’est pas si grave, il suffira de ne plus créer d’emplois de titulaires (bien sûr j’ai dit hier qu’on n’en supprimerait pas, mais vous savez, j’ai bien promis en juin qu’on ne transformerait pas le CNRS en simple agence de moyens…), comme ça les titulaires qui restent verront leurs heures d’enseignement augmenter même sans changement de statut (il faudra bien assurer les cours), et puis on embauchera des précaires (clairement le meilleur statut, n’est-ce pas)!

Mais bon, c’est vrai, la mauvaise foi et la manipulation poussées à ce stade, c’est un métier. Or, vous le savez, je suis en partance pour le conseil régional d’Ile-de-France – et je suis très soucieuse que mon successeur soit à la hauteur. Pour cela, j’ai demandé à mes services, au ministère, de monter un site internet où les prétendants à ma succession pourront s’entraîner en conditions réelles à bidouiller le budget – avec, pour les aider à s’améliorer, mes commentaires ,fournis. Vous trouverez tout cela ici: http://www.sauvonslarecherche.fr/budget/ (oui oui, c’est ma dernière trouvaille de com’: on pique le slogan "Sauvons
la recherche"!). Celui que ce simulateur aura révélé être le meilleur sera appelé à ma succession.

Bien à vous

Valérie
____________________________________________________________________________________
PS, sérieux cette fois: au delà de l’aspect guignolesque des commentaires de Valérie sur ledit site, la possibilité de manipuler
soi-même les données budgétaires permet de prendre conscience de ce qu’une tout autre politique de l’enseignement supérieur et de la recherche serait possible. Juste un exemple: si l’on supprimait l’ANR pour consacrer son budget à l’embauche de titulaires, répartis pour moitié entre les universités et les organismes, on pourrait, à budget constant de l’ESR donc, embaucher au total 20.000 titulaires, ce qui permettrait de faire baisser le service d’enseignement des enseignants-chercheurs de 14 heures annuelles (ou 28 heures si toutes les embauches allaient aux universités et si donc les effectifs des organismes restaient stables au lieu d’augmenter).

Décret de 1984: les réactions des organisations syndicales à l’issue de leur rencontre avec Valérie Pécresse

Valérie Pécresse a rencontré trois organisations syndicales (Sgen-CFDT, Sup’Recherche-Unsa et les AutonomeSup) vendredi 27 février 2009 avec l’objectif de se "mettre d’accord sur les principes fondamentaux qui vont présider à la réécriture du décret de 1984", sur la base des propositions de la médiatrice Claire Bazy-Malaurie. Le Snesup-FSU, la Ferc’Sup-CGT et le SNPREES-FO ont décliné l’invitation.
La ministre devrait revoir ces organisations syndicales mardi 3 mars "pour travailler sur les dispositions précises de ce nouveau décret".
Voici les réactions des organisations syndicales à l’issue de cette rencontre.

SGEN-CFDT. "C’était une réunion importante car la ministre a souhaité ouvrir le dialogue pour mettre sur pied les conditions des discussions qui s’ouvriront mardi prochain", déclare Thierry Cadart secrétaire général du Sgen-CFDT. "Nous souhaitons maintenant que toutes les organisations soient associées aux discussions", ajoute-t-il, estimant que "toutes les conditions sont réunies pour que la négociation s’ouvre enfin". Il indique en outre que les syndicats ont "demandé au ministère de prévoir dès la semaine prochaine des études qualitatives et quantitatives sur les effets de tels ou tels mesures". "Il faut désormais que dans la rédaction de ce nouveau décret, l’enseignement n’apparaisse plus comme une punition, et qu’on ne puisse pas imposer aux enseignants-chercheurs plus d’heures d’enseignement", poursuit Thierry Cadart. "Nous considérons que nous avons réussi à donner un cadre qui permet une entrée en négociation" mais" il faut désormais passer d’une logique de pur conflit à celle d’une sortie de crise", insiste-t-il. Enfin, sur la gouvernance des universités, "il nous a été dit que que l’on prendrait en compte les conclusions du comité de suivi de la loi LRU", affirme-t-il.

SUP’RECHERCHE.
Yves Markowicz, co-secrétaire général de Sup’Recherche-Unsa se félicite de cette réunion de travail et insiste sur l’aspect "consensuel" des positions. "Tout ce que l’on demande en terme de cadrage a été accepté". "Sur les promotions, la ministre n’est pas contre maintenir à un 50% local et 50 % national", indique-t-il. Il ajoute que "le contrat doctoral et le principe des chaires d’excellence pourrait être rediscuté". Il précise par ailleurs que la ministre souhaite rediscuter également "sur les questions de gouvernance des universités".

AUTONOMESUP. "Nous suspendons notre jugement à la fin des négociations", indique Jean-Louis Charlet, président d’AutonomeSup. "Une méthode travail a été arrêtée, mais sur certains points importants la discussion n’est pas encore satisfaisante". Le président, qui reconnaît que "sur le décret de 1984 les choses ont bougé", estime n’avoir eu "aucune réponse précise sur la masterisation de la formation enseignante". "Nous voulons un cadre contraignant pour les équivalences entre les différentes fonctions et plus de précisions sur la répartition des promotions", ajoute Michel Gay, secrétaire général de l’organisation.

SNESUP. "Nous appelons à poursuivre les grèves administratives les 5 et 11 mars prochains. Il reste des zones d’ombres. En particulier, les arbitrages n’ont pas été rendus sur la formation des enseignants. Même si les résultats des discussions d’aujourd’hui vont dans le sens d’une préservation de la capacité d’exercer pleinement les fonctions d’enseignement et de recherche, le texte conserve une gestion très locale de l’évaluation des enseignants chercheurs", déclare Jean Fabbri. Le secrétaire général du Snesup qui n’était pas présent à la réunion entre la ministre et les syndicats ajoute qu’il est "par ailleurs acquis qu’il s’agira d’un nouveau texte qui repassera par toutes les instances de consultation" et que "le Snesup ne manquera pas de faire en sorte que ses demandes soient entendues". Il insiste tout particulièrement sur "la question des congés scientifiques" qui "reste en suspens".

(Source : http://www.ubpmobilisation.com/article-28445357.html)

Décret de 1984: les principes arrêtés par Valérie Pécresse et les organisations syndicales

Décret de 1984: les principes arrêtés par Valérie Pécresse et les organisations syndicales

"Nous avons travaillé pendant 7 heures sur la base des propositions de la médiatrice pour nous mettre d’accord sur les principes fondamentaux qui vont présider à la réécriture du décret de 1984", indique Valérie Pécresse à l’issue d’une réunion avec le Sgen-CFDT, Sup’Recherche-Unsa et les Autonome-sup vendredi 27 février 2009. Le Snesup-FSU, la Ferc-Sup-CGT et le SNPREES-FO avaient décliné l’invitation. "Dans le texte initial, nous n’avions pas abouti aux bons équilibres. Ces équilibres, il faut désormais les définir", commente la ministre. Elle ajoute qu’elle reverra les organisations syndicales mardi 3 février "pour travailler sur les dispositions précises de ce nouveau décret". Claire Bazy-Malaurie indique quant à elle avoir fait des propositions sur la base des entretiens réalisés avec les organisations syndicales et estime qu’ "il reste du travail à faire".

Interrogée sur la réforme de la formation enseignante, la ministre indique que "des réponses seront apportées jeudi prochain", date à laquelle la CPU doit se réunir en plénière exceptionnelle. Par ailleurs, "les organismes de recherche resteront des opérateurs et que le plan stratégique du CNRS sera bien appliqué". Selon des participants à la rencontre, elle pourrait en outre réunir les organisations syndicales de la recherche dans les prochaines semaines.

Voici les principaux points du texte qui constitue donc désormais "la base des négociations à venir" selon le ministère.

MODULATION DE SERVICES. La modulation de services, "conçue pour valoriser l’ensemble des activités menées par un enseignant-chercheur, ne peut être mise en oeuvre sans l’accord de l’intéressé." Les services de chaque enseignant-chercheur "sont arrêtés par le président de l’université ou le directeur de l’établissement après avis motivé du directeur de la composante et du directeur de l’unité de recherche". La modulation de service s’envisage par ailleurs "dans le cadre d’un projet collectif scientifique, pédagogique ou administratif". Enfin, "la modulation de services peut être envisagée de manière pluriannuelle".

ÉVALUATION. "L’évaluation est nationale, par les pairs, de manière transparente et effectuée par le CNU dans le cadre de la discipline", stipule le texte. Elle a lieu tous les quatre ans et "ne peut avoir lieu moins de quatre ans après l’entrée dans la carrière ou après chaque promotion de grade ou changement de corps". Enfin, l’évaluation "fonde les décisions de l’établissement en matière de politique indemnitaire et de promotions".

SERVICE DE RÉFÉRENCE. Un service national de référence (1 607 heures de travail dont 128 heures de cours magistral ou 192 heures de travaux dirigés ou pratiques) est défini, assorti d’un minimum d’activité d’enseignement et de recherche. Un référentiel national "qui s’imposera aux établissements" fixera, "selon des modalités juridiques qui restent à préciser, les équivalences entre les différents types d’activités".

AVANCEMENT. L’avancement au grade supérieur est réalisé "selon des modalités qui garantissent l’équilibre entre les disciplines avec une part de promotions décidées au plan national par le conseil national des universités sur des critères rendus publics et portant sur l’ensemble des activités de l’enseignant-chercheur". La discussion reste "ouverte sur les modalités de l’équilibre".

CNU. "Certaines des dispositions du futur décret statutaire étant liées à des modifications du décret relatif au CNU, les deux textes seront soumis conjointement à l’avis du CTPU et du CSFPE dans les meilleurs délais", indique le texte. Le décret qui régit le CNU sera par ailleurs "modifié pour comprendre les dispositions destinées à mettre en oeuvre l’évaluation des activités des enseignants-chercheurs et à préciser son mode de fonctionnement, notamment quant à l’harmonisation et à la publicité des critères de qualification, d’évaluation et de classement pour les promotions". Enfin, le CNU "sera doté des moyens nécessaires pour remplir dans de bonnes conditions l’ensemble de ses nouvelles missions".

PRINCIPES. Les grands principes d’indépendance et de liberté des enseignants-chercheurs, tels que définis par l’article L 952-2 du code de l’éducation, sont réaffirmés. La qualité de fonctionnaire de l’État et le principe de l’égalité professionnelle sont également réaffirmés.

(Source : AEF)

Communiqué du collectif PAPERA

Communiqué du collectif PAPERA 
Jeudi 26 février 2009

Des précaires de l’ESR au ministère !

Rencontre du collectif PAPERA (Pour l’Abolition de la Précarité dans l’Enseignement supérieur, la Recherche et Ailleurs) avec P.-L. Fagniez (MESR) | 24/02/09 | Sur la toile

Une délégation de trois membres du collectif PAPERA a été reçue le mardi 24 février au Ministère de l’Enseignement supérieur et la Recherche (ESR) par Pierre-Louis Fagniez , conseiller auprès de la ministre. L’entretien, qui a duré deux heures, avait pour objectif de forcer le ministère à prendre position sur la précarité dans l’ESR.

La délégation a transmis au ministère une copie de la pétition du Collectif de Lyon de Jeunes Chercheurs demandant le retrait du projet de contrat doctoral unique ainsi que la liste des signataires de la pétition au 24/02.

Préalablement à l’entretien et à la demande expresse de P.-L. Fagniez, nous avions transmis au ministère la synthèse des questions récoltées par consultation des personnels de l’ESR. En début d’entretien, nous avons demandé à recevoir des réponses écrites à ces questions. Selon M. Fagniez, seul un texte global a été préparé par ses services, texte basé essentiellement sur un argumentaire chiffré (dit « argumentaire ministériel » [sic]) et que nous n’avons pas eu en main. Nous avons ensuite essayé d’avoir une discussion question par question, point par point. Dès la première question, l’argumentaire préparé par le ministère a montré son insuffisance et nous a rapidement fait dériver vers une discussion globale et déstructurée.

Un compte-rendu très détaillé des points abordés sera rédigé dans les prochains jours. Les échanges soutenus ont porté sur divers aspects de la précarité : recrutement, salaire, autonomie, indépendance, financement de la recherche, affectation, CNU , mandarinat, Crédit d’Impôt Recherche, projet de contrat doctoral et grandes écoles.

En fin de rencontre, P.-L. Fagniez ayant jugé que la réponse préparée par le ministère n’est pas adaptée, le ministère s’engage à revoir sa copie et à transmettre les réponses écrites aux questions posées sous 15 jours. Nous espérons que ses réponses seront d’une autre teneur que celles obtenues pendant l’entretien.

En complément, une information obtenue lors de cette entrevue : le ministère prépare une réforme profonde du CNU. Certes une proposition intéressante suite à notre discussion sur les concours universitaires. Ne serait-ce pas cependant simplement une belle manœuvre pour désamorcer le mouvement actuel de contestation en réponse aux critiques de manque de transparence et du pouvoir totalitaire accordé au Présidents d’universités ?

Suite à ces "réponses" que nous jugeons insatisfaisantes, nous poursuivrons nos campagnes d’actions, d’informations et de mobilisations.

Le collectif PAPERA


Editeur : Collectif PAPERA
http://www.collectif-papera.org

"Un mouvement de désenchantement qui n’est pas isolé de ce qui se passe en dehors de l’université"

Patrick Rozenblatt, sociologue du travail : "Un mouvement de désenchantement qui n’est pas isolé de ce qui se passe en dehors de l’université"

Directeur de l’Institut d’Études du Travail de l’université Lyon 2, Patrick Rozenblatt est aussi professeur de sociologie, spécialisé sur les mouvements de coordination en France depuis 1986. Il analyse pour Educpros la mobilisation actuelle dans les universités.

Comment s’est construite la mobilisation actuelle des enseignants-chercheurs dans les universités ? Quelle est son originalité ?

Le mouvement est parti d’une prise de conscience par les enseignants-chercheurs des inconvénients de la réforme sur l’autonomie, arrivée pendant l’été 2007, et qui n’a pas été discutée. De la même façon, les lois sur le CNRS n’avaient été perçues que très tardivement. La prise de conscience s’est construite quand le processus d’autonomisation s’est mis en place. Le processus pourrait être très inégalitaire si le président pouvait dire qui est le bon chercheur et le mauvais alors qu’en raison des charges d’enseignement, les enseignants-chercheurs ne sont pas aidés à produire de la recherche à l’université. La façade bien peinte de l’autonomie masque beaucoup de contradictions.

Sur ces problèmes généraux, les syndicats n’apportent pas de réponse immédiate. Dans le prolongement des mouvements de 1986, que ce soit dans le public, le privé ou récemment en Guadeloupe, des mouvements plus larges se développent qui prennent des formes unitaires (AG, coordinations) pour créer un espace démocratique. SLR (Sauvons la recherche) a montré l’exemple de ce qui s’est développé ensuite dans SLU (Sauvons l’université). Ce mouvement a dépassé les représentations classiques comme celles des syndicats ou des réseaux entre courants d’idées.

Est-ce un mouvement corporatiste ?

Comme dans les mouvements sociaux en général, le feu prend souvent autour de revendications salariales, comme ici autour des évolutions de carrières. Mais les enseignants-chercheurs partent de leurs conditions de travail au sens large, y compris leurs relations avec les étudiants, pour réagir en disant « on ne pourra plus faire notre métier ».

Lorsque je suis arrivé à l’institut par exemple, je donnais 52 heures de cours à 40 étudiants et j’avais largement le temps de les amener où je voulais, quel que soit leur niveau de départ. Aujourd’hui, sur le même cours, je ne dispense plus que 18 heures mais à 110 étudiants ! C’est un processus où les étudiants sont de plus en plus isolés et trop peu encadrés.

Dans le fait d’autonomiser sans moyens (recours aux fondations, aux acteurs extérieurs de plus en plus) une université de masse, on est potentiellement dans une perte d’autonomie intellectuelle. La régression générale de l’investissement universitaire va produire des universités d’excellence à côté d’autres universités qui remplaceront les IUT.

La mobilisation des enseignants-chercheurs s’est surtout élargie vers les étudiants, et le mouvement n’est pas parti cette fois des chercheurs dans les grands organismes…

Contre la LRU, les syndicats étudiants avaient des revendications très précises, classiques (bourses, emplois…) et avaient des inquiétudes sur l’entrée en master et la valeur des diplômes. Dans notre institut par exemple, on a 20 % d’inscrits en plus en masters et moins de moyens. Notre offre de M2 représente la moitié de ce que les étudiants pourraient nous demander. On n’a pas les moyens en regard de la dynamique de masse. Les étudiants pensent que les diplômes ne seront plus nationaux, qu’il n’y aura d’avenir que pour les plus brillants qui auront un M2. Ils prennent conscience que leur investissement – chez nous entre un tiers et un quart travaillent à côté de leurs études – ne va pas forcément déboucher.

Quant au mouvement de la recherche, il est mort. Le CNRS, qui en était l’élément structurant, est mort. Les chercheurs sont épuisés, désabusés et les plus jeunes ont de grosses inquiétudes quant à leur avenir. Le mouvement des chercheurs [en 2004] est parti des directeurs de labo avec SLR, qui a peu pris en compte les revendications des jeunes souvent hors statut.

Ce mouvement peut-il durer ?

Le mouvement touche tout le monde même si tout le monde ne se mobilise pas de la même façon. L’état d’esprit dépasse les jeunes ou les moins jeunes. Les chargés de cours payés à la pièce travaillent mais sont solidaires. Il n’y a pas de clivage entre maîtres de conférences et professeurs. Des universités très différentes comme Lyon 2 et Lyon 3 se sont même rapprochées pour refuser de remonter les maquettes de master enseignement. Il y a un mouvement de désenchantement qui n’est pas isolé de ce qui se passe en dehors de l’université. On est plus dans une implosion qu’une explosion de l’université. je pense que même s’il y a une pause dans le mouvement, les problèmes de fonds demeureront au-delà du décret statutaire. Et on ne peut exclure une logique de vases communicants du mouvement des enseignants-chercheurs vers celui des étudiants.

(Texte publié sur EducPros)

Des précaires de l’ESR au ministère !

Communiqué du collectif PAPERA / Jeudi 26 février 2009
Des précaires de l’ESR au ministère !

Rencontre du collectif PAPERA (Pour l’Abolition de la Précarité dans l’Enseignement supérieur, la Recherche et Ailleurs) avec P.-L. Fagniez (MESR) | 24/02/09 |

Une délégation de trois membres du collectif PAPERA a été reçue le mardi 24 février au Ministère de l’Enseignement supérieur et la Recherche (ESR) par Pierre-Louis Fagniez , conseiller auprès de la ministre. L’entretien, qui a duré deux heures, avait pour objectif de forcer le ministère à prendre position sur la précarité dans l’ESR.

La délégation a transmis au ministère une copie de la pétition du Collectif de Lyon de Jeunes Chercheurs demandant le retrait du projet de contrat doctoral unique ainsi que la liste des signataires de la pétition au 24/02.

Préalablement à l’entretien et à la demande expresse de P.-L. Fagniez, nous avions transmis au ministère la synthèse des questions récoltées par consultation des personnels de l’ESR. En début d’entretien, nous avons demandé à recevoir des réponses écrites à ces questions. Selon M. Fagniez, seul un texte global a été préparé par ses services, texte basé essentiellement sur un argumentaire chiffré (dit « argumentaire ministériel » [sic]) et que nous n’avons pas eu en main. Nous avons ensuite essayé d’avoir une discussion question par question, point par point. Dès la première question, l’argumentaire préparé par le ministère a montré son insuffisance et nous a rapidement fait dériver vers une discussion globale et déstructurée.

Un compte-rendu très détaillé des points abordés sera rédigé dans les prochains jours. Les échanges soutenus ont porté sur divers aspects de la précarité : recrutement, salaire, autonomie, indépendance, financement de la recherche, affectation, CNU , mandarinat, Crédit d’Impôt Recherche, projet de contrat doctoral et grandes écoles.

En fin de rencontre, P.-L. Fagniez ayant jugé que la réponse préparée par le ministère n’est pas adaptée, le ministère s’engage à revoir sa copie et à transmettre les réponses écrites aux questions posées sous 15 jours. Nous espérons que ses réponses seront d’une autre teneur que celles obtenues pendant l’entretien.

En complément, une information obtenue lors de cette entrevue : le ministère prépare une réforme profonde du CNU. Certes une proposition intéressante suite à notre discussion sur les concours universitaires. Ne serait-ce pas cependant simplement une belle manœuvre pour désamorcer le mouvement actuel de contestation en réponse aux critiques de manque de transparence et du pouvoir totalitaire accordé au Présidents d’universités ?

Suite à ces "réponses" que nous jugeons insatisfaisantes, nous poursuivrons nos campagnes d’actions, d’informations et de mobilisations.

Le collectif PAPERA
…………………………………………..
COLLECTIF Pour l’Abolition de la Précarité dans l’Enseignement Supérieur, la Recherche et Ailleurs
http://www.collectif-papera.org
Le site PAPERA est géré par des précaires.

AG étudiants/personnels Strasbourg, 26 février

Motions de l’AG unitaire Etudiants/Personnels de l’Université de Strasbourg, 26 février 2009 (11h-14h)
I. Motions de principes :
1. L’Assemblée générale exige l’abrogation de la loi LRU et du Pacte pour la Recherche et l’arrêt immédiat de leur mise en œuvre.
2. Les étudiants et les personnels de l’Université de Strasbourg, personnels techniques et administratifs, personnels des organismes de recherche, enseignants, chercheurs et enseignants-chercheurs, proclament leur pleine et entière unité dans leur combat pour défendre un Service public de l’enseignement supérieur et de la recherche, démocratique, collégial et émancipateur. Ils s’opposent au processus de destruction des services publics français mis en œuvre par le gouvernement.
3. Ils prennent acte du communiqué de presse du premier ministre en date du 25 février, ils observent l’art de l’esquive et les manœuvres dilatoires du gouvernement, ils constatent que celui-ci continue d’ignorer nos exigences, dont celle de l’abrogation de la LRU, et ils apportent solidairement les réponses suivantes :
- nous refusons « la mise en place d’une commission de suivi permanent de la réforme de la formation des enseignants » tant que cette réforme et celle des concours n’ont pas été retirés, retrait qui doit être suivi d’une consultation nationale sur les métiers de l’enseignement
- nous refusons « la mise à disposition de l’université de professeurs agrégés du second degrés », mesure qui s’inscrit dans une stratégie globale de réduction des postes d’enseignants chercheur et conduira à une dégradation de la qualité des enseignements du niveau licence.
- nous ne pouvons nous satisfaire que le décret sur le statut des enseignants-chercheurs soit « entièrement réécrit », nous exigeons qu’il soit entièrement retiré comme condition préalable à l’ouverture de véritables négociations avec tous les représentants de la communauté universitaire.
- nous ne pouvons nous satisfaire du gel des suppressions de postes d’enseignants-chercheurs pour 2010 et 2011 et continuons d’exiger le rétablissement immédiat de tous les postes supprimés en 2009  ainsi que la mise en place d’un plan pluri-annuel de créations de postes statutaires.
4. Ils apportent leur soutien et leur peine adhésion aux quatre motions de la Coordination nationale des universités réunie à Paris 10 Nanterre le 20 février 2009.
5. A la suite de la motion 1 de la coordination nationale des personnels, ils exigent la non diminution du nombre de postes offerts à tous les concours de l’Education Nationale.

II. Motions à l’attention de la Direction de l’Université de Strasbourg
1. L’AG demande à la direction de l’UdS,  au sujet des personnels administratifs et techniques:
- de ne pas rendre les emplois supprimés
- l’adoption de mesures en faveur de réelles perspectives de carrières
- des négociations avec les organisations syndicales pour la rédaction d’une convention collective en faveur des personnels contractuels.

L’AG demande un engagement ferme de l’UDS contre la contractualisation des emplois et contre l’externalisation des tâches.
Par ailleurs l’AG demande au gouvernement l’arrêt de toutes les suppressions d’emploi et des négociations pour la revalorisation des salaires des personnels administratifs et techniques.

2. L’AG appelle la direction de l’UdS à banaliser la demi-journée de manifestation à l’occasion de la journée de mobilisation nationale du 10 mars 2009, dite « de la maternelle à l’université ».
3. L’AG appelle la direction de l’UdS à prendre les mesures suivantes : pas de sanction des étudiants pour leurs absences aux cours (TP, TD, CM) pendant toute la durée de la grève et de la mobilisation, pas de pénalités financières pour les vacataires (tuteurs, doctotants, moniteurs), pas de sanction en cas d’absence aux contrôles continus et contrôles partiels, banalisation de toutes les demi-journées de manifestation.
4. L’AG demande à l’équipe de direction de réunir les conditions matérielles afin que les étudiants puissent poursuivre l’occupation d’un lieu de l’UdS de leur choix qui leur permette de développer, dans la sécurité et le respect des biens et des personnes, leur travaux de réflexions et leurs activités collectives avec lesquelles les personnels se montrent solidaires.
5. Les membres étudiants de l’AG demandent à l’équipe de direction de donner des garanties par un accord signé pour pouvoir réoccuper le Patio après la semaine de vacances du 2 au 7 mars. Ils votent le principe d’occuper le bâtiment Le Bel à compter du 2 mars.

III. Autres motions :
1. L’AG appelle tous les enseignants, les doyens et directeurs de composantes à tout mettre en œuvre pour que les étudiants ne subissent pas les conséquences de la grève et de la mobilisation.
2. L’AG mandate 4 membres du personnel pour représenter l’UdS lors de la réunion de la coordination nationale du 6 mars qui se tiendra à Paris 12 Créteil.

Au delà du statut des EC

Pour information, voici une analyse d’un collègue de l’IUT de Rennes.

"Chers collègues,

Pour faire suite à l’appel de Jean-François Bayart en faveur d’une « montée en généralité » de notre mouvement, il serait sans doute intéressant de disposer d’une vision d’ensemble des réformes qui sont menées actuellement à marche forcée par le gouvernement et qui, sous l’apparente impression de désordre, contribuent à transformer en profondeur le système éducatif français, de la maternelle à l’université, en passant par l’éducation populaire. Car la réforme du statut des EC, qui nous préoccupe tous et tend à focaliser les débats, n’est finalement qu’un maillon d’un bouleversement plus général.

Pour ne prendre qu’un seul exemple, les IUT sont en lutte depuis novembre 2008 contre le modèle « Sympa », le nouveau système de répartition des moyens humains et financiers ("Système de répartition des moyens à la performance et à l’activité"), désormais opérationnel depuis le 1er janvier 2009. Or si les IUT sont particulièrement concernés par cette nouvelle forme de financement (certains IUT vont ainsi voir + de 40% de leur budget amputé, autant dire que « Sympa » signe tout simplement la fin de ces établissements), cette réforme de la dotation globale de financement de l’enseignement et de la recherche va également peser directement sur les autres composantes de l’Université.

Le modèle « Sympa » répartit en effet l’ensemble des moyens pour l’enseignement et la recherche. Il répartit une enveloppe globale des moyens de l’Etat inscrit dans la loi de finance (humain et financier). Il est basé sur le nombre d’étudiants pondérés (4 pondérations) _*présents aux examens *_(et non plus inscrits) et le nombre d’enseignants-chercheurs publiant avec des pondérations par domaine de recherche et par classement des équipes.

Ce modèle est presque linéaire, car il effectue la répartition uniquement au prorata des étudiants pondérés et des enseignants-chercheurs publiant. Ainsi, contrairement à l’ancien système de dotation San Rémo (qu’il remplace et qui prenait en compte des effets de taille, de coûts de fonctionnement différents par classe de formation ; qui tenait compte d’un besoin en personnels IATOS différencié non pas par étudiant, mais par grand groupe pour des formations professionnelles ou générales ; et qui adaptait les besoins en enseignants sur la base du nombre d’heures par étudiant (H/E) et du statut des enseignants), le système Sympa ne tient pas compte d’un effet d’échelle et des fonctions de pilotage obligatoires, indépendamment du nombre d’étudiants ou d’enseignants-chercheurs.

Ce nouveau système de calcul est déjà opérationnel, mais il en est malheureusement fait peu de cas dans les revendications, les débats et les média, même si les dernières motions de la Coordination nationale en font (timidement) mention. Et pourtant, celui-ci s’inscrit pleinement dans la nouvelle forme de management public des universités réclamée par le gouvernement, et dénoncée ici à juste titre par J-F. Bayart.

De ce point de vue, je pense qu’il serait dommage que le débat sur le statut des EC soit l’arbre qui cache la forêt des réformes, car le système Sympa s’inscrit très directement dans un processus de contrôle (et non d’évaluation) des personnels de l’université, en même temps qu’il fragilise les conditions de fonctionnement des UFR. Dit autrement, si le décret transforme nos statuts, ce système va transformer nos pratiques de l’intérieur, et ceci de façon beaucoup plus insidieuse, comme nous en faisons déjà directement l’expérience dans les IUT dans le cadre de la formation continue, véritable cheval de Troie de la
marchandisation de l’université et dont les diplômes associés -licences professionnelles par exemple- font désormais de plus en plus l’objet de procédures d’audit et de démarche « qualité »…

A ce niveau, il n’est pas sûr que le retrait du projet de décret de V. Pécresse change grand-chose, même si il demeure incontestablement le point d’achoppement de nos revendications. Attention donc à ce qu’une éventuelle reculade du gouvernement sur ce point (on peut légitimement y croire) ne contribue pas à nous démobiliser, car les réformes en cours
sont beaucoup plus « générales »."

L. A.

Le mouvement des chercheurs et universitaires doit maintenant "monter en généralité"

Ce point de vue de Jean-François Bayart, directeur de recherches au CNRS, a été publié sur le site de Mediapart le 25 février 2009, et lu publiquement devant le Panthéon, lors de la manifestation du 26 février.

"En annonçant la rupture, Nicolas Sarkozy n’avait pas trompé sur la marchandise. Malgré ses incohérences discursives de chauve-souris (voyez mes ailes, je suis libéral et atlantiste, voyez mon corps, je suis national et protecteur), ses objectifs sont clairs : d’une part, soumettre la société française à la dictature d’une rationalité strictement comptable, quantitative et financière, celle du New Public Management, en cassant l’autonomie des corps intermédiaires, des institutions, des métiers ; de l’autre, la corseter à grand renfort de lois liberticides, de fichiers, de vidéosurveillance, de descentes policières aux abords des écoles et dans les établissements eux-mêmes sous prétexte de lutte contre l’immigration clandestine et la drogue, d’ingérences dans les médias, la magistrature ou le monde des affaires, d’invocations étatiques de l’ « identité nationale » (incitations à la délation à l’appui), de traques contre une « ultragauche » censée être virulente mais dont les juges ont quelque peine à établir la culpabilité. D’un côté, le néo-libéralisme ; de l’autre, le dirigisme, et de plus en plus l’autoritarisme. En bref, le national-libéralisme.

La mise au pas de l’Université et le démantèlement du CNRS, sous prétexte d’ « autonomie », de « réforme » et de « mise à niveau internationale », ne sont qu’un pan de ce projet global, qui concerne symétriquement l’hôpital, la médecine jadis « libérale », les transports, la poste, la Justice, l’Education nationale, et à peu près tous les secteurs sur lesquels l’Etat peut agir. La technique gouvernementale est également partout la même : au mieux, « balader » les partenaires sociaux par des négociations en trompe l’œil ; au pire, les affronter en exhalant le mépris à leur encontre et en taxant de « corporatistes » leurs objections. De ce point de vue, le discours du 22 janvier de Nicolas Sarkozy, dans lequel il exprima de manière particulièrement mal informée et vulgaire son dédain à l’égard de la communauté scientifique et universitaire, fut peut-être une erreur tactique, du fait de l’indignation qu’il suscita, mais certainement pas un dérapage qu’expliqueraient le stress, l’énervement habituel et le machisme de comptoir du président de la République. Le réformisme autoritaire sarkozien, qui attribue à l’Etat le monopole de la modernité et de la clairvoyance, selon une inspiration bien française, suppose que les institutions et les métiers qu’il prend pour cibles soient avilis, afin que soit salie leur dignité, disqualifiée leur argumentation, et brisée leur résistance. Il y a du viol dans cette technique de gouvernement, mais comme dans les opérations de purification ethnique celui-ci est rationnel et stratégique.

Dans ces conditions, les chercheurs et les universitaires ont une responsabilité nationale particulière. Parce que leur métier est de comprendre le monde dans lequel nous vivons, parce que leur vocation est au service du pays et non de ses gouvernants successifs, parce qu’ils doivent rendre compte de leurs travaux aux contribuables qui les financent et à l’ensemble des acteurs sociaux, parce qu’ils tiennent entre leurs mains une bonne part de l’avenir en tant que producteurs et dispensateurs de la connaissance, la grande ressource économique de demain,ils doivent dépasser le répertoire de leurs seules revendications et restituer la cohérence d’ensemble de ce qui se passe aujourd’hui en France. L’asservissement de leur profession à la logique néo-libérale est de la même encre que celui de l’ensemble des services publics et des institutions. Le tout à l’étalonnage (bench marking) des performances de la Recherche et de l’Université, appréhendées dans les termes exclusifs de la bibliométrie et des classements internationaux selon des méthodes quantitativistes hautement contestables et arbitraires,leur dévolution à l’autorité toute-puissante de Présidents transformés en grands patrons, la confusion systématique dans le discours présidentiel entre la recherche fondamentale – dont la finalité est la connaissance – et la recherche-développement ou l’innovation – au service de l’industrie – ont leurs exacts pendants. Par exemple, la « tarification à l’activité » (T2A). Celle-ci assure désormais l’intégralité du financement de l’hôpital, la mue de celui-ci en entreprise soucieuse de « maîtrise des coûts de production » et de « positionnement face à la concurrence » sous la houlette compétitive de « chefs de pôle », et la liquidation de l’idée même de qualité des soins au bénéfice d’une logique financière regroupant les malades en « groupes homogènes de séjours » (GHS) qui déterminent une durée idéale de séjour et une tarification non moins optimale. C’est également dans cet esprit que des chaînes de productivité sont instaurées dans la Justice, qui automatisent cette dernière et l’inféodent à la Police, ou que les services publics sont démantelés parce qu’ils coûtent cher, sans que jamais l’on nous dise ce qu’ils rapportent en termes d’environnement, d’attractivité internationale de la France pour les investisseurs étrangers, de qualité de vie ou de mutualisation et d’économie d’échelle des dépenses des ménages.

Chacun en fait l’expérience quotidienne, comme travailleur salarié ou indépendant, comme étudiant ou comme chômeur, comme consommateur, comme usager, comme patient : en voyant un proche n’être accepté en unité de soins palliatifs que si son espérance de vie est supérieure à 2 jours et inférieure à 35 jours, T2A oblige ; en se heurtant à l’opacité de la tarification de la SNCF, d’Air France ou de la téléphonie mobile ; en devant continuer à se porter caution auprès d’un propriétaire pour un enfant trentenaire, titulaire d’un doctorat, mais cantonné dans un CDD à durée illimitée par un Etat qui est le premier à violer le droit du travail ; en découvrant qu’un tribunal de commerce de Lyon s’enorgueillit de délivrer des sentences certifiées ISO 9001 ; en constatant que son épargne a fondu de 40% en 2008 grâce à la merveilleuse gouvernance néo-libérale des marchés financiers ; en consacrant plus de temps au fund raising qu’à la recherche, ou à l’administration dirigiste de l’exercice de la médecine « libérale » qu’à ses malades ; en attendant quatre mois au lieu de quinze jours le raccordement de sa maison au réseau électrique depuis que l’Union européenne a enjoint de dissocier le fournisseur d’énergie de l’exploitant du réseau, pour le bien naturellement de la concurrence et du consommateur !

Il ne s’agit pas de reprendre le vieux débat entre les mérites (ou les défauts) respectifs du marché et de l’Etat, mais de ramener notre classe politique à un minimum de bon sens. Quel est le coût de ces réformes emphatiques et incessantes qui empêchent les gens de travailler, quand de simples ajustements les y aideraient ? Est-il bien raisonnable de livrer notre hôpital, notre Université, notre Recherche, notre Justice, nos services publics à une gestion néo-libérale dont les limites sont devenues patentes aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, et qui a plongé le monde dans la plus grave crise économique et financière depuis 1929 ? Dans quelle société, et selon quelles valeurs, voulons-nous vivre ? Au-delà de leur propre malaise, et de la colère qu’a fait monter en eux le discours insultant du chef de l’Etat, les chercheurs et les universitaires doivent, non apporter la réponse, mais poser la question et alerter leurs concitoyens sur les vrais enjeux du national-libéralisme."

"Nous ne sommes pas dupes" (communiqué Frec-Sup CGT)

Nous ne sommes pas dupes
Le premier ministre et la ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche viennent d’annoncer comme une grande avancée qu’aucun poste d’enseignant-chercheur ne serait supprimé en 2010 et 2011. C’est une bonne nouvelle !
Mais, de qui se moque-t-on ?
Dans le projet de loi de finances 2009, nous avons bien noté que les suppressions de postes ne concernent que les BIATOS et les ATER. Ne nous plaignons pas, les emplois supprimés ne représentaient qu’un départ à la retraite sur six, en attendant 2010 et 2011 où le ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche devra atteindre le taux des autres ministères, soit un sur deux !
A moins de considérer que les fonctions et missions remplies par ces personnels n’ont aucune importance et donc aucune valeur (ce qui semblerait être le cas vu les propos déjà tenus par la ministre sur ces personnels) ou que les enseignants-chercheurs pourront sans dommage pallier leur disparition, rien ne saurait justifier une telle politique.
Ces fausses nouveautés voulant montrer une grande mansuétude du gouvernement envers les enseignants-chercheurs, sont destinées à berner essentiellement l’opinion publique.
L’annonce que quelques 400 agrégés de l’Education Nationale pourraient rejoindre le Supérieur devrait alerter personnels et étudiants sur l’objectif véritable du gouvernement : secondariser le premier cycle (« plan licence »).
Une telle mesure ne ferait que fragiliser encore le lien pourtant fondamental entre l’enseignement et la recherche qui fonde le statut des enseignants-chercheurs.
De telles annonces ne répondent en rien aux revendications de l’ensemble des personnels de l’enseignement supérieur et des étudiants en luttes qui, tous, exigent à leur manière les moyens pour un service public de qualité.
Pour toutes ces raisons, la FERC Sup CGT appelle l’ensemble de la communauté universitaire à poursuivre et amplifier la mobilisation et à participer massivement au succès des manifestations à venir pour obtenir de véritables négociations sur l’ensemble de ses revendications.
Elle inscrit ses initiatives, actions et manifestations dans la préparation de la journée interprofessionnelle du 19 mars, dans l’unité des salariés, du privé et du public, des retraités et des privés d’emploi du pays
Montreuil, le 26 février 2009

5ème Coodination Nationale des Universités à Paris XII le 6 mars 2009

La 5ème Coodination Nationale des Universités se tiendra à l’Université Paris XII le 6 mars 2009 dans l’Amphi T 500 (des étudiants vous accueilleront dès votre arrivée pour vous guider et le parcours sera de toutes façons fléché) :

  • accueil 10h – 10h30
  • travaux : 10h45-18h
  • point presse à 18h30

Université Paris XII – Val de Marne, Centre Multidisciplinaire de Créteil (CMC)
61, avenue du Général de Gaulle, 94010 Créteil Cedex
- Métro : station Créteil Université (ligne 8)
- Bus : station Créteil Université (lignes 181, 281, TVM)
- RER D : station Vert-de-Maison
Vous pouvez consulter les plans d’accès :
http://www.univ-paris12.fr/00730115/0/fiche___pagelibre/&RH=UNI

1/ Mandatement

  • La composition des délégations reste la même que lors de la précédente coordination : 3 enseignants-enseignants-chercheurs-chercheurs / 1 BIATOSS / 1 étudiant.
  • 2 observateurs par délégation seront admis
  • La liste des mandatés par université ou établissement est à envoyer dès que possible à l’adresse suivante : coord.nat.paris12.delegation@shesp.lautre.net
  • en indiquant en objet : DELEGATION + NOM DE L’UNIVERSITE OU ETABLISSEMENT

2/ Organisation
Nos réunions sont en général rythmées en trois temps :

  • - Bilan de la mobilisation
  • - Discussion sur les motions
  • - Calendrier et actions

A/ Afin de pouvoir consacrer davantage de temps aux parties « Discussion sur les motions » et « Calendrier et actions », et afin de pouvoir terminer nos travaux en temps voulu, le comité d’organisation de Paris XII se propose de projeter à l’écran sur document powerpoint une synthèse (par régions) de l’état de la mobilisation dans les différentes universités et établissements représentés. Nous demandons donc aux différents mandatés de nous faire parvenir dès que possible et au plus tard le mercredi 4 mars une brève synthèse (500 signes) sur l’état de la mobilisation dans leur université ou établissement. Afin de faciliter l’établissement de ces synthèse, nous vous demandons de nous informer de façon synthétique et schématique sur les points suivants :

  • grève (indiquer les différentes facultés, UFR, ou départements en grève, si vous disposez de chiffres ils sont les bienvenus)
  • grève active ? cours alternatifs et autres actions
  • position du CEVU et CA de l’Université
  • boycott des expertises AERES et ANR
  • établissement d’une caisse de grève
  • actions en direction du public
  • manifestation du 26 février : participation et actions
  • autres (blogs, comités de liaison avec le primaire et le secondaire…)

Les synthèses de la mobilisation locale sont à envoyer à l’adresse suivante :
coord.nat.paris12.synthese@shesp.lautre.net
en indiquant en objet SYNTHESE + NOM DE L’UNIVERSITE OU ETABLISSEMENT

Vous pouvez aussi envoyer vos synthèses sur l’état de la mobilisation dans votre université ou établissement sous forme de tableau

B/ Afin de faciliter la discussion et le vote des motions, nous demandons également aux collègues qui souhaitent nous transmettre des propositions de motions de nous les faire parvenir avant le 4 mars, afin que nous puissions en établir une synthèse et vous soumettre ensuite différentes propositions. Nous vous enverrons dans les tout prochains jours la liste des questions qui figureront à l’ordre du jour afin que vous puissiez obtenir un mandat clair de vos assemblées générales.

Les propositions de motions sont à envoyer à l’adresse suivante :
coord.nat.paris12.motion@shesp.lautre.net
en indiquant PROPOSITION MOTION + NOM DE L’UNIVERSITE OU ETABLISSEMENT

Merci à vous tous de bien vouloir respecter ces délais, vous nous faciliterez la tâche et nous aiderez à garantir le bon déroulement des débats.

Le comité d’organisation de Paris 12

Appel pour un rassemblement national des délégués de laboratoires

http://www.universite-recherche-democratie.fr/

Appel pour un rassemblement national des délégués de laboratoires

Depuis début février, la grève s’étend dans les universités et les laboratoires contre la politique d’enseignement supérieur et de recherche du gouvernement (décret carrières, réforme de la formation des enseignants, suppressions d’emplois, démantèlement des organismes). Les manifestations ont rassemblé dans toute la France plusieurs dizaines de milliers d’enseignants-chercheurs, de chercheurs, d’ingénieurs, de techniciens, d’administratifs, de personnels précaires et d’étudiants. Se situant dans le même mouvement, en convergence avec la coordination des universités, une assemblée générale des personnels des laboratoires de tous les organismes de recherche et des universités, tenue le 12 février au CNRS, a donné le coup d’envoi d’une campagne préparant une réunion nationale de délégués de laboratoires.

Nous proposons dans chaque région et/ou université d’organiser de façon coordonnée, avec les syndicats et les associations signataires, des AG de laboratoires qui éliront des délégations composées de façon inter catégorielle. Nous appelons les AG à débattre des revendications et à mandater les délégués qui iront mi-mars porter une adresse solennelle à l’Elysée. Les AG sont appelées à se prononcer notamment sur :
- la restitution des 1030 emplois supprimés au budget 2009, et l’ouverture de négociations sur un plan pluriannuel de recrutement permettant la résorption de la précarité,
- le transfert immédiat des crédits 2009 de l’ANR vers les EPST et les universités pour leur donner les moyens de recruter sur postes statutaires et de mener une politique scientifique.
- le refus de l’éclatement du CNRS (qui doit maintenir toutes les disciplines et assurer la continuité thématique), du découpage de l’INSERM en Instituts, de la dilution de l’INRA dans un consortium, du transfert des personnels IRD aux universités, du contrat d’objectifs sans moyens imposé au CEMAGREF et de la transformation des EPST en simples agences de moyens
- l’abandon de toute politique de désassociation et le maintien des UMR permettant une coopération entre universités et organismes.
- le retrait du projet de contrat doctoral
- le boycott de l’AERES et la restitution de l’intégralité de ses prérogatives au comité national de la recherche scientifique et aux instances scientifiques des autres organismes pour l’évaluation des équipes et laboratoires.

Elles pourront se prononcer également sur le boycott des jurys des chaires, le blocage des CA des organismes appelés à entériner les transformations en cours. Elles pourront demander aux sections du CoNRS de contribuer à assurer le suivi de ce mouvement, de soutenir et d’encourager les personnels et les laboratoires dans ces actions.

Ce site WEB spécifique est destiné à recueillir les initiatives des laboratoires et organisera le rassemblement national. Envoyez vos motions sur depot-motions-labos@universite-recherche-democratie.fr. Elles seront mises en ligne sur ce site.

Les organisations signataires appellent les personnels à prendre toute leur place dans les luttes en cours.

CGT : SNTRS, CGT-INRA, FERC-SUP
FSU : SNCS, SNESUP, SNASUB
SGEN-CFDT Recherche EPST
SOLIDAIRES : SUD Recherche-EPST, SUD Education, SUD Etudiant
SNPREES-FO
SLR, SLU
UNEF

Bibliothèques en grève !

*COMMUNIQUE DU PERSONNEL EN GREVE DE LA BIBLIOTHEQUE DE L¹UNIVERSITE DU LITTORAL COTE D¹OPALE*
*Boulogne ­ Calais ­ Dunkerque ­ Saint-Omer*

Pourquoi sommes nous en grève aux côtés des enseignants chercheurs, du personnel administratif et technique et des étudiants de l¹ULCO ?
La loi LRU, dans son ensemble et dans ses décrets d¹application, ne touche pas uniquement le statut des enseignants-chercheurs ni la formation des enseignants via la suppression des IUFM et la mastérisation.
Nous, personnel de bibliothèque de l¹université, sommes également concernés par les enjeux qui agitent l¹avenir des universités en France en général, celui des universités de proximité, comme l¹ULCO, en particulier.

UNIVERSITE EN PERIL = BIBLIOTHEQUE UNIVERSITAIRE EN PERIL
Université et bibliothèque universitaire sont étroitement interdépendantes. Il n¹est pas imaginable de concevoir une entité sans
l¹autre. Or, l¹ « autonomie » visée par la loi Pécresse a pour conséquence de priver les universités de proximité de moyens à la
hauteur de leurs besoins spécifiques. Il n¹est pas « irresponsable » de penser qu¹à terme ces universités disparaissent, la concurrence voulue par le gouvernement n¹allant pas dans le sens de l¹ULCO mais bien plus dans celui des grandes universités. Si l¹ULCO disparaît, qu¹en sera-t-il de la BULCO et de son personnel ? Serons nous, pour les titulaires, dispatchés entre les différentes universités de la région ou de France ?

RECHERCHE EN PERIL = BIBLIOTHEQUE UNIVERSITAIRE EN PERIL
Si au mieux les universités de proximité conservent leur public de licence, il est probable que les laboratoires de l¹ULCO et les
chercheurs qui y travaillent migrent vers des pôles plus attractifs. Or ce sont les laboratoires de recherche qui font vivre une université et sa bibliothèque. La BULCO se réduirait-elle alors à procurer de la documentation de niveau 1 seulement, telle un CDI de lycée ? Qu¹en sera-t-il des politiques documentaires mises en oeuvre sur nos sites et qui visent notamment à procurer de la documentation scientifique d¹un haut niveau aux chercheurs ? L¹expertise scientifique des bibliothécaires est directement menacée.

Pour la défense d¹un service public de l¹éducation de qualité, nous réclamons des moyens financiers , la titularisation du personnel contractuel, des créations de postes dans la filière bibliothécaire et nous nous associons aux motions votées par la coordination nationale des universités contre la loi LRU

GLOBALISATION DU BUDGET = RESSOURCES DOCUMENTAIRES EN PERIL
Avec la loi LRU, le budget fléché pour les bibliothèques disparaît. Désormais, les ressources des BU sont fixées par les présidents des universités. Or, dans un budget restreint avec des priorités à définir, comment garantir que l¹université accorde une place de choix aux ressources documentaires ? L¹appauvrissement de nos universités ira de pair avec l¹appauvrissement de nos bibliothèques. Depuis des années nos collègues se débattent déjà dans des contraintes budgétaires serrées, devant régulièrement sélectionner les abonnements de périodiques à supprimer. Ces choix drastiques seront encore plus aigus dans les
années à venir. Comment les bibliothécaires vont-ils pouvoir pallier le manque de moyens pour répondre aux besoins documentaires des étudiants et des enseignants ?

GLOBALISATION DU BUDGET = PERSONNEL EN PERIL
Dans notre bibliothèque, mais comme dans bien d¹autres, la part du personnel contractuel est particulièrement importante (16
contractuels, 39 titulaires) et absolument nécessaire pour répondre aux nécessités de service. Or il est à craindre que ce personnel soit la variable d¹ajustement budgétaire de l¹université.
Pourtant les missions des BU augmentent et le manque de personnel se fait de plus en plus ressentir :
- *pour élargir les horaires d¹ouverture* comme le demande le gouvernement (qui souhaiterait que les BU ouvrent de 8h à 20h en semaine et le samedi toute la journée… mais sans création de postes!). Depuis l¹année dernière, 3 départs de contractuels n¹ont pas été remplacés ….
- *pour assurer les cours de méthodologie documentaire* mis en place dans le cadre du plan Pécresse « Réussite en Licence » (204 heures de cours donnés en 2007-2008 avec du personnel de catégorie A, B, C et des contractuels et perspectives d¹accroissement de ces cours). Si le personnel est convaincu de l¹utilité de ces formations aux outils de recherches, il réclame également le déploiement de moyens financiers pour cette mise en oeuvre.

Le personnel est en nombre insuffisant et assure des tâches de plus en plus lourdes qui dépassent les cadres des missions statutaires dévolues aux catégories B, C et contractuels, dont les salaires n¹ont pas été augmentés contrairement à celui de certains hauts fonctionnaires…

CRAINTE POUR L¹AVENIR DES METIERS DE BIBLIOTHEQUE
La spécificité de la filière bibliothèque est remise en cause, en particulier par le rapport Schwartz : budget dépendant du président de l¹université, mais aussi *absorption du personnel de bibliothèque dans le personnel ITARF.*
A l¹avenir un enseignant chercheur pourrait occuper un poste de conservateur, et les directeurs des grandes bibliothèques ne seraient plus forcément choisis parmi les conservateurs. Ces dispositions nient totalement la qualification et l¹expertise qui incombent à ces postes .
De même, le projet de fondre le corps des catégories B et C dans le corps des ITARFS, s¹il a été reporté, est toujours d¹actualité : si la BULCO ferme ou réduit ses sites, peut-être les magasiniers seront ils « recyclés » dans les personnels techniques ou administratifs de l¹université. Ces métiers correspondent-ils aux qualifications qu¹ils ont acquises et validées par un concours ?

CNRS : moins 1000 postes dans 4 ans ?

Communiqué des syndicats du Cnrs

Si l’importance des mobilisations en cours ont obligé F. Fillon et V. Pécresse à annoncer qu’ils renonçaient aux suppressions de postes prévues pour 2010 et 2011 dans les universités, rien n’a été annoncé pour les organismes de recherche. Le fossé existe toujours entre les revendications des personnels des laboratoires et le ministère qui maintient les suppressions de postes dans les labos, qui refuse la mise en place d’un plan pluriannuel de création d’emploi et  continue le démantèlement des EPST.

Selon les informations dont nous disposons, mais qui n’ont pas encore été rendues publiques, le CNRS continuera à perdre des emplois sur la période 2009-2013. Cette «version» du contrat d’objectifs et de moyens entérine la baisse de l’emploi scientifique et technique. 596 postes d’ITA et 253 postes de chercheurs seront perdus sur les cinq prochaines années. La création de chaires CNRS-Universités au rythme de 90 par an continuera à consommer deux postes de fonctionnaires pour un emploi créé. Une telle politique de l’emploi est inadmissible. Il est de la responsabilité de la direction du CNRS de revoir d’urgence ses demandes en matière d’emploi et de d’exiger du ministère de réels  moyens supplémentaires en terme de postes de titulaires. Les organisations signataires rappellent leur exigence de voir transférer les financements de l’ANR vers les organismes, ces budgets pourraient tout à fait permettre de stabiliser les personnels sur CDD et financer une partie du plan pluriannuel de l’emploi qu’elles exigent.

Pour ce qui concerne les autres aspects du Contrat d’Objectif Moyens  qui donne de plus en plus l’impression de se limiter à un simple contrat d’Objectifs sans moyens -, nous voulons rappeler notre opposition de principe sur les points suivants.

·       Nous sommes fondamentalement attachés au bon fonctionnement des UMR. Celui-ci nécessite un équilibre sincère entre les universités et les EPST. Cela n’est pas le cas dans les rédactions successives qui nous sont proposées. Nous exigeons un contrat  identique entre les laboratoires et chacune de leur tutelle scientifique, quel que soit le gestionnaire financier. Le CNRS choisissant le rôle d’agence de moyens vis à vis des UMR sous gestion universitaire affectera ou retirera des personnels en fonction de critères non pas scientifiques, mais d’opportunité ou de suivi d’indicateurs technocratiques. Nous refusons cette fragilisation des équipes de recherche et rappelons que  les salariés ne sont pas des  pions.

·        Nous récusons le poids excessif que vont prendre le contrôle administratif, le poids des critères et indicateurs non scientifiques. Il faut rétablir le comité national dans tout son rôle d’évaluation des unités, des personnels et de la prospective scientifique. La structuration scientifique doit demeurer la colonne vertébrale de l’organisation de l’établissement. L’administration doit s’organier en appui de celle-ci en créant la cohérence de l’organisme. Nous dénonçons également la décision de créer immédiatement, sur ordre du ministère, le dixième institut des Sciences et technologies de l’Information, sans avoir achevé le cycle normal des consultations. Mais là encore, nous ne pouvons interpréter cette décision que comme la volonté d’accepter sans  jamais les discuter les ukases du ministère. Nous exigeons l’ouverture immédiate de négociations avec le ministère sur les revendications des personnels des organismes de recherche. Nous appelons les personnels des laboratoires à amplifier  leur mobilisation et à participer à la journée nationale des délégués des assemblées générales de laboratoires le 12 mars 2009.

SNTRS-CGT, SNCS-FSU, SGEN-CFDT Recherche EPST, SNPTES-UNSA, SNPREES-FO, SUD Recherche EPST

(Voir également l’article de Sylvestre Huet annonçant la "fuite" d’un document annonçant 1000 postes en moins sur les 4 prochaines années pour le CNRS)

Mise à jour 22h19 : Un collègue du CNRS Villejuif indique que "Les informations de Sylvestre Huet sur les suppressions de postes au CNRS pour 2009-2013 sont recoupées. La direction du CNRS a essayé, sur ordre, de les retenir le plus longtemps possible. 600 ITA, 250 chercheurs. A cela s’ajoutent les 450 "chaires mixtes universités-organismes", dont chacune représente un poste de CR ET un poste de MCF. Pas de suppressions de postes d’enseignants-chercheurs en 2010-2011, nous dit-on ? Les voici, pourtant."

Communiqué (OSC, SCIENCES PO/CNRS) DU 25 FEVRIER 2009

COMMUNIQUE DE L’ASSEMBLEE GENERALE DU PERSONNEL DE L’OBSERVATOIRE SOCIOLOGIQUE DU CHANGEMENT (OSC, SCIENCES PO/CNRS) DU 25 FEVRIER 2009

Le personnel de l’OSC, réuni le 25 février 2009 en assemblée générale, affirme sa participation au mouvement de protestation nationale contre les réformes déjà mises en œuvre ou envisagées dans l’enseignement supérieur et la recherche. Face au mépris exprimé par le Président de la République dans son discours du 22 janvier et à l’absence de concertation dont font preuve les Ministres de l’Education nationale et de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, l’assemblée générale, demande, en accord avec la coordination nationale des universités :

* Un plan pluri-annuel de recrutement d’enseignants-chercheurs et de chercheurs conforme à la priorité affichée par le gouvernement pour l’enseignement supérieur et la recherche ; le rétablissement de tous les postes supprimés dans l’enseignement et la recherche ; la fin de la politique de précarisation des emplois scientifiques ; la conversion des post-docs CNRS récemment supprimés en postes statutaires.
* L’arrêt du démantèlement des organismes publics de recherche (CNRS, INSERM, INRA…) et le rétablissement de l’ensemble de leurs missions (opérateur de recherche, labellisation des revues…), ainsi que l’abandon de la transformation du CNRS en instituts devenant agences de moyens.
* Le retrait du projet de décret sur le statut des enseignants-chercheurs ; le maintien et le renforcement de procédures collégiales pour le recrutement, l’évaluation, et l’attribution des services d’enseignement et des décharges pour la recherche.
* Le retrait de la réforme de la formation des enseignants du premier et du second degré dans sa forme actuelle ; la mise en place d’une véritable formation professionnelle, initiale et continue, pour tous les enseignants par une articulation efficace de l’apport des universités et des IUFM.
* L’augmentation du nombre de financements de thèse ; la mise en place d’un véritable statut pour les doctorants dont l’activité principale serait de se consacrer à leurs propres travaux de recherche.

L’assemblée générale ne défend pas pour autant le statu quo et appelle, au contraire, à une réflexion collective, faisant suite aux propositions élaborées lors des Etats généraux de la Recherche de 2004, concernant l’exercice des métiers de l’enseignement et de la recherche, le recrutement, l’évaluation, la carrière, le statut des enseignants-chercheurs, doctorants et post-docs, ainsi que la gouvernance au sein des établissements.

Elle réclame une politique ambitieuse et volontariste pour l’enseignement supérieur et la recherche, qui ne peut être menée sans un accroissement significatif des moyens financiers alloués aux Universités et aux organismes de recherche et une meilleure répartition entre les institutions, notamment entre les grandes écoles et les universités.

Elle souligne l’importance d’investir dans la formation des jeunes et dans la recherche en cette période de crise économique et sociale, et demande également que la réflexion sur l’enseignement supérieur et la recherche s’inscrive dans le cadre d’une politique globale concernant l’amélioration de la formation de la maternelle à l’université.

Elle s’associe donc aux actions engagées et appelle à la mobilisation pour obtenir le retrait des projets en cours, qui, en l’état actuel, ne peuvent qu’affaiblir l’enseignement supérieur et la recherche en France.

L’UTT : laboratoire de la LRU

"L’UTT : Laboratoire de la LRU
L’Université de Technologie de Troyes est passée, dans le cadre de l’autonomie élargie, sous le coup de la LRU au 1er Janvier 2009. De par son statut dérogatoire d’U.T., cet établissement était déjà structurellement proche de la future autonomie. Durant les quatre années qui ont précédé le passage officiel, la direction a pu procéder à une mise en place anticipée de certains éléments de la réforme mais aussi, en parallèle, à une réorganisation de l’établissement.
A côté du discours officiel, largement véhiculé au travers des médias, voici quelques éléments d’information sur ce qui s’est passé en interne, vu par l’oeil des personnels, toutes catégories et statuts confondus. Ce témoignage est destiné à servir d’illustration à ce que pourrait engendrer la réforme qui a conduit la majorité des universités à se mobiliser. L’UTT est un établissement efficace, basé sur des valeurs humanistes dans lequel nous investissons quotidiennement notre énergie. Il nous est particulièrement cher. Nous avons longtemps hésité avant de témoigner, mais il nous faut faire entendre une autre vérité.
Gouvernance et démocratie

Le « Directeur » conduit désormais l’organisation en « Manager » partisan du toujours plus. Régulièrement, il rencontre directement la ministre avec les autres directeurs d’établissements passés à la LRU. Comme ailleurs, c’est le Conseil d’Administration (CA) qui contrôle le directeur mais ici, de par le fonctionnement particulier et dérogatoire des U.T., cet organe est composé d’une majorité de membres extérieurs, non pas élus, mais « cooptés » par le CA lui-même. A l’UTT, la représentation interne est minoritaire. Intervenir en contrepoint d’une décision est de ce fait structurellement délicat pour les personnels élus. Les membres internes élus suivaient jusqu’à récemment « très » souvent l’avis général. Cependant, progressivement et à l’initiative des personnels, cet organe a demandé son bilan au directeur qui jusqu’à ce jour tarde à le fournir, même à l’assemblée censée le contrôler. Un audit des personnels a bien été effectué par un membre du CA, quant à l’état des choses après quatre ans de mandat. Cependant, même le CA n’a pu obtenir le compte rendu écrit de cet audit.
Depuis, l’auditeur auquel les personnels avaient largement fait part de leurs points de vue, a intégré la direction de l’UTT comme « directeur adjoint ».
Depuis quatre ans, plusieurs directeurs de service « non fonctionnaires » dont le personnel a du mal à déterminer les missions précises ont intégré l’organigramme de l’université. A tel point que certains postes semblent tout simplement avoir été dédoublés : par exemple, jusqu’à récemment, le binôme Agent-comptable/Directeur Financier.
Tout ce qui ressemble à un comité autre que le CA (Conseil Scientifique, Conseil des Etudes et de la Vie Universitaire…) est devenu de plus en plus « consultatif » et leurs avis sont de moins en moins pris en compte. Les candidatures y sont d’autant moins nombreuses.
Organisation
Dès son arrivée, le directeur a mis en place une organisation « matricielle ». Malgré les nombreuses demandes d’explications du personnel, sur la nécessité de cette nouvelle organisation, décrétée sans bilan préalable de l’existant, aucune justification n’a été
donnée. Après quatre ans de « déploiement » laborieux, sans accompagnement aucun, de comité de pilotage en audit de consultants, de multiples déménagement de bureaux en mutations internes sans concertation, il est tout simplement devenu
impossible de décrire le fonctionnement réel de l’université. Si ce n’est peut être qu’elle ressemble désormais étrangement à ce qu’elle était à l’origine, mais avec une multiplication des responsables d’équipes, « patrons » de programmes et de pôles, etc.,
une complexification des procédures et une grande difficulté à savoir qui est responsable de quoi. A titre d’exemple, les comités de direction « restreint » (CDR) et « élargi » (CDE), corollaires de la nouvelle organisation, comprennent respectivement
plus d’une quinzaine et d’une trentaine de membres (pour 300 personnels). Le CDE, contrairement au règlement intérieur, semble exclusivement consultatif. Cependant, malgré cette organisation illisible, il nous a fallu continuer à faire fonctionner notre établissement, conduits par l’ambition de contribuer à son rayonnement. Toutefois, le fruit de ces efforts fait croire que, vu de l’extérieur tout va bien, d’où un sentiment de frustration des personnels.
Ressources Humaines
Il faut malheureusement reconnaître que le sentiment qui prime parmi les personnels est la crainte. Avec 50% de contractuels qui sont donc de fait sous la menace tacite de perdre leur emploi, détail qui, pour certains, leur est épisodiquement et « oralement » rappelé, le terrain est désormais « fertile » à un développement d’une forme de management plus « directive » clairement revendiquée par le directeur. Le soutien des contractuels aux actions du personnel est réel mais nombre d’entre eux expliquent qu’ils ne peuvent décemment pas s’exprimer.
Au niveau managérial, les recrutements sont sans contrôle aucun. La nouvelle organisation a entraîné une captation des postes obtenus à ce niveau, avec un fort déséquilibre au détriment de postes opérationnels, comme ceux d’enseignement et de recherche. Nous sommes là très loin de l’organisation des concours du public tant critiqués. L’obtention de postes de catégorie B et C n’a plus cours. A fonctions équivalentes, les statuts peuvent être différents, entraînant de fait une inégalité de traitement et les tensions qui l’accompagnent. Certaines « nominations » sont faites à l’opposé des propositions des responsables, de l’intéressé, voire de scrutins d’équipes dégageant une forte majorité. La commission de spécialistes a été dissoute, mais aucun
comité de recrutement n’a encore été constitué. Aucune information n’a été transmise aux enseignants-chercheurs sur les règles de fonctionnement de ces recrutements.
Ainsi, on peut craindre, comme l’ensemble de la communauté universitaire en France, que le caractère collégial et le principe du recrutement par les pairs soient totalement abandonnés. Les profils de poste sont maintenant définis prioritairement par rapport à leur adéquation avec la « stratégie de l’établissement ». Cette stratégie est peu claire et résulte de décisions uniquement prises par la direction de l’établissement sans concertation préalable. Par exemple, la stratégie de recherche de l’établissement est basée sur une thématique (sécurité et gestion des risques) qui ne fédère pas toutes les équipes et tous les enseignants chercheurs.
Afin de régler les problèmes, un « chantier ressources humaines » a été lancé il y a plus de deux ans et n’est toujours pas opérationnel. Corollaire logique, les départs de personnels compétents ont été nombreux, les projets de départs le sont aussi. Le nombre de bonnes volontés est en baisse. En conséquence, il devient difficile de trouver des volontaires pour tout ce qui n’est pas directement rémunérateur, que ce soit financièrement ou en termes de carrière, comme un jury de suivi des études par exemple. Du fait de cette politique, l’heure n’est plus au collectif.
Finances
Comme nulle part ailleurs dans les universités, sous prétexte de la mise en place de la LOLF, un projet de comptabilité analytique est en cours depuis quatre ans. Ce dernier a nécessité la présence d’un « directeur financier » aux côtés de l’agent comptable. Le personnel chargé de toutes les affaires financières a dû être renforcé. Les budgets ne semblent plus contrôlés au regard de missions de service public, mais en vertu d’une recherche de rentabilité érigée en principe. Pour prendre une illustration, un « bon » projet de recherche permettrait à l’université de « faire de la marge », de rapporter bien davantage que ce qu’il coûte, cela étant calculé à l’aide du coût environné journalier par chercheur et par temps alloué au projet. Plus de 90% des fonds de l’université viennent du public, et ce que nous « produisons » (des publications et des diplômes) ne se vend pas. Nous nous demandons toujours quelle péréquation débit/crédit on peut opérer dans ce cadre, quelle que soit la finesse de la comptabilité employée. Après quatre ans d’expérimentation de cette nouvelle comptabilité, le budget est plus illisible
que jamais et tarde à être ficelé.
Aucune des procédures financières n’a été simplifiée et leurs délais d’exécution se sont allongés. De là découle une réactivité globale amoindrie. L’application de la loi va dans le sens d’une multiplication de coûts fonctionnels (et de recrutements, comme
aujourd’hui, en RH, finance…). Un prestataire externe est envisagé pour la gestion des salaires des personnels, alors que les tarifs de la Trésorerie Générale sont imbattables et sa probité incontestable…
Marchandisation du service public
La logique du retour sur investissement entraîne l’inversement quasi mécanique de l’ordre de priorités des trois missions de notre université, à savoir l’enseignement, la recherche et le transfert de technologies. Certes, le transfert était un objectif dès la
création de l’UTT. Les personnels adhèrent à ce point de vue et nombre d’entre eux collaborent déjà avec les entreprises. Mais aujourd’hui le transfert est devenu « la » priorité. En conséquence, la relation avec le service valorisation et transfert (DVPI),
désormais composé de 11 personnes, a changé. Les chercheurs établissaient souvent des relations directes avec les entreprises, notamment à l’occasion de suivi de stages étudiant, durant lesquels le contact s’opère naturellement. Ces relations évoluaient
fréquemment vers des collaborations fructueuses. Aujourd’hui, ils voient ce travail ruiné par des comportements mercantiles d’approche directe du service valorisation mandaté pour faire du chiffre. Autrefois reconnaissants de trouver un appui technique et juridique auprès de ce service, les enseignants-chercheurs sont désormais considérés comme des exécutants, devant se conformer aux missions de la DVPI. Ces missions sont sans lien direct avec les besoins réels du terrain et ne mènent pas à la production de connaissances originales. A titre d’illustration, le dépôt des dossiers auprès de l’Agence Nationale pour la Recherche (ANR) est désormais validé par la DVPI, en regard de bénéfices financiers attendus, hors les retombées scientifiques possibles.
Conclusion
Dans l’esprit des nouvelles réformes, notre université est désormais gérée comme une entreprise. Ses finalités deviennent : recherche de rentabilité et marge. En appliquant chez nous des recettes qui ont prouvé leur inefficacité, le directeur peut
désormais manager seul, sans contre-pouvoir, une organisation qui n’a de publique que … plus de 90% de son budget.
Après quatre ans d’expérimentation et en l’absence d’élément attestant de l’efficacité tant annoncée des réformes en cours (LRU et autonomie), nous nous associons aux motions déposées par la coordination nationale des universités.

Compte rendu de l’assemblée des personnels de l’UTT réunie le 5 Février 2009 (32 personnes, tous services et statuts confondus)

Communiqué SNESUP 25 Février

COMMUNIQUE
La détermination des personnels et des étudiants de l’enseignement supérieur et de la recherche est exceptionnelle. Le gouvernement n’a pas pris la mesure de la volonté des enseignants du supérieur, des chercheurs et des personnels techniques, des bibliothèques et de l’administration, de pouvoir exercer pleinement leurs missions de recherche et de formation.
L’intervention du premier ministre, mercredi 25 février, marque une inflexion non exempte de calculs. D’une part, le premier ministre répond à la marge aux revendications clairement formulées par le SNESUP, l’Intersyndicale et la coordination nationale des universités. D’autre part, en ayant choisi de rencontrer la seule CPU ce mercredi, il refuse d’entendre ceux qui portent réellement les revendications et aspirations des personnels et sont en capacité de négocier.
Le SNESUP, soucieux d’ouvrir des voies de progrès et des avancées réelles, communique ce jour un ensemble de questions relatives aux quatre grands axes revendicatifs de la communauté universitaire. Il appelle les personnels à amplifier partout sous toutes les formes les actions de grève et de manifestations pour voir enfin apporter à leurs revendications des réponses satisfaisantes. Dans ce cadre, il appelle à se rassembler devant le ministère vendredi 27 février à 10 heures.
En matière d’emplois, de formation et de recrutement des enseignants du premier et du second degrés, nos exigences – l’intervention du premier ministre l’a confirmé – débordent du cadre du ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche.
L’ampleur de la crise dans les établissements d’enseignement supérieur, dans les organismes de recherche, appelle des réponses précises à nos questions. Le SNESUP interpelle le premier ministre pour qu’il s’engage dans cette voie. Les conditions requises pour que le SNESUP participe à des négociations ne sont pas remplies. Il attend du gouvernement des engagements concrets à la hauteur des revendications portées par la mobilisation. Le gouvernement, de manière solidaire, ministre de l’éducation nationale, ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, premier ministre, doit répondre avec précision aux interpellations suivantes qui complètent les plateformes intersyndicales et de la coordination nationale des universités.
C’est au vu de ces réponses globales, précises et chiffrées que le SNESUP, en convergence avec des organisations syndicales, collectifs et associations, pourra prendre la décision d’engager des négociations avec le pouvoir public le moment venu. Le SNESUP y est prêt.

Quelques questions relatives aux grands axes revendicatifs de la communauté universitaire.
A/ La formation et le recrutement des enseignants
1. Maintien des concours en l’état pour la session 2010 ;
2. Réaffirmation des rôle et missions des IUFM et de leur potentiel de formation ;
3. Remise à plat globale du dispositif articulant les formations disciplinaires, professionnelles et les concours de recrutement pour les sessions 2011 et suivantes. Mise en débat de la place du concours et de son contenu. Mise en place d’un dispositif
de soutien financier aux étudiants et de pré-recrutements ;
4. Discussion sur les dispositifs transitoires dans l’attente d’une mise en oeuvre complète du dispositif ;
5. Mise en place d’un réel cadrage national de la formation.

B/ Le décret statutaire
1. Prise en compte de l’ensemble des tâches dans les services et refus de la modulation ;
2. Maintien du rôle du CNU, majoritairement élu, dans la gestion des carrières, des congés sabbatiques et des promotions ;
3. Gestion nationale des emplois ;
4. Révision et accélération de la carrière des maîtres de conférences avec fluidité accrue du passage vers la hors-classe. Suppression du barrage PR2 vers PR1 ;
5. Maximum réglementaire de 150 h équivalent TD de service d’enseignement, avec TP=TD. Allégement de services systématiques pour les maîtres de conférences nouvellement recrutés ;
6. Mise en extinction de la logique des primes au bénéfice d’avancements accélérés ; dans une phase transitoire, attribution des PEDR par les sections du CNU.
7. Remise en cause des dispositifs de recrutement des enseignants-chercheurs ;
8. Ces dispositions impliquent de revenir sur la loi LRU.
C/ Les moyens et l’emploi
1. Rétablissement des emplois supprimés au budget 2009, non pas en CDI sur la base d’une enveloppe budgétaire, mais en postes statutaires à partir du 1er juillet 2009 ;
2. Rétablissement des 130 emplois de chargés de recherche supprimés au titre des chaires ;
3. Discussion d’un plan pluriannuel de création d’emplois statutaires ;
4. Mesures favorisant la transformation d’emplois de PRAG docteurs et qualifiés en maîtres de conférences sans perte du potentiel d’enseignement ;
5. Révision globale du système d’affectation des moyens d’Etat aux universités (système SYMPA).
D/ La recherche
1. Retrait du projet de contrat doctoral et élaboration d’un texte garantissant tous les droits des docteurs et favorisant leur insertion ;
2. Rétablissement des missions des organismes de recherche en tant qu’opérateurs. Revitalisation du mode d’association sous forme d’UMR entre universités et organismes de recherche ;
3. Transformation du rôle et de la composition de l’AERES ; reversement des crédits de l’ANR aux universités et organismes ;
4. Financements majoritairement récurrents, fortement réévalués et n’impliquant pas d’emplois précaires ;
5. Rétablissement et revitalisation du comité national de la recherche sur des bases largement élues pour les élaborations prospectives de la recherche.

L’amour de nos dirigeants

A lire dans le Canard Enchaîné du 25 Février.

canard

Prise de la Bastille à Grenoble : un succès

C’est fait! Nous avons cette après-midi pris la Bastille de Grenoble, pour libérer l’éducation des chaines de la marchandisation, du mépris et de l’ignorance! Voici quelques liens. Nous n’abdiquerons pas!

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